<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353</id><updated>2011-12-06T00:26:02.090+01:00</updated><category term='Rodin Lévénez  Angers Musée Beaux-Arts Laurent Noël'/><category term='essais sur l&apos;art'/><category term='écrits d&apos;artistes'/><title type='text'>le fond de ma pensée</title><subtitle type='html'>articles d'humeurs et de points de vue signés par Laurent Noël, artiste contemporain vivant et travaillant en Anjou.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://laurent-noel.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>55</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-8471904560342792019</id><published>2011-12-06T00:26:00.001+01:00</published><updated>2011-12-06T00:26:02.113+01:00</updated><title type='text'>idées courtes #4</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;J’ai toujours aimé fréquenter les belles brumes. &lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Cela m’ennuie que l’on confonde si souvent peinture et peinture.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Sur les photographies, je suis toujours à mon inconvénient.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Une toile ne s’achève qu’à la mort du peintre.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;J’écris penché et peins rouge. &lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="left"&gt;Dessiner, c’est confier son trait au papier.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Un peintre annonce avec assurance : je fais la peinture que j’aurais aimé voir. Soit. Mais pourquoi la montre-t-il ? &lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Tout vient de moi que d’autres m’ont donné.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Au musée, l’autre jour, j’ai remarqué que l’intensité de mon regard sur une&amp;#160; toile avait empêché quelqu’un de passer devant moi, comme s’il allait se cogner dans un mur. J’ai alors consacré le reste de la visite à détourner les gens. Très bonne exposition.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="left"&gt;Le bon dessin est &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; le papier, le mauvais est &lt;em&gt;dessus&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Certains artistes ont beaucoup de succès. On se souvient d’ailleurs de leur très bel atelier.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;* &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Le vieux peintre notoire est mort. On pourrait penser que ses courtisans en sont pour leurs frais. Mais non, ils trouvent encore le moyen de flatter sa mémoire.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;La toile est un rectangle vicieux.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je préfère, et de loin, les purs aux puristes.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="left"&gt;Pleurer nu, c’est l’être un peu plus.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Chaque toile pourrait s’intituler “avant de partir”. La dernière se nomme déjà “le fait accompli” et je ne l’ai pourtant pas terminée.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-8471904560342792019?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8471904560342792019'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8471904560342792019'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/12/idees-courtes-4.html' title='idées courtes #4'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-6747310881732742433</id><published>2011-11-17T07:59:00.001+01:00</published><updated>2011-11-17T07:59:07.449+01:00</updated><title type='text'>Bon sens ne saurait mentir</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Imaginons que nous perdions le goût. Il faudrait alors réagir pour chercher ce que l’on peut encore&amp;#160; apprécier&amp;#160; en mettant un aliment en bouche : apprendre à décomposer les sensations et découvrir ce qui se cache derrière le goût premier, global et finalement superficiel de l’aliment. Le goût commun. Ainsi, dans la menthe prendre et savourer la fraîcheur, puisque la menthe ne vient pas, dans le vin chercher l’âpreté ou le sucré ou l’acidité ou le pétillant ou la chaleur de l’alcool, faute d’y trouver la framboise ou la cerise, ou le vin. Le doux, le gras, le piquant, l’amer, la température, l’épais, le fluide et tellement d’autres perceptions&amp;#160; qui forment le goût se proposent progressivement de pallier le manque. Faire appel à d’autres sens, et remarquer par exemple l’esthétique du plat en prenant le temps d’apprécier formes, couleurs, tons et composition de l’assiette, l’accord du contenu et du contenant, parfois même, pourquoi pas, une certaine sonorité. Le sans-goût se surprendra un jour, à force d'efforts, à parler de son handicap à ses compagnons de table pour leur faire connaître ses découvertes et ses plaisirs développés autrement. Il en arrivera à sélectionner mieux ceux avec qui il partagera ses repas, parce qu’ils participeront à l’accord général de ce moment qu’il voudra de qualité supérieure.&amp;#160; Si nous ne percevons plus ni le goût ni l’odeur du pain qui sort du four, il reste sa palette et la belle géographie rythmée de ses grignes, il reste le bruit au dehors du couteau qui l’entame,&amp;#160; celui au dedans des mâchoires qui le mordent, la tiédeur et le&amp;#160; moelleux de sa mie mêlés aux craquements rassurants de la surface. Enfin, il reste la mémoire de ce qui manque aujourd’hui, le goût d’ailleurs ou d’avant. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Imaginons de même que nous ayons au premier abord bien peu de goût pour une peinture : plutôt que de l’abandonner aussitôt,&amp;#160; pourquoi ne pas l’éprouver, et tenter de décrypter tout ce qui la compose, au delà de ce premier contact ? Ce tableau n’est pas fait seulement du simple appareil de la surface visible, offerte à tous. Il faut chercher ce que contient sa matière, ce qui fait sa couleur, le bruit qu’il fait dans le silence du mur, sa résonance dans l’espace qu’il occupe. Il faut prendre le temps de laisser venir les perceptions et la curiosité, s’infiltrer les souvenirs, tenter moins de comprendre que d’apprendre. Ne pas se précipiter sur un avis définitif. Considérer le premier regard comme un avant-goût. C’est l’art du discernement, de la différenciation des multiples sensations provoquées simultanément par l’œuvre. “On aime ou on n’aime pas”, dit le désespérant lieu commun qui permet ainsi de camper paresseusement sur son avis immédiat, et évite l’effort d’aller chercher plus loin, dans la nuance, dans l’ouverture, dans le &lt;em&gt;fond&lt;/em&gt;. Le goût est fait d’intelligence, donc de temps de réflexion, d’analyse, d’effort. Le mauvais goût, c’est le goût superficiel et définitif. Est-on capable de reconnaître qu’une œuvre qu’on n’aime pas &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; mérite tout de même une attention ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;A l’instar de l’agueusie, quel mot pourrait-on inventer pour qualifier la perte ou le défaut du&amp;#160; goût artistique ?&amp;#160; Comment pourrait-on stimuler cette médiocrité sensitive qui n’induit que&amp;#160; superficialité ou fatalisme ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il faudrait donc apprendre à séparer tous les composants du goût de (pour) l’œuvre, et ainsi décider par soi-même si elle est d’art ou non, et si on l’aime ou non, &lt;em&gt;à supposer qu’aimer ou ne pas aimer soit l’enjeu&lt;/em&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Une éducation du goût artistique &lt;em&gt;individuel&lt;/em&gt;, n’est-ce pas ce qui devrait entrer dans tout enseignement des arts plastiques ? On y apprendrait à voir ce que tait la surface et ce que dit le fond, on y parlerait du premier regard et des suivants, des sentiments qui se révèlent lentement pour se prolonger dans le souvenir que l’œuvre laissera (de sa longueur en œil). On y parlerait moins du descriptif et davantage de l’inscrit, on y apprendrait la supposition au lieu de l’affirmation, le sens du goût et non le goût lui-même. On ne dit pas à un enfant : “goûte, c’est bon”, mais “goûte, tu me diras si tu aimes et pourquoi”. Qui ne s’est pas senti un jour très embarrassé de ne pas aimer ce que tout le monde autour de soi, critiques, public, amis, etc., aimait et imposait d’aimer, et de ne pas oser l’exprimer ? Enfin dans cette découverte du goût personnel artistique, on serait tenté d’entrer dans l’histoire de l’art (la mémoire de l’art) et sans doute de pratiquer un peu le dessin pour comprendre l’essence de la composition. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;L’annuelle semaine du goût ne parle que de la bouche, elle ferait bien de penser à l’œil. Mais me voilà bien amer.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-6747310881732742433?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6747310881732742433'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6747310881732742433'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/11/imaginons-que-nous-perdions-le-gout.html' title='Bon sens ne saurait mentir'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-4689871673277518134</id><published>2011-11-11T14:33:00.001+01:00</published><updated>2011-11-11T14:33:44.917+01:00</updated><title type='text'>Vrai du faux</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Pour faire suite à l’article précédent (“&lt;a href="http://laurent-noel.blogspot.com/2011/11/pas-vole.html" target="_blank"&gt;&lt;u&gt;pas volé&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;”), et pour en terminer sur ce sujet (j’espère, à moins d’un nouvel énervement), je me demande quelles mouches piquent donc ces gens qui se font fort aujourd’hui&amp;#160; d’enseigner le dessin ou la peinture sous prétexte qu’ils ont pu exposer une ou deux images dans la première &lt;em&gt;foire aux tableaux&lt;/em&gt; venue, et qu’ils se sentent alors peintres ?&amp;#160; Autant de charlatans qui pensent sans doute profiter du vaste courant de loisirs créatifs auquel on associe malheureusement la peinture, en ouvrant des cours d’aquarelle par-ci, des leçons de pastel par-là, et des ateliers d’art abstrait dans tous les coins. Tout ça évidemment dans une ambiance “conviviale et ludique”, comme il se doit.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;A leur décharge, rien sur le contenu, le savoir, la pédagogie n’encadre&amp;#160; l’installation en tant qu’enseignant indépendant, sauf quelques critères administratifs, et il est donc très facile de se déclarer comme tel (c’est d’ailleurs ce que j’ai fait, il y bien des années, comme l’on fait et le feront bon nombre d’artistes, de tout temps). Ajoutons à cela les nombreuses associations de loisirs bien peu regardantes sur la formation des vacataires qu’elles emploient pour dispenser des cours d’arts plastiques. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je suis sidéré : tous les “élèves” de ces imposteurs sont-ils tellement crédules ou innocents&amp;#160; qu’ils ne cherchent pas à en savoir plus sur la légitimité de l’enseignant ? Ils acceptent de&amp;#160; travailler sous la houlette d’un peintre autoproclamé dont ils n’auront jamais vu un travail d’ensemble cohérent, représentatif d’une personnalité. L’esprit critique général s’est-il tellement appauvri&amp;#160; que l’on ne s’aperçoit pas de la parfaite indigence des productions de certains de ces animateurs d’ateliers ? Reconnaissons que ce cercle est vicieux : pour avoir ce discernement, il faudrait être un tant soit peu formé…&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Chaque personne choisissant d’étudier dans mon atelier peut connaître mon travail de peintre. Du simple bon sens puisque rien d’autre dans notre statut ne peut asseoir notre légitimité. Il me semble qu'un enseigné doit connaître le parcours, la formation et l’œuvre de l’enseignant, et cela dans bien des disciplines, même loin de l’art.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Peut-on transmettre la peinture si l’on ne peint pas, l’art si on ne crée pas ? On ne pourra que donner des pistes techniques, des modèles, des consignes établies par d’autres, mais on ne pourra rien dire de l’acte créatif, évoquer ses troubles,&amp;#160; ses mystères, ses déséquilibres. Peut-on enseigner le &lt;em&gt;peindre&lt;/em&gt; si l’on patauge dans les lieux communs ? Comment dire le risque si l’on n’en prend pas soi-même ? On transmet mieux un vécu qu’une rumeur, un qu’en-dira-t-on ou une supposition…&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Quelques uns s’engouffrent par cupidité dans une profession non réglementée, qui accueille donc sans ciller vrais et faux artistes, vrais et faux pédagogues, sans que personne ne cherche véritablement à les distinguer. Porté et transmis par&amp;#160; ces pseudo-enseignants-artistes, le goût pour la facilité et le déjà-vu se répand alors dangereusement. Grâce à eux, la médiocrité et la confusion artistiques ont de beaux jours devant elles.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-4689871673277518134?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4689871673277518134'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4689871673277518134'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/11/vrai-du-faux.html' title='Vrai du faux'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-319005511810360078</id><published>2011-11-06T14:40:00.001+01:00</published><updated>2011-11-06T14:40:42.848+01:00</updated><title type='text'>Pas volé</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;L’artiste est redevable envers ceux qui sont à l’origine de sa décision de pratiquer son art, de la manière de l’aborder, de le vivre. Il est sous influence, il vient de quelque part, il est fils ou fille de. Son parcours est jalonné de rencontres décisives, formatrices, directrices, déterminantes. Rencontres humaines, rencontres avec des œuvres, avec des traces laissées. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il m’a toujours paru&amp;#160; indispensable et naturel de ne rien taire de mon parcours et de ma formation artistique. Il m’a toujours semblé que la moindre des choses était de citer mes maîtres, mes professeurs, mes influences, mes tuteurs artistiques, mais aussi mes proches, amours, famille, amis, soutiens, tous ceux qui ont une responsabilité dans ce que je crée aujourd’hui. Un besoin de marquer une reconnaissance, faute de mieux. Dans mon atelier des champs, seul devant la toile ou au dessus de la feuille, je convoque à chaque moment tous ceux grâce à qui je suis au travail aujourd'hui, grâce à qui cette peinture est ici et maintenant ce qu’elle est. Tous ceux qui sont au fond de moi, visibles ou invisibles. Vivants toujours.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Dans mon atelier de la ville, depuis vingt-cinq ans maintenant, des centaines de personnes sont entrées avec l’envie de se nourrir, sont restées plus ou moins longtemps selon qu’elles trouvaient la nourriture plus ou moins à leur goût, et sont sorties un jour pour continuer seules, ou avec d’autres.&amp;#160; Tous ces gens, que font-ils ensuite de cette formation ? &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Certains ont abandonné. J’espère simplement qu’ils regardent maintenant les œuvres d’art avec un œil un peu plus assuré ou plus critique, cet œil qui lors des&amp;#160; séances a tenté de conduire une main qui voulait peindre et dessiner et qui, de là, a un peu mieux compris, senti,&amp;#160; ce qui se passe sous la surface.&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;D’autres pratiquent, cherchent, travaillent, exposent, tantôt en&amp;#160; amateurs (je renvoie à ce sujet vers deux articles :&amp;#160; “&lt;a href="http://laurent-noel.blogspot.com/2010/02/lamateur-1-purement-et-simplement.html" target="_blank"&gt;&lt;u&gt;purement et simplement&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;”&amp;#160;&amp;#160; et “&lt;a href="http://laurent-noel.blogspot.com/2010/02/lamateur-2-celui-qui-aime.html" target="_blank"&gt;&lt;u&gt;celui qui aime&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;”), tantôt avec&amp;#160; des visées ou des chemins artistiques plus professionnels, plus ambitieux. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Parmi tous ceux-là, certains m’ont fait l’amitié (je le prends ainsi) de me citer parmi les rencontres ayant participé à leur parcours. J’en ressens une grande fierté, pourquoi s’en cacher ? Fierté d’avoir aidé à un cheminement, à une réflexion, à une ouverture, fierté d’une contribution. Mais d’autres gardent un silence absolu sur leur passage (parfois long, pourtant) à l’atelier de la ville. Etrange silence, alors que la marque est&amp;#160; inscrite soit dans l’œuvre, soit dans le discours, ou dans la posture…&amp;#160; Je pense à ces aquarellistes de clientèle (ah, tiens? on y met un&amp;#160; peu de collage, maintenant… c’est normal, c’est ce qui marche, en ce moment), ou à ces peintres au statut indéterminé qui écument les salons en accompagnant leur œuvres de biographies ronflantes mais incomplètes ou arrangées.&amp;#160; Si j’ajoute ceux ou celles (les mêmes ?) qui sont venus voler quelques manières d’enseigner, glaner quelques conseils pratiques (plus administratifs qu’artistiques), emprunter quelques idées de sujets ou d’approches pédagogiques, tout cela avant d’ouvrir ensuite un cours directement inspiré, ou au contraire dans lequel on préfère flatter&amp;#160; le “client” dans le sens du pinceau, où l’on met en avant le ludique avant l’effort, le spontané avant l’étude, le hasard avant l’intention, je ne parviens pas à rester muet. Car la réaction, le&amp;#160; contrepied, l’opposition naissent aussi d’une empreinte et la prolongent à leur manière, &lt;em&gt;a contrario&lt;/em&gt;. Mais cette empreinte existe bien. Dans tous les cas, plus que de la reconnaissance, j’aurais apprécié&amp;#160; un peu d’honnêteté. En art, le vol est recommandé, (mais) il faut l’avouer.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ces suiveurs ont-ils aujourd’hui la conscience tranquille ? Ils s’en arrangeront, mais quoi qu’ils fassent, leur travail leur ressemble : il ment par omission.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-319005511810360078?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/319005511810360078'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/319005511810360078'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/11/pas-vole.html' title='Pas volé'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-2580178437782543772</id><published>2011-08-31T22:48:00.001+02:00</published><updated>2011-08-31T22:48:02.581+02:00</updated><title type='text'>Idées courtes, quelques autres</title><content type='html'>&lt;p&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Un matin d’hiver, je suis entré très tôt dans l’atelier, en laissant la lune allumée. &lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Vivre de sa peinture ? Peut-être. En mourir ? C'est plus sûr. &lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Je rêve d’être insomniaque.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Dessiner, c'est&amp;#160; observer. Pour mieux observer, il est conseillé de dessiner. On n'en sortira donc jamais.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Finir une lettre par : &amp;quot;embrasse-toi pour moi&amp;quot;.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Tous ces gens, ils ne croient pas si mal dire.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Angoissé lourd, hypocondriaque taré, alcoolique léger, un peu à la masse, revient à la charge, une once de talent (reste à prouver), des tonnes de questions : tout bien pesé, une vie de peintre.&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le regard appuyé et la main levée (dessiner).&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Note d’atelier : mes bols d’acrylique empilés ressemblent à des crépidules.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En toile de fond des arrière-pensées. Autant dire très loin.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="left"&gt;Tic verbal de peintre : “voyez ce que je veux dire”.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Je lis très peu de romans. Je n'aime pas beaucoup que l'on me raconte des histoires.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Vivre de sa peinture ? Pourquoi pas.&amp;#160; Vivre sa peinture ? Pour sûr.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Tous les matins, pour commencer, je vais à l'atelier revoir le travail de la veille : l'œil est à jeun.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;On ne termine pas une toile. On l’accomplit.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Souvenir de connivence : quand à l’atelier je passais la journée dans l’encre, je devais le soir, pour rentrer à la maison, montrer patte noire.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-2580178437782543772?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/2580178437782543772'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/2580178437782543772'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/08/idees-courtes-quelques-autres.html' title='Idées courtes, quelques autres'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-7005830004417458500</id><published>2011-08-21T00:22:00.001+02:00</published><updated>2011-08-21T00:22:47.674+02:00</updated><title type='text'>Sous les yeux</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&lt;em&gt;Dedans. &lt;/em&gt;La pensée insaisissable, celle qui passe&amp;#160; insolemment du vacarme au fracas, qui se perd dans l’effroyable confusion des temps, qui glisse sans prévenir du silence d’aujourd'hui aux hurlements d’hier, la pensée qui tente au même moment de se faufiler vers un avenir vague et tremblant à la teinte aussi incertaine que les gris des brumes d’hiver, celle qui cherche à tirer &lt;em&gt;malgré tout&lt;/em&gt; quelques plaisirs ou satisfactions d’un présent sans consistance, pensée indomptable et hantée qui, remontant la mémoire, bute dans des images cassées ou trempées de chagrin,&amp;#160; cette pensée incohérente, chaotique et envahissante est capable d’aspirer soudain toute expression du regard et d’y laisser seulement une fixité désespérante.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;Dehors.&lt;/em&gt; Le regard animé, celui qui rencontre une image, qui voyage de la couleur à la forme en cherchant les rythmes et les accords, qui de loin brouille le détail et examine l’ensemble, ce regard curieux qui s’approche pour apprécier la peau, son grain, sa vie, le regard sensible qui glisse sur les lignes en les caressant, celui qui s’éblouit dans la couleur, qui se complaît dans les tons et la lumière infinis de l’encre, qui sait encore s’étonner, ce regard singulier s’enfonce quelquefois si profondément dans la peinture qu’il trouve la force&amp;#160; de presser sur la pensée infectée pour la soulager entièrement du pus de sa folie.&amp;#160; En ces moments si rares,&amp;#160;&amp;#160; moments de peinture vécus dans le travail de la toile ou dans l’attention&amp;#160; portée sur l’art des autres, s’ouvre un chemin plus simple où l’esprit se vide et l’œil s’emplit. Un moment de repos.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-7005830004417458500?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7005830004417458500'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7005830004417458500'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/08/sous-les-yeux.html' title='Sous les yeux'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-5035475994323282574</id><published>2011-08-05T23:53:00.001+02:00</published><updated>2011-08-05T23:53:13.012+02:00</updated><title type='text'>Le jour d’à côté</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Un jour,&amp;#160; j’entrai dans l’atelier vers 9 h et en ressortis dix heures plus tard.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;La veille, je n’y avais fait que de la figuration, acte de&amp;#160; présence insensible, avec des&amp;#160; tentatives répétées et vite avortées pour écrire quelques encres, composer et tacher quelques papiers. Entrer, sortir, revenir, repartir, faute de mieux.&amp;#160; Travail aussi décousu que celui des 363 jours précédents, à quelques exceptions près. Tiraillement permanent tissé d’allers et retours incessants entre maison et atelier, entre besoin impérieux de travailler, de &lt;em&gt;faire&lt;/em&gt;, de pratiquer les gestes, de sentir les outils, les matières, les supports, et nécessité de fuir. Je me rassurais&amp;#160; en constatant que je savais encore tendre la toile, étendre le papier, me pencher vers lui, le maculer, puis surveiller son séchage et la transformation de l’encre (bon sang, ce qu’elle éclaircit !) enfin venir avec l’huile et mes émulsions former des peaux sur la peau, chacune laissant l’autre exister. Constat triste et douloureux :&amp;#160; je savais effectivement &lt;em&gt;faire&lt;/em&gt; tous ces gestes artisanaux, mais bien peu d’images dignes d’intérêt en émergeaient. Je n’y &lt;em&gt;étais&lt;/em&gt; pas.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ce jour-là j’entre dans&amp;#160; l’atelier vers 9 h et aussitôt je suis happé par des idées, plongé dans des bains de gris, des masses de couleurs et des images nouvelles. Rien à voir, donc, avec les 364 jours précédents où pendant la journée je me forçais à mettre en œuvre&amp;#160; mes manières personnelles (calligraphie des textes et des images, jus acryliques déversés, assemblage des feuillets,&amp;#160; pointage de la toile sur le châssis et marouflage du papier), alors que la nuit je m’apercevais qu’il était&amp;#160; possible de pleurer en dormant. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ce jour-là, pendant le séchage de la colle, j’accumulais les encres en faisant revenir des idées perdues du fin fond des carnets de croquis. Décidément, rien à voir avec les mois&amp;#160; précédents, pendant lesquels je passais des heures à feuilleter ces notes avec l’espoir de retrouver un moyen de peindre : la plupart des encres issues de ces efforts finissaient brûlées dans le poêle ou au fond du jardin. Jours interminables où le fond de ma pensée ne parvenait pas à se fixer,&amp;#160; vase douteuse remuée par des courants incontrôlables, contraires, divisés, déchaînés parfois. Une pensée mouvante et poisseuse qui faisait s’enfoncer le travail dans un temps mensonger, stérile et délétère, où les nuits sont sans rêves et les jours envahis de cauchemars.&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Les semaines d’avant ce jour-là, c’était une appréhension sidérante —mémoire de la peur et peur de la mémoire conjuguées— qui me faisait commencer puis interrompre, encore et encore. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ce jour-là, si redouté, j’ai peint à la fois &lt;em&gt;contre&lt;/em&gt; cette peur et &lt;em&gt;contre&lt;/em&gt; l’oubli, cela sans aucune préméditation. Les encres n’ont pas été brûlées, l’huile colorée est venue doucement voiler les papiers marouflés. Des images, nombreuses, ont pris sens et corps pour la première fois depuis des mois et des mois. Sans prévenir. Je ne suis pas sorti de l’atelier, sauf pour manger un morceau. J’ai quitté les lieux le soir, tard, à regret, épuisé mais plein d’une satisfaction dont je ne connaissais plus la saveur : celle de m’être senti davantage vivant que survivant. Comme accompagné.&amp;#160; Jamais il n’a été aussi clair que ne penser à rien d’autre qu’à la peinture au moment de &lt;em&gt;faire &lt;/em&gt;est l’unique moyen d’&lt;em&gt;être. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Oui, peindre, c’est cela : être et faire en même temps.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-5035475994323282574?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5035475994323282574'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5035475994323282574'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/08/le-jour-da-cote.html' title='Le jour d’à côté'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-5863030394961160658</id><published>2011-07-09T01:38:00.002+02:00</published><updated>2011-07-09T13:26:07.718+02:00</updated><title type='text'>Double sens</title><content type='html'>&lt;p align="center"&gt;&lt;a href="http://lh5.ggpht.com/-B_33gj2WmOI/TheU9q_T25I/AAAAAAAAAEs/d_s1wzPeIpI/s1600-h/verslavant2.jpg"&gt;&lt;img style="border-right-width: 0px; display: block; float: none; border-top-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin-left: auto; border-left-width: 0px; margin-right: auto" title="vers l'avant" alt="vers l'avant" src="http://lh3.ggpht.com/-PUH5UsxDw70/TheU-XRqSHI/AAAAAAAAAEw/G-85t3-HuLs/verslavant_thumb2.jpg?imgmax=800" border="0" height="245" width="171" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Vers l’avant &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;                    &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;encre  sur papier de riz marouflé sur carton marouflé sur toile.                       &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Env 40 x 30 cm, 2011&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Pour que la peinture retrouve sa place, son évidence, sa fluidité dans mon temps personnel, il me faut aller &lt;em&gt;vers l’avant&lt;/em&gt;. C’est-à-dire autant vers des projets que vers des souvenirs. Aller vers l’&lt;em&gt;avant&lt;/em&gt;, c’est à la fois se retourner, regarder la vie passée, puiser dans ses richesses et ses troubles, dans ses questions non résolues et, puisqu'il faut avancer, réengager la réflexion, s’arracher à l’immobilité.  C’est parler toujours aux absents, aux manquants, aux perdus, aux déchirures, afin qu’ils m’accompagnent vers un horizon et des points de fuite moins figés. Que les fantômes me proposent des chemins. C’est se secouer de ses frissons, envisager, espérer la découverte, projeter et se projeter. D’un côté ou de l’autre, dans un sens ou dans un autre, c’est une violence. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Aller vers l’avant, c’est désembuer sa vision, à nouveau plisser les yeux, s’ils sont secs, pour tenter de mieux percevoir l’ensemble, les contours, les couleurs, et peut-être rire. Il faudrait remettre l’horizon en mouvement, pour à nouveau ne jamais le rejoindre, comme avant, quand nos curiosités emportaient tout sur leur passage. Il faut, tu dois, tu devrais, il faudrait… Tu parles !  Malgré des tentatives pour suivre ces conseils d’amis, cette foutue ligne bouge à peine, à grand peine, elle barre le passage, et le temps reste une immense faute de concordance. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Aller vers l’avant, c’est ne rien oublier de son histoire, l’observer encore d’un peu plus près. Regarder vers avant.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;C’est peindre à nouveau, du nouveau, reprendre les toiles interrompues, c’est peindre de mémoire, pour mémoire, en mémoire. Véritable antinomie qui sous-tend les idées, les intentions et le travail, &lt;em&gt;Vers l’avant&lt;/em&gt; est aujourd’hui le titre d’une encre récente que je ne cèderai jamais à personne. Ce sera peut-être aussi celui d’une prochaine exposition, celle qui me fera sortir de l’atelier, mais avec d’infinies  précautions, en regardant dans toutes les directions avant d’oser traverser.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Hier, un terreau pour demain.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-5863030394961160658?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5863030394961160658'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5863030394961160658'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/07/double-sens.html' title='Double sens'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://lh3.ggpht.com/-PUH5UsxDw70/TheU-XRqSHI/AAAAAAAAAEw/G-85t3-HuLs/s72-c/verslavant_thumb2.jpg?imgmax=800' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-7715293881209360497</id><published>2011-06-21T23:29:00.001+02:00</published><updated>2011-06-21T23:29:12.222+02:00</updated><title type='text'>De peu</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Le Petit et le Grand Palais se regardent, de chaque côté de l’avenue Winston Churchill, chacun arborant son immense&amp;#160; étendard tendu sur la façade : Anish Kapoor d’un côté, Jean-Louis Forain de l’autre. En ce vendredi de fin de mai, une longue file d’attente devant le Grand s’oppose aux marches&amp;#160; désertes et à&amp;#160; la porte grande ouverte du Petit. Tellement habitué aux cohues et files indiennes qui serpentent devant les expositions parisiennes, je m’inquiète de ne voir aucun troupeau devant le bâtiment où je me rends. Il est vrai que la promotion pour Kapoor a été plus appuyée, vantant la monumentalité, le spectaculaire de l’œuvre exposée, un défi technique, spectaculaire, une “expérience qu’il faut vivre”, etc. Plein d’a priori, j’ai choisi de ne pas aller vivre cette expérience, qui m’évoque&amp;#160; une attraction de foire, aussi impressionnante et sensorielle soit-elle,&amp;#160; plutôt qu’une œuvre d’art. Tant mieux pour Kapoor si Monumenta lui a donné les moyens financiers et techniques pour construire et installer ce “dispositif” (voir le dossier de presse). Je préfère aller raser les murs de l’exposition&amp;#160; Forain, pour me plonger dans ses petits formats, là où la prouesse technique et le sensationnel ne sont&amp;#160; pas ce qui frappe prioritairement. Et surtout, quel plaisir de ne pas faire partie de ces foules qu’on canalise, encadre, et aide à penser (Monumenta propose de voir le Leviathan de Kapoor en s’accompagnant de “médiateurs spécialisés, dont les connaissances et les talents de pédagogues multiplient les possibilités d’accès et de compréhension de l’œuvre”.)&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;J’ai goûté longuement, dans un espace calme, les dessins, gravures et peintures de Forain, particulièrement ému par son art de la suggestion, de l’évocation. Il parvient à mettre en avant une scène en suggérant à l’arrière le contexte dans un rythme de touches &lt;em&gt;impressionnant.&lt;/em&gt; L’art du mouvement et de la justesse :&amp;#160; la touche, donc, parfois extraordinaire de liberté, jamais ostentatoire, la mise en scène et le cadrage, qui&amp;#160; sait jouer parfaitement sur l’aller et retour entre proche et lointain, qui sait distribuer les centres d’intérêt.&amp;#160; Le choix de l’échelle juste, adaptée au sujet,&amp;#160; le contraire du tape à l’œil. Au bout du compte,&amp;#160; une exposition sur la sensibilité, sur la simplicité (apparente) et sur l’honnêteté. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Un regret, terminer la visite par un texte de Plantu (reproduit dans le catalogue),&amp;#160; qui est sans doute le pire des dessinateurs, celui qui au contraire&amp;#160; de Forain ne sait pas évoquer, ne sait pas suggérer, ne sait pas non-dire. Pour ne pas risquer une éventuelle incompréhension de ses images (ah, ces lecteurs, quels idiots !), il&amp;#160; bourre ses dessins de flèches, de pancartes, d’écriteaux, d’étiquettes, de badges. Le plus lourd des dessinateurs de presse qui loue le plus fin. Dispensable.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Pour en revenir à l’opposition des deux expositions, elle soulève des questions auxquelles chacun essaiera de répondre à sa façon :&amp;#160; quels moyens&amp;#160; pour l’œuvre&amp;#160; d'art ? Les grands moyens font-ils les grandes œuvres ?&amp;#160; Sommes astronomiques, haute technologie, monumentalité allant parfois jusqu’à la démesure, qui donne de tels moyens aux artistes ? A l’opposé, les artistes aux moyens raisonnables qui font avec ce qu’ils ont, et qui vont exploiter leur inventivité pour faire&amp;#160; sortir ce qui doit sortir, même si&amp;#160; chacun doit penser, au fond : donnez-moi les moyens, et vous verrez. Ceux dont l’atelier est aussi leur séjour-cuisine, ceux qui dans leur vie quotidienne d’artiste, se débrouillent. Les moyens modestes ont l’avantage de stimuler l’invention, l’astuce, la création. Mais les grands moyens ont l’avantage de rendre plus visible… &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Les deux expositions, finalement, ne s’opposent pas :&amp;#160; dans l’une ou dans l’autre, on est à la fête foraine.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-7715293881209360497?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7715293881209360497'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7715293881209360497'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/06/de-peu.html' title='De peu'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-1389994164509490621</id><published>2011-05-15T14:16:00.001+02:00</published><updated>2011-05-15T14:16:17.190+02:00</updated><title type='text'>Au dernier moment</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt; Bien forcé d’abandonner : le modèle et l’idée ont disparu, plus rien à regarder. Il tente de prolonger son travail par l’observation de ses souvenirs,&amp;#160; là-bas, au fond, derrière l’écran de l’immédiat, mais ils s’épuisent bientôt. Alors comme dans la vie, il regrette de n’avoir pas pu aller plus loin lorsqu’il pouvait encore poser son regard, de n’avoir pas su faire plus attention. Il le regrettera toujours et&amp;#160; vivra dans ce manque et cette sensation d’in-fini. De non fini. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Soit, on abandonne dessin, toile, ou modèle, mais pas son sujet.&amp;#160; On retourne compulsivement à l’idée fixe. On n’efface rien et on recommence. La peinture (quand on ne lui ment pas, évidemment) se fond tellement dans l’existence qu’elle en est une allusion permanente,&amp;#160; par conséquent toujours contemporaine.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Comme elle, la vie sera inévitablement inachevée, laissée, lâchée en route. Dessin, vie, peinture : à peine engagés,&amp;#160; et déjà provisoires.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Pareil à la vie, le tableau est un jour ou l’autre interrompu, parfois progressivement, comme si on devait&amp;#160; s’y préparer, ou bien plus brutalement, sèchement, par surprise, en un fragment de seconde,&amp;#160; nous laissant en tous cas désemparés, aux prises avec notre mémoire qui nous rappelle le chemin sinueux fait côte à côte, cette mémoire qui nous aidera pourtant à formuler d’autres peintures, cette mémoire qui refuse aussi qu’on en gomme les pires images.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;En art, il faut apprendre à rebondir sur les accidents, sur les échecs ou les désastres. S’en servir. Les provoquer, parfois.    &lt;br /&gt;Vivre est tout un art.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Chaque moment pourrait être le dernier : la peinture semble incompréhensible autant que le vécu — ou le contraire — chacun semblable à une esquisse qui contiendrait le tout dès son commencement et jusqu’à l’aboutissement.&amp;#160; Plus exactement, qui contiendrait &lt;em&gt;un&lt;/em&gt; tout, qui deviendra &lt;em&gt;un autre tout&lt;/em&gt; dès l’instant suivant. De là, l’œuvre est peut-être&amp;#160; accomplie alors même qu’on l’abandonne, n’importe quand. Faut-il s’en persuader pour vivre mieux ? &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Qui, du peintre ou de la toile, construit l’autre, puis abandonne l’autre ?&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-1389994164509490621?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1389994164509490621'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1389994164509490621'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/05/au-dernier-moment.html' title='Au dernier moment'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-7521513803640673961</id><published>2011-04-12T23:11:00.001+02:00</published><updated>2011-04-12T23:11:29.246+02:00</updated><title type='text'>L’aquarelle, ça fait de l’effet</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Salon de la peinture à l’eau, exposition nationale de la société française&amp;#160; d’aquarelle (excusez du peu, j’aurais peut-être dû majusculer), le temps est à l’humidité, dans la région, en&amp;#160; ce moment.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il y a comme un courant, un flot grandissant de peintres aquarellistes, certains “de renom”, voire de “renom international”, ce qui impressionne beaucoup le public. Ils se regroupent, se sociétisent, s’invitent, s’accrochent, s’encadrent, s’exposent, salonnent, s’éditent, s’affichent, se vernissagent, se congratulent, s’accoladent. Ils enseignent, s’enseignent,&amp;#160; s’entourent de disciples, se stagent, se montrent, ils démontrent, ils démonstrationnent. Ils s’articlent, se magazinent, se récompensent, s’adorent. Ils s’acoquinent et se reproduisent. Ils ne tarissent pas (ce serait un comble) de louanges pour l’eau et ses bienfaits, c’est naturel et ça va bien aux teintes.&amp;#160; Ils sont coulants, filants, quasi-liquides, apprécient que leurs formes et compositions insuffisantes ou approximatives soient englouties dans leurs éclatantes projections et dans leurs flaques pigmentées. Ils sont pleins de douceur et de gentils sentiments, ils peignent beaucoup de coquelicots, de vélos contre les vieilles fenêtres fleuries des villages classés, des sous-bois ombragés, des jardins tout droit sortis des catalogues de Jardiland, de jolis portraits figés par une photographie préalable, des animaux mignons tout&amp;#160; plein, chevaux ou chats décoratifs sans odeur et petit chiens toilettés auxquels ils ont évidemment demandé de poser sagement devant leur papier tendu, pardon, devant leur appareil photo. Mais ils se disent novateurs… Ils prétendent, ils savent, ils techniquent, ils professent, ils connaissent leur métier, leur spécialité. Ils célèbrent limpidité, sensibilité et élégance de l’aquarelle, et font des images niaises, usées, impersonnelles et creuses. Ils se recueillent, s’inclinent devant la majesté de leur art, ils ont leurs rites, leurs offices (devant leur papier, ils paraissent très absorbés…). Ils manient l’injonction paradoxale (“sois spontané, l’aquarelle se charge de tout !”). Ils noient leur manque d’idées dans le trop-plein de couleurs, et dissolvent la faiblesse du dessin dans une eau hasardeuse autant que providentielle. L’absence de sens des images se retranche derrière la cérémonie.&amp;#160; Ils déclament des formules laissant entendre que l’aquarelle est l’acmé de l’art pictural, qu’on y atteint des sommets dont on ne redescend plus. Les plus abstraits éclaboussent, crachent, aspergent, diffusent, détrempent, épongent, inondent, absorbent, tachent, auréolent —quelle audace— espérant que les effets du hasard leur donneront raison.&amp;#160; Ils utilisent des superbes pinceaux, souvent chinois — c’est très tendance — parfois traceurs, (c’est le pinceau qui trace, pas la main, c’est bien connu).&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Où est l’art, dans ces mondanités et ces singeries ? Que l’on me dise ce qui est créatif, surprenant, original, personnel, intéressant dans ces images répétitives qui dégoulinent pour la parade.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;On reproche souvent aux agriculteurs de gaspiller l’eau, a-t-on pensé aux aquarellistes&amp;#160; ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Les meilleurs utilisateurs de l’aquarelle, dignes d’un réel intérêt, sont ceux qui n’en font pas une spécialité, car alors elle est nourrie des autres approches picturales,&amp;#160; graphiques, esthétiques ou réflexives. Une technique n’est pas une fin en soi, elle est au service de la fin. La fin, c’est la peinture, celle qui ne ment pas sur ses intentions.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;L’aquarelle seule, à force d’être vulgarisée, en devient vulgaire. &lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-7521513803640673961?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7521513803640673961'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7521513803640673961'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/04/laquarelle-ca-fait-de-leffet.html' title='L’aquarelle, ça fait de l’effet'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-428990882341168249</id><published>2011-04-01T22:31:00.001+02:00</published><updated>2011-04-01T22:31:47.402+02:00</updated><title type='text'>Avant tout, le dessin</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;En 1996 paraissait un opuscule savoureux signé par Sophie Herszkowitcz, intitulé “Pétition à l’académie des Beaux-Arts pour les étudiants que l’on empêche de dessiner” (Ed. Sulliver). Elle y décrivait parfaitement le travail d’élimination du dessin engagé à l’époque par les institutions diffusant l’art contemporain (dont les écoles des Beaux-Arts qui, ne l’oublions pas, forment les professeurs d’arts plastiques), travail consistant à culpabiliser ou humilier quiconque se fourvoierait dans cette branche si technique, si historique, si archaïque et dépassée qu’est le dessin. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Aujourd’hui les même institutions, toujours opportunistes,&amp;#160;&amp;#160; semblent vouloir réhabiliter la discipline, en mettant en avant un courant de&lt;em&gt; dessin contemporain.&lt;/em&gt; Pour cela : salons (récemment le Drawing now, à Paris), foires internationales, acquisitions officielles par FRAC et FNAC, subventions à artistes, etc.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Entretemps, certains irréductibles n’ont jamais cessé de dessiner ou de transmettre le dessin, non pour faire une œuvre conservatoire, mais bien parce qu’ils ressentaient profondément la nécessité de l’utiliser dans la pratique de leur art, qu’il en était l’un des ressorts vitaux.&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Le dessin, c’est la contemplation, l’observation, l’imprégnation, la compréhension et la connaissance du monde.&amp;#160; Le dessin, c’est l’apprentissage de la structure, du système osseux et des réseaux nerveux et veineux qui constituent l’anatomie d’une œuvre vivante, &lt;em&gt;au fond&lt;/em&gt;.&amp;#160; C’est l’écriture, le dit et le non-dit, l’exprimé et le supposé, c’est le suspens, le mystère.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;C’est aussi une manière unique de vivre le temps.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;(Le dessin m’a sauvé bien souvent du désastre. Il m’a aidé, et continue de le faire, devant la toile, devant la vie, devant la mort.)&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Le dessin est par nature intemporel. Lorsqu’une feuille semble datée, c’est un peu sa fin annoncée. Voilà bien le problème de ce dessin auto-proclamé contemporain : il veut se dater lui-même, il fait tout ce qu’il peut&amp;#160; pour prendre une place dans l’histoire en collant à l’époque comme une glu poisseuse, au prix d’efforts qui le rendent visuellement artificiel et mensonger. Il veut être innovant absolument, alors qu’il lui suffirait d’être honnête.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Les décideurs de l’art contemporain ne changeront donc jamais ! Ils décrètent un jour que le dessin est mort, que trop de technique tue la créativité, donc la création. Le jour d’après, ils annoncent que le dessin est ressuscité, mais qu’il doit être contemporain pour exister : il doit&amp;#160; donc (rien de nouveau dans le vocabulaire) “interroger” ou encore “questionner”, se débarrasser de ses supports conventionnels (beaucoup de dessins muraux), ou en occuper d’autres plus improbables,&amp;#160; il doit “convoquer” d’autres disciplines “émergentes”, et s’intégrer dans des “dispositifs”. Il s’inspire de l’urbanité, de la bande dessinée, de l’actualité, du dessin de presse, il est souvent très anecdotique, linéaire et particulièrement froid, déshumanisé, ne laissant pas venir facilement l’expression de la main. Il est parfois terriblement enfantin,&amp;#160; immature.&amp;#160;&amp;#160; Il emploie abusivement le discours, pour tenter de pallier sa vacuité (vacuité assez prévisible, bon nombre de jeunes artistes d’aujourd’hui présentés comme dessinateurs ayant été enseignés par une génération de professeurs qui eux-mêmes n’ont pas ou peu été formés aux techniques du dessin ; pas étonnant qu’il semble vidé de sa substance).&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Mais très habilement, on associe, lors de ces réunions consacrées au dessin contemporain, quelques artistes dont l’art graphique est incontestable, pour donner une crédibilité à ces manifestations…&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Dessiner, c’est apprendre l’effort, le recommencement, c’est savoir faire travailler sa main, son l’œil et son mental dans un équilibre dont la précarité et l’incertitude font l’art. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Dessiner, c’est se comprendre soi, et comprendre l’autre. Dessiner, c’est s’ouvrir. C’est apprendre l’exigence, la persévérance, c’est à la fois chercher, construire, entretenir, finir. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Loin&amp;#160; de moi l’intention d’associer le dessin à une imagerie nécessairement figurative :&amp;#160; dessiner, c’est regarder, organiser et former, même s’il s’agit d’intentions ou de sujets dits abstraits ou non figuratifs, même (encore plus) s’il s’agit de la seule couleur, ou de la seule matière. Savoir dessiner, ce n’est pas (seulement) savoir construire une perspective savante, conduire un contour autour d’une forme ou évoquer le modelé d’un sein, c’est aussi savoir bâtir et rythmer sa composition par un réseau de lignes cachées, enfoncées dans l’œuvre. C’est encore laisser sa trace, son empreinte, son geste. Y laisser sa main, sa peau.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il ne devrait être ni classique, ni académique, ni contemporain, il devrait être au dessus de tout ça, et en dessous de tout travail artistique. L’artiste, par le dessin, a toujours cherché les linéaments du monde.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-428990882341168249?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/428990882341168249'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/428990882341168249'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/04/avant-tout-le-dessin.html' title='Avant tout, le dessin'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-3680579290378263854</id><published>2011-02-23T22:36:00.005+01:00</published><updated>2011-03-21T19:05:35.388+01:00</updated><title type='text'>Ecran total</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Regarder &lt;em&gt;vraiment&lt;/em&gt; une peinture, c’est être en contact physique avec elle, c’est recevoir son sujet mais aussi parcourir ses aspérités, ses reliefs, c’est cheminer entre propos et matière, entre l’image et son épiderme. &lt;br /&gt;Pour goûter une peinture il faut être en sa présence,  libre d’avancer ou de reculer, et ainsi d’apprécier tantôt de très près le grain de la toile (reconnaître les feuils successifs à leurs ajustements irréguliers, déceler la division de la couleur à en frissonner, s’étonner de l’épaisseur, de la fluidité, de la transparence ou de l’opacité de la matière, parfois de l’absence de matière), tantôt de très loin l’unité, l’harmonie, la structure, enfin à mi-chemin  son ensemble, la fusion entre sujet et matérialité, et y découvrir  la légère instabilité qui signera l’équilibre artistique.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Un récent article du Monde, dans les pages Culture du 15/2/11,  nous fait l’éloge du site googleartproject.com, qui nous permet aujourd’hui en quelques clics (pardon pour ce lieu commun) d’aller voir virtuellement certaines œuvres dans le musée qui les abrite, avec une définition incroyable (7 milliards de pixels) et de s’en approcher comme avec une loupe. Ce qui, insiste le journaliste, évite de se déplacer jusqu’au musée possédant l’œuvre (National Gallery, Thyssen, etc.). L’auteur de l’article semble ravi de pouvoir regarder les toiles depuis son ordinateur, “confortablement assis dans son fauteuil”. Tout juste convient-il, à la fin de son papier, que “se frotter à l’original reste indispensable”, mais pour une simple raison de format, tout en regrettant que certaines œuvres ne soient pas encore accessibles sur ce site...&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Rien donc sur la peau, la matière quasi-organique, le &lt;em&gt;toucher&lt;/em&gt; de l’œil du spectateur en présence de l’œuvre originale, vivante, respirante. Rien sur la géographie de la peinture,  sur la vision directe, et donc véritable, des rapports colorés et de la touche, rien sur la place que prend le visiteur vis à vis de la toile, à la suite de l’artiste, dans ses pas, dans son approche et son recul.  &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Rien surtout sur les dangers de cette  rencontre immatérielle. L’écran, qui ment sur le format, sur la couleur, sur le contraste, formate progressivement l’art, en annulant son humanité. J’ai bien peur par exemple que cet emploi de plus en plus répandu  du numérique n’amène progressivement   les enseignants, souvent en grande difficulté dès qu’il s’agit d’accompagner des élèves  dans les lieux d’art (transports, encadrement, sécurité, moyens,  temps disponible, etc.),  à leur proposer  faute de mieux, cette nouvelle vision des œuvres, et les contraigne à transmettre malgré eux  l’habitude de ne plus utiliser que ce support, comme s’il était une manière désormais naturelle de regarder l’art.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;H. B.  évoque néanmoins rapidement, à la fin de son article,  la confrontation directe avec l’œuvre, “sensation inégalable”, dit-il sans toutefois préciser davantage sa pensée… &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Nous touchons à une contradiction imposée aujourd’hui par l’Internet et le développement du numérique : chaque artiste se doit, pour exister, de proposer des images sur un site, en étant parfaitement conscient qu’il manquera au spectateur “l&lt;em&gt;’hic et nunc&lt;/em&gt; de l’œuvre d’art &lt;em&gt;-&lt;/em&gt; l’unicité de son existence au lieu où elle se trouve." (&lt;em&gt;Walter Benjamin) &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;C’est effectivement, je crois, uniquement en présence de l’œuvre originale que l’on comprendra ce que Bazaine voulait dire en parlant de &lt;em&gt;peinture illimitée.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-3680579290378263854?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3680579290378263854'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3680579290378263854'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/02/ecran-total.html' title='Ecran total'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-7408218779819731432</id><published>2011-02-14T19:57:00.001+01:00</published><updated>2011-02-14T19:57:43.303+01:00</updated><title type='text'>Quinze idées courtes</title><content type='html'>&lt;p&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En premier lieu, le dessinateur doit observer le silence.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Rien de pire qu'un peintre sauvant les apparences.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Une situation fréquente : l’artiste en décomposition.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Pis que peindre.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ma parole, je me tais de plus en plus.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En art, la solitude fait la force.&amp;#160;&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L’encre, expression d’un caractère bien trempé.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il y a du Ponge chez Cueco, lorsqu’il s’arrête sur la pomme de terre.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt; Où se situe le cal du peintre ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Dans les moments d’écriture, je mets les brouillons au propre.    &lt;br /&gt;Dans mes temps de peinture, je les mets au figuré.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il faudrait payer les faux-peintres avec de la fausse monnaie.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Tantôt pleine, tantôt déliée, la lune.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ça me coûte d'être obligé de vendre.&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Malade de peinture, je suis obligé de garder l'atelier. &lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;A chaque jour suffit sa peine” &lt;/em&gt;:&lt;em&gt;&amp;#160;&lt;/em&gt;si, par accident, le soleil ne se couche plus, alors le chagrin tend à l'infini.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-7408218779819731432?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7408218779819731432'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7408218779819731432'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/02/quinze-idees-courtes.html' title='Quinze idées courtes'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-3726945648457798754</id><published>2011-01-23T12:58:00.001+01:00</published><updated>2011-01-23T12:58:47.505+01:00</updated><title type='text'>Signe de vie*</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&lt;a href="http://lh5.ggpht.com/_qmmM0fjRRtw/TTwX9HzwWAI/AAAAAAAAAEg/7I9Mi8QFkPA/s1600-h/DSCF81752.jpg"&gt;&lt;img style="border-right-width: 0px; display: inline; border-top-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px" title="DSCF8175" border="0" alt="DSCF8175" src="http://lh3.ggpht.com/_qmmM0fjRRtw/TTwX9reo-UI/AAAAAAAAAEk/-KiAR93XdiU/DSCF8175_thumb.jpg?imgmax=800" width="98" height="244" /&gt;&lt;/a&gt; Quelques bienveillants jugent opportun de vous expliquer votre propre peinture, tout persuadés qu’ils sont d’en comprendre le sens. Ainsi, récemment, plusieurs personnes ayant vu mes dernières tentatives — des encres sur papier marouflé sur toile — ont cru bon de m’assurer qu’il était normal de peindre aussi noir &lt;em&gt;maintenant&lt;/em&gt;, tout affecté que je suis.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Dans une réponse crispée j’ai pu donner le change et m’en suis amusé, mais au fond j’étais attristé de constater à quel point, encore une fois, les conventions ont la vie dure (elles).&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;L’encre accompagne mon travail depuis le début : à chaque écueil, à chaque conflit, à chaque difficulté relationnelle avec la peinture (contrecoup d’une exposition, doutes, égarements, etc.) elle est là pour me faire reprendre pied. Elle est la source, l’amie fidèle, elle repose les questions fondamentales, de la forme à la valeur, du contrôle à l’abandon, de l’intention à l’intuition, de la conscience à l’instinct, elle revient sans détour sur le rapport peintre/matière/idée. Elle est franche, exigeante, ne pardonne rien. Elle ne ment jamais. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Noir/mort/deuil : l’encre, ses gris, ses noirs, et les blancs qu’elle laisse n’ont rien à voir avec ça. Ils sont bien la vie, alors que l’on persiste à entretenir cet amalgame funeste. L’encre traduit le geste vivant, les variations de ses gris n’en finissent pas de respirer, sa fluidité, sa légèreté lui façonnent une chair palpitante, son indélébilité faisant perdurer ce souffle sans jamais l’altérer. &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;Au fond, le papier est plus mortel que l’encre.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Cette symbolique noir/mort a donc été une aubaine pour certains afin qu’il trouvent précipitamment des mots et qu’ils se sortent tant bien que mal de cette embarrassante rencontre avec un peintre survivant, abîmé, endommagé. C’est parfaitement compréhensible, le malaise provoque parfois une sorte d'empressement maladroit.&amp;#160; Il faudrait donc parler à tout prix devant la mort, devant la détresse, devant la peinture, devant l’art, expliquer, parler, parler…&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;(Il est pourtant bon de se taire, parfois : j’ai reçu une carte imbécile m’affirmant : “on est bien peu de chose”. Il faudrait envisager une loi contre les lieux communs).&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Elle m’agace, cette connotation du noir qui tend à la superstition (encore un mauvais coup du christianisme),&amp;#160; autant à craindre que signes et thèmes astraux, numérologie, et toutes sortes de croyances accompagnées des interprétations les plus farfelues. Autant d’attitudes magico-religieuses qui véhiculent peur, culpabilité et illusions, qui dénaturent notre regard et nos actes. C’est l’expression même de la peinture, et non le médium, qui peut éventuellement évoquer la mort ou la peine, même dans la plus colorée des palettes. Ce n’est pas le noir de l’encre, dont les degrés sont qualifiés par les Chinois de “couleurs”.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Peindre en noir n’est ni une posture, ni une manière artistique de porter le deuil, n’en déplaise à certains que ça aurait arrangés, “histoire de causer”. C’est une manière de retrouver la peinture, en recommençant par le fond.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Le noir de l’encre serait alors le symbole de l’espoir.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;font size="1"&gt;*”&lt;em&gt;signe de vie&lt;/em&gt;”, encre de Chine sur papier de riz marouflé sur toiles assemblées,&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160; &lt;/font&gt;&lt;font size="1"&gt;70 x 30 cm, décembre 2010&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-3726945648457798754?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3726945648457798754'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3726945648457798754'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/01/signe-de-vie.html' title='Signe de vie*'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://lh3.ggpht.com/_qmmM0fjRRtw/TTwX9reo-UI/AAAAAAAAAEk/-KiAR93XdiU/s72-c/DSCF8175_thumb.jpg?imgmax=800' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-1413494462706894413</id><published>2011-01-19T14:05:00.001+01:00</published><updated>2011-01-19T14:05:08.051+01:00</updated><title type='text'>Bonne figure</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Les mêmes qui me reprochaient hier des indignations contre la médiocrité, la bêtise, les abus de pouvoir (et j’en passe) constatés dans le milieu artistique,&amp;#160; indignations exprimées dans ce blog ou ailleurs, courent peut-être aujourd’hui pour acheter le petit livre d’Hessel, et le mettre en évidence sur la table du salon ou l’offrir à des amis, pensant ainsi faire montre d’un acte de résistance&amp;#160; “parce que c’est salutaire”, ont dit les médias. Ce qui l’aurait été, c’est de s’indigner avant qu’on nous somme de le faire. Je m’indigne donc devant cette indignation de masse soudaine et artificielle, de bon ton.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je m’énervais l’autre jour au Prado en écoutant ces visiteurs qui s’extasiaient devant le &lt;em&gt;réalisme&lt;/em&gt; de “l’Adoration des Mages” ou du “Triomphe de l’Eucharistie” de Rubens. Mais non, voyons ! Ces toiles religieuses et mythologiques n’ont rien, mais vraiment rien de réaliste. Elles ne font que singer, utiliser la réalité pour illustrer une fiction (ou plutôt un mensonge, diraient certains, dont je suis, indignés par les religions), ce qui est davantage un des aspects&amp;#160; de l‘art &lt;em&gt;figuratif : &lt;/em&gt;celui&lt;em&gt; &lt;/em&gt;qui “prend les formes du monde visible, nettement identifiables, comme matériau”. Ici comme matériau de propagande, d’illustration de vieilles légendes, plus ou moins dangereuses.&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Pour ma part, je serais plutôt tenté de qualifier ces peintures d’abstraites (surréalistes, éventuellement) : elles&amp;#160; représentent des idées, des pensées, des croyances, des dogmes. Pas la réalité. Michel Seuphor disait : “J'appelle art abstrait tout art qui ne contient aucun rappel, aucune évocation de la réalité observée, que cette réalité soit, ou ne soit pas le point de départ de l'artiste”.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Parce qu’elle s’inspire plus ou moins consciemment de couleurs, de formes, de compositions ou de rythmes que chacun peut trouver dans la nature, une toile d’Hartung, de Rothko ou de Degottex est plus figurative, en tous cas moins abstraite que n’importe quelle peinture mythologique ou religieuse).&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;“Guernica”, de Picasso, admirée une heure plus tôt dans le musée d’en face, est une toile réaliste. Terriblement réaliste. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Réalisme : “volonté de représenter la nature telle qu’elle est”. Rubens a montré des hommes&amp;#160; tels qu’ils sont,&amp;#160; mais où a-t-il pu voir le “Grand jugement dernier” pour le représenter aussi fidèlement ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Figuratif : “art qui s’attache à représenter les formes du monde visible, ou bien qui s’attache à donner une représentation plastique reproduisant exactement l’apparence des objets représentés”. Rubens a donc bien connu Cupidon, Vénus, Saint-Ceci ou Sainte-Cela et tant d’autres personnages légendaires et peut ainsi les montrer dans leur exacte apparence…&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Mais l’athée que je suis est évidemment de mauvaise foi. Il continuera donc de penser que lorsque Rubens fait le portrait de ses contemporains, il est purement figuratif (et réaliste) et quand il peint “l’Immaculée Conception”,&amp;#160; il est abstrait, rien là-dedans ne me rappelant la réalité de la nature.&amp;#160; Avouons pourtant que dans les deux cas, sa manière est extraordinaire, et les très nombreuses œuvres actuellement au Prado sont réellement admirables techniquement. Je les ai prises comme une inégalable leçon de peinture. En ce qui concerne les sujets, c’est une autre histoire… Le prosélytisme pratiqué par les artistes, même s’il est lié au statut des peintres à cette époque,&amp;#160; m’indignera toujours. M’indigne tout ce talent —de Rubens, du Greco, et de tant d’autres croisés au Prado, et dans tellement d’autres musées— mis au service de la propagation de tant de mensonges.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Aujourd’hui, l’époque est donc à l’indignation, à ce qu’on dit. Ça me va, la mienne est à fleur de peau.&amp;#160; Je doute pourtant que les mots d’Hessel aient une vraie portée, qu’ils rendent soudain indignés&amp;#160; des gens qui ne l’étaient pas avant de les lire, qu’ils les poussent à &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt; à voix haute leur révolte, si toutefois elle apparaissait. Le plus étonnant, dans son texte, n’est pas son indignation. C’est qu’il garde espoir.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-1413494462706894413?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1413494462706894413'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1413494462706894413'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2011/01/bonne-figure.html' title='Bonne figure'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-7668143153125997446</id><published>2010-12-19T10:57:00.002+01:00</published><updated>2010-12-19T10:58:57.168+01:00</updated><title type='text'>Tenir boutique</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Non, ce blog n’est pas fermé. Il était dit, dès l’article premier, que la parution des articles serait aléatoire, sans idées préconçues sur les raisons qui pourraient être sources d’irrégularité.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je préfère ne pas écrire plutôt qu’écrire par obligation. Par ailleurs, ne pas publier d’article ici ne signifie pas ne pas écrire. Je ne ressens pas la nécessité de publier à tout prix, coûte que coûte. Tout ce que j’écris ne trouve pas sa place ici. Bien souvent, les articles de ce blog sont des extraits de textes plus longs, dont la teneur n’est pas destinée, dans sa totalité, à une large diffusion. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Aujourd’hui, c’est grâce à quelques énervements que je reviens à ces billets : entré comme simple visiteur dans deux récentes expositions locales, j’en suis ressorti passablement irrité. Peu importe le nom des artistes exposés, seul compte l’état d’esprit affligeant qu’ils représentent. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Dans la première, à peine le seuil passé, je suis malgré moi  transformé en client, en acheteur potentiel, et en sujet de sondage. La personne assise à l’accueil  est sans doute l’artiste, et elle doit absolument rentabiliser la location de la salle,  ses affiches, ses invitations, son cocktail de vernissage, ses beaux cadres vernis.  Pour cela elle est prête à tout et je la soupçonne de regretter de n’avoir pas suivi dernièrement un stage de marketing. “Si je peux vous renseigner”… me dit–elle, et sans attendre que je réponde, elle me renseigne déjà. C’est parti pour une logorrhée déversant tous les lieux communs proférés habituellement par les vendeurs et vendeuses des magasins de chaussures ou de prêt-à-porter. Avant que je lui demande quoi que ce soit (ce que je ne comptais d’ailleurs pas faire), je sais tout de son parcours, des buts  de son travail, de la technique qu’elle emploie, tout. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;J’espérais seulement flâner à mon gré dans cette exposition, rester un  long moment, ou bien partir dans les cinq minutes, et me voilà donc accroché comme un chaland. On me propose des  facilités de paiement, des formats abordables si mon budget est limité, la livraison à domicile, et bien d’autres prestations. L’artiste se sent obligé de (se) vendre et ne recule devant aucune (grossière) ficelle. On me demande enfin de quelle commune je viens, qui m’a informé de  cette exposition, voie de presse, publicité, etc. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je ne prendrai donc pas la peine de commenter, d’analyser sa peinture. Son attitude mercantile, sa cupidité affichée, m’ont poussé vers la sortie.  Que l’artiste facilite l’achat de ses œuvres une fois le contact établi avec son “client”, cela s’entend. Qu’avant même tout regard posé sur le travail, il oriente son visiteur vers des considérations pécuniaires, c’est détestable.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Dans la deuxième, je voulais confirmer ou démentir l’impression laissée par l’affiche  aperçue en ville. Je confirme : peinture flatteuse, entre du de Staël dilué et coulant et du Debré encombré, à la composition finalement pauvre, habile mais facile, la croix oblique légèrement décentrée, le rapport des surfaces se densifiant à l’intersection, le contraste chromatique et tonal attendu ; artiste-suiveur,  comme il y aujourd’hui pléthore de sous-Dubuffet, de sous-Chaissac, de sous-Basquiat, de sous-Rothko, etc.). Avec tout de même, pour tenter de donner un semblant de style personnel, quelques traces graphiques, sans doute au pastel gras,  aux formes aléatoires, mais qui n’engagent à rien. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ce qui peut arriver de pire à la peinture : qu’elle n’engage à rien.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Encore quelqu’un qui exploite les palettes faciles et les déjà-vus-mille-fois picturaux. Encore quelqu’un qui “fait de l’abstrait”  en le criant haut et fort, mais qui le fait par défaut, et de manière purement décorative : la surface compte plus que le fond. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Le mensonge qui  sue de ses jolies toiles à l’esthétique irréprochable, parfaites pour le salon,  me suggère en vérité que ses œuvres ont été peintes dans le seul but  d’être vendues. Cela ne serait pas bien grave si, en ce moment, ce courant d’art &lt;em&gt;à vendre absolument&lt;/em&gt; n’était aussi répandu. Très édifiante fut la lecture, sur le fameux site Artrinet, de la classification  de  l’artiste en question, et des artistes de la même famille. Une  famille nombreuse, d’ailleurs, un grand tiroir, une grande uniformité.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ce qui peut arriver de pire à un artiste : qu’il ne veuille  pas se sentir seul.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Mon retour à la peinture des autres commence fort mal. Ou fort bien, puisque la colère revient.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-7668143153125997446?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7668143153125997446'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7668143153125997446'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/12/tenir-boutique.html' title='Tenir boutique'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-8540130935110513563</id><published>2010-11-03T23:37:00.003+01:00</published><updated>2010-11-06T13:00:44.613+01:00</updated><title type='text'>Mise à jour</title><content type='html'>&lt;p&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;1.Votre mot préféré ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Non&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;2. Mot que vous détestez ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Ordre&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;3. Votre drogue favorite ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;La musique&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;4. Le son, le bruit que vous aimez ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Celui de la vague&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;5. Le son, le bruit que vous détestez ? &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Un moteur de camion, derrière moi, qui s’approche. &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;6. Votre juron, gros mot ou blasphème favori ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Putaindenomdedieud'bordeldemerde, en un seul mot &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;7. Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Le cupide roi Midas &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;8. Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Couvreur &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;9. La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Le rosier&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;10. Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire ? &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Répondre reviendrait à envisager, même une seconde, cette existence. Je m'y refuse.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;11- Le principal trait de votre caractère ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;L' intransigeance &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;12 - La qualité que vous préférez chez un homme ? &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;La réserve &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;13 - La qualité que vous préférez chez une femme ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;La douceur&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;14 - Ce que vous appréciez  le plus chez vos amis ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Leur fidélité&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;15 - Votre principal défaut ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;L'intolérance&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;16 - Votre occupation préférée ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Penser et peindre, ou le contraire&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;17 - Votre rêve de bonheur ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Transmettre&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;18 - Quel serait votre plus grand malheur ? &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;J'ai déjà donné&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;19 - Ce que vous voudriez être ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Un bon père&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;20 - Le pays où vous désireriez vivre ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;L'Espagne&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;21 - La couleur que vous préférez ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Celle du vent, elle est à inventer.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;22 - La fleur que vous aimez  ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Le tournesol&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;23 - L’oiseau que vous préférez ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;La sterne pierregarin&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;24 - Vos auteurs favoris en prose ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Bauchau, Ponge, Xingjian, Gracq&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;25 – Vos poètes préférés ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Ponge, Prévert, Char&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;26 – Vos héros dans la fiction ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Le “vieil homme” d’Hemingway, Bérurier, Lone Sloane.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;27 - Vos héroïnes favorites dans la fiction ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Constance Chatterley, Adèle Blanc-Sec (la vraie, celle de Tardi), Falbala. &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;28 - Vos compositeurs préférés ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Chopin, Brahms, Scriabine, Bowie, Yorke, Jagger-Richards, Bonnard, Matisse (oui, les peintres).  &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;29 - Vos peintres favoris ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Il y en trop, et cela me fait trop mal de les citer. La jalousie, je pense. Matisse, pourtant.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;30 - Vos héros dans la vie réelle ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Tous ceux qui résistent&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;31 - Vos héroïnes dans l’histoire ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Toutes celles qui ont résisté&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;32 - Vos noms favoris ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Ceux des couleurs pour artistes. Par exemple : le stil-de- grain&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;33 - Ce que vous détestez par-dessus tout ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;La bêtise, l'abrutissement &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;34 - Personnages historiques que vous méprisez le plus ? &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Les chefs religieux&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;35 - Le fait militaire que vous admirez le plus ? &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;L'armée enterrée de Xi'an&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;36 - La réforme que vous estimez le plus ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;La mienne, au service militaire&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;37 - Le don de la nature que vous voudriez avoir ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Une santé solide&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;38 - Comment aimeriez-vous mourir ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;En dormant, lâchement&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;39 - État présent de votre esprit ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Torve&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;40 - Fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Celles de l'innocence&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p&gt;41 - Votre devise ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p&gt;Peindre, et non produire&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-8540130935110513563?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8540130935110513563'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8540130935110513563'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/11/mise-jour.html' title='Mise à jour'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-3213120741829323586</id><published>2010-10-24T10:49:00.005+02:00</published><updated>2010-10-24T19:15:35.415+02:00</updated><title type='text'>Les idées fixes</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Il est fréquent, maintenant, qu’on me dise : “tu devrais aller voir une expo, ça te changerait les idées”. On s’imagine donc que mes idées sont si mauvaises qu’il faudrait en changer (bien entendu, il ne s’agit pas de mes idées sur l’art, mais de mes idées considérées comme noires).&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;A ce point de l’interminable présent que je vis aujourd’hui, l’absence s’épaissit chaque jour un peu plus,  jusqu’à devenir une forme de la présence. Et je devrais changer d’idées ? En matière de deuil, les donneurs de conseils sont légion, et insupportables. Je préfère les maladroits ou les sans-voix sidérés.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Se changer les idées, éviter, fuir, tout laisser derrière soi, une lâcheté de plus en somme. Très peu pour moi.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je vais voir des expositions, mais mes idées ne changent pas pour autant. Je fréquente l’art des autres dans des conditions différentes d’avant : seul, sans échange immédiat, sans conversation, sans le recul que ses réactions spontanées m’obligeaient à prendre, avec la  manière qu’elle avait de recevoir l’œuvre dans sa nouveauté, dans sa fraîcheur, bien loin du regard déformé et orienté par la pratique ou par l’exigence technique du spécialiste ou du professionnel. Loin aussi du goût tendancieux imposé par la rivalité ou la jalousie entre artistes ou critiques. Elle n’aimait pas lire d’articles sur les expositions avant de les voir, pour ne pas subir d’influence, et garder son objectivité. Je suis maintenant dans l’obligation de me débrouiller seul avec mes apriori. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Des visites d’expositions ne me changent pas les idées, au contraire : comme chacun des instants du quotidien, elles insistent sur tout ce qui   m’accompagne dorénavant, elles mettent au jour le manque et l’absence, et ne me détournent en rien de ce que je ne veux pas, de toute manière, éviter.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il n’y a pas de plainte, dans tout cela. Seulement le constat lucide que rien ne peut plus me soustraire à ma nouvelle réalité, à mes nouvelles idées, à mon nouveau monde. Le monde que nous fréquentions hier n’existe plus, me faut–il alors tenter d’en faire une copie, comme un artiste sans inspiration ? Quelle vanité. Quel intérêt ? Pour contenter ceux qui aimeraient que tout rentre dans l’ordre d’avant, ceux qui conseillent de laisser faire le temps et de se changer les idées à tout bout de champ ? Désolé, elles ne bougeront plus, elles se sont figées devant l’effroi.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Revenant de la visite d’un volet de “Triptyque” présenté actuellement à l’Hôtel de Ville d’Angers, je ne peux que regretter une propension pour le kitsch, la surcharge, le spectaculaire, l’anecdotique monumental, le m’as-tu-vu. Dans cette débauche d’acidité colorée, de surfaces brillantes outrageusement laquées, de mauvais goût assumé (la palme à Antonio Saint Sylvestre) les quelques artistes qui présentent un travail élaboré sur la nuance ou sur le noir et blanc font figure d’exceptions (Guillot,  Lagarrigue, Vandegh, Denning). &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;N’en déplaise à mes conseillers spécialistes du deuil, cette récente visite ne m’aura changé aucune idée, ni les noires, ni celles sur l’art. Elles s’y seront plutôt rejointes.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-3213120741829323586?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3213120741829323586'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3213120741829323586'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/10/les-idees-fixes.html' title='Les idées fixes'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-1540231692144000285</id><published>2010-09-27T09:57:00.002+02:00</published><updated>2010-09-28T09:45:38.461+02:00</updated><title type='text'>Des lueurs, parfois</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Une lectrice attentive a parfaitement posé la question : quand la vie tente de nous détruire, nous blesse cruellement et irrémédiablement, quand notre regard en revient pantelant, épuisé, ébranlé,  devenons-nous alors  plus exigeants, ou bien plus indulgents ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Doucement, très lentement, les besoins vitaux se manifestent à nouveau : peindre, écrire,  lire, écouter, regarder. Le retour à l’atelier ne peut se réaliser que par un travail instinctif, à l’opposé de ce que je pratiquais &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt;. L’écriture, elle, ne s’est jamais interrompue. Elle s’est même plutôt développée, sous plusieurs formes, correspondance, journal, notes. Je la devine plus sévère, devant se resserrer. La lecture, en revanche, s’était absentée brutalement, et ne réapparaît que tout petitement, dans la mesure amoindrie des possibilités de concentration. Quelques livres m’y ont fait revenir. Parmi eux : &lt;em&gt;les dialogues du Louvre&lt;/em&gt;, de Schneider, relatant  des promenades au Musée en compagnie d’artistes du 20è siècle (Miró, Chagall, Zao Wou-Ki, Soulages, Van Velde et d’autres…) qui portent des regards  étonnants sur les œuvres d’hier. Je crois que ces textes parlent en définitive de filiation artistique. Mais ils posent aussi presque tous la question du rapport, de l’accord ou du désaccord  entre format et sujet.  Certains reprochent sa dimension au &lt;em&gt;Radeau de la méduse&lt;/em&gt;, d’autres l’estiment parfaitement adaptée. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Un autre texte a réanimé la lecture :  le journal d’Henri Bauchau, que je lisais déjà attentivement depuis des années. Aujourd’hui, il s’agit de celui des années 1998 à 2000, intitulé &lt;em&gt;Passage de la bonne graine.&lt;/em&gt; Cet auteur a commencé l’écriture de son journal parallèlement à ses romans, dès 1960, et accompagnait ainsi la mort de sa mère (&lt;em&gt;Journal de la déchirure&lt;/em&gt;).  Dans une écriture simple et profonde, ces pages  longent la vie et débordent de réflexions, de sentiments, de références, elles sont d’une justesse et d’une ressource intellectuelle  incomparables. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Plus d’exigence, encore plus. Jusqu’à l’intransigeance ? Je retourne progressivement regarder l’art des autres. Et lui demande encore plus de profondeur, de richesse, de personnalité, d’individualité. D’humanité. Si je ne trouve pas tout cela, je méprise, ou me mets en colère, &lt;em&gt;a fortiori&lt;/em&gt; lorsqu’il s’agit de mon propre travail.  Dans un article précédent, en juillet, j’évoquais une exposition se tenant au Quai, à Angers, démonstration de la vacuité, du tape-à-l’œil et de l’opportunisme d’un certain art contemporain. Au même endroit aujourd’hui se tient celle d’Ousmane Sow, jusqu’au début d’octobre. Voilà selon moi ce qui est  l’exigence, la justesse, l’humanité. Coïncidence : je trouve  en lisant  Bauchau une évocation d’une exposition marquante de cet artiste, sur le Pont des Arts  à Paris en  1999. Evènement pour lequel j’avais fait le déplacement, et qui m’avait enthousiasmé autant que troublé. L’écrivain, en quelques lignes, pose la question d’une possible victoire de l’empreinte occidentale sur l’art africain, s’arrêtant sur l’expressionnisme de l’œuvre de Sow, très éloigné de la stylisation traditionnelle. Et pour revenir aux thèmes abordés dans L&lt;em&gt;es dialogues du Louvre&lt;/em&gt;,  j’y vois pour ma part un emploi parfaitement approprié des matériaux, des formats et de l’espace, sans chercher à tout prix une référence culturelle plastique dans le sol natal,  se référant à l’histoire des peuples pour élargir au monde. Un expressionnisme simplement libre, intime, débarrassé. De plus, une œuvre que l’artiste laisse aux mains du temps, qui se charge de la façonner ou de la dé-façonner après lui. Il faut voir ce &lt;em&gt;“buveur de sang et buffle” &lt;/em&gt;longuement, sous tous les angles, et goûter cette force élémentaire. S’attarder et partager la présence  de cette famille Peulh. Malheureusement, l’installation trop regroupée des œuvres, au centre de cet immense volume architectural du Quai, me paraît bâclée.  Elle donne l’impression de moyens limités (les socles cartonnés…), comparativement à ce qui avait été lâché précédemment pour “Eclaircies”, et sa bien-pensance climato-écologiste. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Clairement, je montre encore moins d’indulgence qu’auparavant, si cela est possible,  pour les imposteurs, pour les suiveurs,  les opportunistes, les obséquieux, les rampants. Au contraire j'en développe pour l’expression, l’honnêteté, la maladresse, pour la naïveté, pour l’enfance. Voilà pour les autres. Quant à soi-même, l’exigence n’est-elle pas signe de progrès ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Souvenir avec sourire : “Tu as pris des couleurs”, m’a t-elle dit un soir, lorsque je revenais de l’atelier.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-1540231692144000285?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1540231692144000285'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1540231692144000285'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/09/des-lueurs-parfois.html' title='Des lueurs, parfois'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-8082705455750119437</id><published>2010-08-29T21:21:00.001+02:00</published><updated>2010-08-29T21:21:35.462+02:00</updated><title type='text'>Le jour sans cesse</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;En principe, le diariste marque ses pages au jour le jour. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Depuis un mois, mon journal indique la même date, le soleil ne se couchant&amp;#160; toujours pas.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il y a bien une vie après la mort : celle des autres. Une vie conjuguée au futur impossible où, dans l’absence, chaque geste est un effort et chaque pensée une souffrance. (Ou le contraire.)&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;A un moment de cette journée commencée le mois dernier et qui n'en finira décidément pas, je viens de goûter à ce que sera la peinture, désormais : reconduit dans l'atelier par je ne sais quel violent sursaut, ai versé de l'émulsion dans le flacon, ai saisi la palette, y ai posé des couleurs. Ai repris la toile laissée avant. (N'ai pas pu commencer une nouvelle.) Ai retrouvé mes accords, mes sonorités, la trace de mes anciens pas. Ai mis de la musique. Ai poussé le volume très fort. Me suis approché de la toile. Ai posé quelques touches, quelques masses, ai renoué avec la surface, avec l'espace, avec la teinte. Retrouvé chaque élément tel que je l'avais laissé.&amp;#160; Apparemment, à la surface, la peinture n'a pas bougé depuis l’autre fois. En dessous, elle est bouleversée. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160; (Mais enfin, de quel droit les larmes alors que c'est elle qui...) &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Demain-tout-à-l'heure (les temps ont changé), je verrai si je peux commencer quelque chose.&amp;#160; La peinture revient, pourtant, à petits pas. Ce qui me retient, c'est la peur qu'elle ne montre trop ostensiblement la douleur. Je n'y tiens pas, je cherche à l'en empêcher. Je retrouve ce que je publiais il y a quelques années, alors que la vie était encore choisie et que la mort, sans être abstraite puisque déjà souvent fréquentée,&amp;#160; semblait pourtant moins anormale&amp;#160; : &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;“un jour, les supports du peintre ne seraient plus les évènements de l’existence, douloureux, violents, amoureux, physiques, sensibles, mais les mouvements propres, sismiques, intrinsèques de la peinture elle-même, qui aurait décidé une fois pour toute de se passer de prétexte, et de vivre seule dans une forme d’autarcie, de nourrissant de peu mais ne manquant de rien, utilisant son passé, ses apprentissages, puis son expérience, approchant doucement d’un mouvement perpétuel. Respirant seule.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="justify"&gt;J’en suis, maintenant, à terminer ce qui était commencé. Me reste à recommencer. Et puis, plus tard, à revenir à l’art des autres. Ce jour interminable n’a pas fini de durer.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-8082705455750119437?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8082705455750119437'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8082705455750119437'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/08/le-jour-sans-cesse.html' title='Le jour sans cesse'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-6815452219157803935</id><published>2010-08-16T01:24:00.001+02:00</published><updated>2010-08-16T01:24:56.068+02:00</updated><title type='text'>Le désespoir du peintre</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Alors qu’il vivait dans une sorte d’isolement protégé, entouré d’elle, enroulé d’elle, il se voit précipité brutalement dans une solitude forcée, sans mesure. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il attendait le soir sa visite à l’atelier, où elle venait, par un simple coup d’œil,&amp;#160; exprimer son accord ou sa réserve sur le travail du jour. &lt;em&gt;Aucun autre regard ne pouvait changer le tableau&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Comment ira-t-il à l’atelier, maintenant, puisque ce souffle d’elle n’y entrera plus ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Quoi peindre, maintenant, et comment peindre ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;La peinture est en souffrance.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Hier peindre contre la médiocrité, contre la paresse, contre l’inutile, contre l’impatience et l’immédiat. C’était facile.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Aujourd’hui peindre contre le pire du monde, contre la violence, peindre avec le temps contre soi.&amp;#160; Et pleurer de ne plus jamais vivre contre elle. Peindre aux larmes.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ni chiffon, ni essence, ni gomme pour effacer chagrin, colère et&amp;#160; révolte. Reconstruire dessus ?&amp;#160; Foutaise. Remonteront toujours de sous les peaux colorées de la toile et du papier.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Et comment laissera-t-il à la porte de son imaginaire la fraction du temps meurtrier ?&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;(Mais de quel droit se plaint-il, alors que c’est elle qui…) &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Comment fera-t-il pour être, maintenant ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Peine perdue : toute solitude est &lt;em&gt;désormais&lt;/em&gt; douloureuse.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-6815452219157803935?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6815452219157803935'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6815452219157803935'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/08/le-desespoir-du-peintre.html' title='Le désespoir du peintre'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-6009742514142441177</id><published>2010-07-26T19:43:00.001+02:00</published><updated>2010-07-26T19:43:30.318+02:00</updated><title type='text'>L’art balnéaire</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;L’estivant doit-il mettre son goût en vacances ? Doit-il, le temps de ses congés et lors de ses voyages d’agrément, cesser de faire fonctionner son esprit critique et son intelligence ? C’est en tous cas ce que semblent croire les innombrables galeristes ou artistes improvisés qui ici, dans mon île (on a tôt fait de s’approprier les lieux qu’on aime), ouvrent ou occupent un local le temps de la saison touristique et y exposent les plus communs des lieux communs, présentés comme œuvres d’art, se faisant fort, autant que possible, d’avoir un rapport avec la réputation et l’ambiance marines du lieu. Combien de sites aujourd’hui touristiques, ayant perdu leurs racines, cherchent ainsi à bâtir une réputation sur leur &lt;em&gt;pittoresque&lt;/em&gt; ? &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ici, comme ailleurs, la pêche locale va mal, et ira de plus en plus mal. Elle disparaîtra. Et on pourrait croire, mais ça n’est qu’une coïncidence, qu’à chaque bateau désarmé, à chaque équipage qui cesse son activité, c’est un nouveau lieu d’exposition qui s’ouvre sur un peu plus de médiocrité artistique. La mutation inévitable de l’île doit-elle nécessairement mener à une culture factice ou superficielle ? De toutes manières, si ce n’est déjà le cas, l’économie ne reposera bientôt plus que sur le tourisme. Alors, puisqu’on suppose qu’en saison ils perdent toute exigence, il conviendra de donner aux estivants, plaisanciers, résidents secondaires ou touristes de passage la légèreté qu’on les imagine attendre de leur séjour. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il y en a ici comme ailleurs pour tous les (mauvais) goûts : compositions abstraites aux effets de matières faciles et&amp;#160; abondants, mais rappelant ostensiblement les couleurs des coques peintes des bateaux de pêche, ou bien quelques immatriculations de ces mêmes bateaux, frappées au pochoir dans un fatras coloré, ou encore des collages hasardeux de bois flottés peints. C’est très tendance, le bois flotté du bord de mer. Pour le plus figuratif, les chalutiers et caseyeurs, avec leurs couleurs vives et leurs reflets sinueux, les venelles du port, ciels bleus, tuiles oranges avec ombres portées obliques sur façades blanches, vélo, volets et hortensias, etc. On a vu ça partout, décliné sur tous les modes.&amp;#160; Des galeries à tous les coins de ruelles, des artistes s’offrant une vitrine pour deux mois, l’office de tourisme, les restaurants, une simple maison particulière à la porte ouverte sur le salon transformé pour l’occasion, tout fait exposition, tout fait ventre. On imagine donc que le vacancier est un inculte, un amateur de croûtes, un collectionneur de fausse peinture. On lui offre sur toile les pires clichés touristiques.&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Quand certaines galeries veulent se démarquer de ces clichés, elles mettent en avant des œuvres plutôt bien propres, bien finies, très décoratives, sans anicroche, sans risque. Ou font dans le haut de gamme en exhibant des sculptures un peu trop polies pour être honnêtes, ou des toiles un peu trop vernies, annoncent de grandes signatures, visent les belles villas, et affichent des prix &lt;em&gt;ad hoc&lt;/em&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;(Un certain esprit de l’île, qui m’a fait l’aimer à une époque où les habitants en étaient le nœud marin, s’estompe irrémédiablement. L’homme n’étant plus lié aujourd’hui à la nature du lieu, je suis obligé de me tourner vers le paysage : me restent quelques rochers isolés que rien ni personne ne peut déplacer, pas même les plus rudes tempêtes d’hiver. Je m’y accroche.)&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il faudra bien tout de même garder à quai et entretenir quelques navires&amp;#160; de l’ancien temps,&amp;#160; pour que les prétendus peintres puissent continuer d’évoquer la couleur locale dont certains anciens se souviennent encore vaguement, qu’ils puissent continuer à faire une réputation de lieu d’art à un endroit qui ne sera bientôt plus qu’un décor, susceptible d’alimenter les fausses galeries et les faux artistes en sujets faciles. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Et si, pourtant, dans ce banal paysage artistico-balnéaire, ni pire, ni meilleur qu’ailleurs, une galerie ou un artiste étaient vraiment sincères, &lt;em&gt;hors saison&lt;/em&gt;, saurions-nous les reconnaître ?&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-6009742514142441177?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6009742514142441177'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6009742514142441177'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/07/lart-balneaire.html' title='L’art balnéaire'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-4464893813554614822</id><published>2010-07-12T09:23:00.001+02:00</published><updated>2010-07-12T09:23:52.831+02:00</updated><title type='text'>Artistes et problématiques sociétales</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;A Angers, le Quai est un “espace des arts vivants” doté de salles de spectacles et&amp;#160; d’un immense hall (le forum), qui accueille des expositions, des spectacles, des évènements, etc. En ce moment, les artistes invités y parlent des ennuis climatiques de la planète. C’est de saison. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ils font des œuvres à ce propos, ils sont inspirés, d’ailleurs on leur a demandé d’être inspirés. Ils ont un point de vue sur cette question, comme ils en ont un sur la politique, sur les guerres, sur la vie sociale, sur le terrorisme, sur l’économie, sur tout, quoi. Il suffit de demander. Il suffit de commander. Ces artistes contemporains sont maintenant sociologues, cela ne leur suffisait pas d’être philosophes. Ce sont eux aujourd’hui qui interrogent le public sur les grandes questions mondiales, voire universelles. Ce sont eux qui après enquête, se chargent d’ouvrir les yeux du peuple sur sa consommation de sacs plastiques, d’appareils électroménagers… S’ils n’étaient pas là, tous ces artistes sociologues, mais que deviendrions-nous ? Quelle conscience aurions-nous ?&amp;#160; Qui nous aiderait à penser ? Qui nous culpabiliserait ? On n’hésite d’ailleurs pas à nous offrir une belle plaquette, avec un descriptif très détaillé des “dispositifs” (on pense peut-être à notre cerveau décrépit qui a bien besoin de soutien), accompagné de beaux textes biographiques et explicatifs sur les démarches individuelles et collectives. Le titre de cet article est d’ailleurs directement inspiré de ce dépliant.&amp;#160; Tout cela est une magnifique illustration, presque une caricature, des tics de la création artistique dite émergente. Suivant une méthodologie très convenue, on y trouve tout le champ lexical de l’art contemporain, accompagné des codes inévitables de mise en page, de présentation, bourré de références absconses. Tous ces gens qui, à lire ou écouter leurs discours,&amp;#160; veulent paraître si intelligents, tellement au dessus de notre médiocre condition intellectuelle et culturelle, ont-ils conscience que se prendre au sérieux de la sorte est plutôt risible et ridicule ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Un exemple d’œuvre&amp;#160; : un fer à repasser est suspendu à un filin, et tourne au dessus de la tête des visiteurs. De temps en temps il lâche un peu de vapeur. Voilà l’œuvre dans sa totalité physique. Je laisse mon lecteur face à la description, et s’il veut savoir ce que cela veut dire, qu’il prenne la peine d’aller au Quai. Et s’il est trop loin, il peut toujours trouver un site internet en entrant “Eclaircies” (le titre de l’exposition) dans son moteur de recherche. On y apprend que certaines institutions soutiennent (pardonnez-moi, je comprends &lt;em&gt;subventionnent&lt;/em&gt;) les artistes qui mettraient le thème du changement climatique au cœur de leur “projet artistique” : on incite donc bien les artistes à travailler dans le sens du vent…&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Cette ironie couvre pourtant une question que je me pose souvent lors de ces manifestations : est-ce le rôle de l’artiste de faire réfléchir sur l’actualité immédiate, est-ce à lui de dire une fois de plus la réalité du monde qu’on nous déballe déjà dans tous les médias à toute heure du jour et de la nuit ? Etranges artistes ceux qui sont aujourd’hui en train&amp;#160; de montrer pompeusement, coûteusement et spectaculairement des évidences sociologiques sur une humanité qui ne progresse pas. Il y aurait à réaliser là une passionnante étude du comportement des artistes contemporains vis à vis de la culture de l’immédiateté, de l’actualité, de l’aussitôt, du court terme, mais quel artiste s’en chargerait ? Jolie mise en abyme, qui mériterait bien une subvention, pour le moins européenne…&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;L’artiste ne devrait-il pas, au contraire, sans pour autant se voiler la face,&amp;#160; faire preuve d’un certain recul, d’un décalage, d’un écart vis à vis du monde “réel”, afin que son œuvre soit atemporelle ? Nos artistes socio-écolos-subventionnés seront bien vite dépassés par la marche du monde, dont Obaldia a dit qu’il aimerait en descendre, pour peu qu’on l’arrête un moment.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;C’est finalement ce que je reproche à cet art contemporain formaté qu’on veut me faire avaler de gré ou de force : il colle trop au monde tel qu’il avance, il est opportuniste, il lui est soumis. Il se nourrit de ce qu’il dénonce, en consommant le temps présent. Et c’est là, je l’avoue et je l’assume pleinement, dans ce détachement, dans cette distance, (mais non pas &lt;em&gt;désintérêt&lt;/em&gt;) vis à vis de cette réalité que j’ancre mes critères personnels essentiels de définition de l’œuvre d’art. C’est là, dans cette intemporalité, que je pose ma limite et ma condition artistiques. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;L’art est peut-être un arrêt du monde.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-4464893813554614822?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4464893813554614822'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4464893813554614822'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/07/artistes-et-problematiques-societales.html' title='Artistes et problématiques sociétales'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-4420189477335388909</id><published>2010-07-02T22:41:00.001+02:00</published><updated>2010-07-02T22:41:47.958+02:00</updated><title type='text'>Culturel, cultuel, à une lettre près</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Un petit village au bord de Loire, dont on dit communément que “beaucoup de peintres y habitent” : en réalité, il y a dans cette commune beaucoup plus d’agriculteurs que de peintres, et il y a beaucoup plus de gens qui font de la peinture que de peintres… Il y réside tout de même un artiste connu, qui fait la gloire du village, et s’empresser de nombreux courtisans. Ce qui n’enlève rien à la qualité et à l’intérêt de son œuvre, incontestablement très importante.    &lt;br /&gt;Le conseil municipal précédent s’était promis de rendre hommage d’une manière ou d’une autre à cet artiste qui fait beaucoup pour le rayonnement du village. Plusieurs idées avaient été émises, dont celle de la création de vitraux pour l’église, refusée à l’époque par l’Inspecteur des Monuments Historiques. Celui-ci a toutefois suggéré de “mettre en place une opération de mise en valeur&amp;#160; portant sur le porche d’entrée et la tribune qui le surmonte”. Le conseil récemment élu a pris la suite de la réflexion et a déposé un&amp;#160; permis de construire pour installer à cet endroit un &lt;em&gt;portail de la Paix&lt;/em&gt;, créé par l’artiste. (Au passage, il y a là pour moi un mystère : comment un homme aussi fin peut-il considérer que l’Eglise est la mieux placée pour recevoir en ses murs une œuvre sur ce thème, dont l’idée est selon ses propres termes de “dénoncer la guerre et la violence”, alors que cette même Eglise a été impliquée dans bon nombre de conflits des deux mille dernières années d’histoire, et responsable de la mort de quelques millions de personnes ? Mais après tout, l’artiste est par essence libre de sa création, de ses contradictions, et il n’y a pas d’art sans mystère…) &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ce portail sera donc édifié à l’intérieur de l’église. A l’entrée, mais bien à l’intérieur. Il sera par conséquent difficile, même si le maire et les conseillers s’en défendent, de ne pas l’associer à l’iconographie religieuse existante. L’artiste lui-même, dans un entretien récent, l’a nommé “retable”. Mais tout cela ne serait finalement pas bien grave si la municipalité n’avait pas prévu de consacrer 90000 euros à la réalisation de ce portail, allant me semble-t-il ainsi à l’encontre de la loi séparant l’Eglise de l’Etat, puisqu’il incombe &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; aux communes de ne financer que ce qui concerne l’entretien et la conservation des lieux de culte lui appartenant. Ici, on installe une œuvre d’art dans un lieu bien peu public, aucunement neutre en tous cas, qui oblige le visiteur à respirer l’air chrétien, qu’il le veuille ou non, alors que cette œuvre est en partie financée par le contribuable. A mon objection récente, le conseil municipal répond et “réaffirme qu’il s’agit d’une œuvre laïque”, sans connotation religieuse. Je veux bien le croire, mais la placer dans l’église lui confère immédiatement cette connotation qu’elle n’aurait pas eu dans un lieu véritablement public. Chacun devrait pouvoir aller l’apprécier dans un site parfaitement neutre, dont les heures d’ouvertures ou les visites ne seraient pas conditionnées par des offices religieux. Monsieur le Maire affirme, et confirme, que l’église est “ouverte à tous, sous la condition de respecter le silence pendant les offices célébrés”.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il aurait peut-être fallu poser le problème juridiquement, comme cela a été fait il y a quelques années par un certain M. X dans une bourgade proche, à propos du projet (finalement assez similaire à celui exposé plus haut) d’achat et&amp;#160; d’installation par la commune d’orgues dans une église n’en possédant pas. Procès perdu par la commune en premier jugement, puis en appel. On n’a pas pu faire n’importe quoi avec l’argent public, même sous couvert d’action culturelle.    &lt;br /&gt;Ici, dans le beau village au bord de Loire, fier de sa lumière et des artistes qu’elle attire, il est apparemment trop tard pour faire quelque chose. Le permis de construire a été déposé il y a plus d’un an, et ne peut plus être contesté.&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Mon regret, dans cette histoire, est de n’avoir pas réagi à temps, et surtout d’avoir contribué à l’élection d’une équipe à qui je pensais pouvoir confier parmi d’autres tâches celle de&amp;#160; préserver&amp;#160; quelques valeurs importantes, dont la laïcité. Si j’avais encore quelques illusions sur la portée d’un vote local, elles sont aujourd’hui évaporées.&amp;#160; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Mais pour nous consoler, nous avons dans le coin en ce moment une belle manifestation appelée “Art et Chapelles” (art et chapelles… une belle évidence) : sous le double couvert de valoriser le patrimoine&amp;#160; et de promouvoir l’art contemporain (vous avez dit “chapelle” ?), ce qui permet d’obtenir des aides, l’Eglise, au moyen de quelques fidèles associations,&amp;#160; fait sa réclame (mais on me dira que je suis de mauvaise foi, ce qui est certainement vrai). Certains artistes ne sont décidément pas regardants.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Cela va en tous cas dans le sens des vœux (pieux ?) du Maire du fameux petit village de Loire, qui espère que “les églises ne seront pas toujours affectées aux cultes, mais qu’elles deviendront à moyen terme des bâtiments culturels, la tendance étant déjà amorcée…” &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Grâce à quelques petits arrangements entre Eglise et Etat ?&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-4420189477335388909?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4420189477335388909'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4420189477335388909'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/07/culturel-cultuel-une-lettre-pres.html' title='Culturel, cultuel, à une lettre près'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-6466404542549229815</id><published>2010-06-23T15:32:00.001+02:00</published><updated>2010-06-23T15:32:07.955+02:00</updated><title type='text'>La coupe est pleine</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Je n’ai trouvé que cette solution : prendre des disques, des livres, et aller vivre à l’atelier le temps qu’il faudra, le temps que retombe le nuage de crétinisme sportif qui recouvre actuellement le monde. Tout le monde. Enfermé dans mes couleurs, dans mes projets, j’essaie de ne pas allumer de radio, ne pas ouvrir de journal. Je sais que cela va durer des semaines. Il me faut seulement peindre, m’isoler encore davantage.&amp;#160; Je vais de temps à autre au jardin fréquenter les oiseaux qui sont bien au dessus de ça.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Il me faut bien du courage et de la résignation pour accepter que la plupart des gens que j’estime soient contaminés à leur tour. J’espère qu’ils s’en tireront, que leur maladie n’est que passagère (je crains pourtant qu’elle ne soit chronique, et qu’elle s’aggrave à chaque récidive), qu’ils redescendront piteux et coupables, se rendant compte qu’ils ont participé à la déliquescence du cerveau humain, qui ne réfléchit plus normalement dès qu’il idolâtre ou qu’il se regroupe. Je souffre pour tous ces amis qui hurlent avec le troupeau, qui se jettent dans le précipice de la bêtise médiatique, qui ne savent plus prendre du recul. Je dois absolument me protéger de cette folie contagieuse, qui atteint chaque jour un peu plus d’êtres que j’estimais. Famille, amis, ou bien&amp;#160; artistes (peintres, écrivains, musiciens) que j’admire au travers de leur œuvre, pourquoi se fourvoient-ils de la sorte ?&amp;#160; (Que Bégaudeau ou Finkielkraut se fendent de commentaires intello-sportifs de bas étage ne m'étonne pas et ne m’inquiète pas, on est habitué, mais que d’autres plus estimables par ailleurs aient ne serait-ce qu’un avis à donner, bon, mauvais, critique, pas critique, sur un joueur, une équipe, un entraîneur, ou n’importe quel nuisible et inutile de ce genre me désespère tout à fait, car ils participent à l’héroïsation délétère de ces crétins, ils contribuent à la progression de l’aveuglement général).&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Signe sans doute le plus inquiétant de la profondeur de l’abrutissement : des femmes, nombreuses, sont atteintes également,&amp;#160; encouragent, admirent, s’emportent, supportent, crient avec la meute. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je pars à l’atelier, je n’en peux plus, je me coupe du monde.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-6466404542549229815?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6466404542549229815'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6466404542549229815'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/06/la-coupe-est-pleine.html' title='La coupe est pleine'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-847579240806394357</id><published>2010-06-20T21:36:00.003+02:00</published><updated>2010-06-20T21:42:04.096+02:00</updated><title type='text'>En apprenant, en enseignant</title><content type='html'>&lt;p&gt;Paroles choisies, entendues fréquemment dans l’atelier de la ville :&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;de l’élève&lt;span style="font-style: italic;"&gt;, &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style="font-weight: normal;"&gt;&lt;em&gt;considéré comme l’apprenant, mais qui enseigne plus souvent qu’à son tour :&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;saturé&lt;/em&gt; : je vais arrêter, il faut que j’attende que ça sèche.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;au modèle&lt;/em&gt; : c’est la pose, ça ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;pas rassuré&lt;/em&gt; : ça se gomme, la sanguine (le fusain, la pierre noire, etc.)?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;non coupable (1)&lt;/em&gt; : je n’y arrive pas, mon papier est trop petit.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;non coupable (2&lt;/em&gt;) : mon pinceau est trop gros.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;non coupable (3), se plaignant&lt;/em&gt; : c’est l’acrylique, ça sèche trop vite !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;du peintre&lt;span style="font-style: italic;"&gt;, &lt;/span&gt;&lt;em style="font-weight: normal;"&gt;considéré comme l’enseignant, mais qui en apprend  tous les jours :&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;content de lui&lt;/em&gt; : pourquoi les pinceaux ont-ils des longs manches ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Accusateur&lt;/em&gt; : as-tu pris du recul depuis le début ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Doctoral&lt;/em&gt;  : savez-vous par quoi on commence un dessin ? Par regarder.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Sérieux&lt;/em&gt; : avez-vous pris des mesures ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Perdu&lt;/em&gt; : je ne comprends pas que vous ne compreniez pas.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Ambigu&lt;/em&gt; : tu as fini ? Hum… oui, c’est un bon début.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Sûr de lui&lt;/em&gt; : non, je ne sais pas.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Mystérieux&lt;/em&gt; : c’est bien, très bien même, mais…&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l’élève :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;non coupable(4)&lt;/em&gt; : je n’ai pas assez de recul.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;non coupable (5)&lt;/em&gt; : je n’y arrive pas, l’huile, ça ne sèche pas assez vite !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;non coupable (6)&lt;/em&gt; : comment voulez-vous que je fasse, le modèle n’arrête pas de bouger !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Sur les nerfs&lt;/em&gt; : je ne peux pas faire les ombres tout de suite, je n’ai pas fini le dessin !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Buté &lt;/em&gt;: je ne peux pas faire les couleurs que je vois, je n’ai que les primaires.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Bien content&lt;/em&gt; : cette partie me plaît bien, je ne vais pas y toucher. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du peintre :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il y a quelque chose qui me chagrine.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Non coupable&lt;/em&gt; : si ça ne va pas, cela vient de vous, et uniquement de vous.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Pas rassurant&lt;/em&gt; : si vous êtes perdus, c’est que vous faites de la peinture.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Bien placé pour le dire&lt;/em&gt; : n’ayez pas peur, ça n’est que du papier.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Pour en savoir plus&lt;/em&gt; : quels sont vos peintres préférés ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;de l’élève :&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Exaspéré&lt;/em&gt; : mais je ne peux pas tout faire à la fois !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Mal à l’aise&lt;/em&gt; : le  sujet n’est pas tout à fait installé comme l’autre jour, je ne vais pas y arriver…&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Triomphant&lt;/em&gt; : ça y est, je crois que j’ai fini !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Déstabilisé&lt;/em&gt; : c’est bizarre, les couleurs ne se mélangent pas bien…&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Prudent&lt;/em&gt; : si je mets trop de peinture, je vais perdre mon dessin. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;du peintre :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Exaspéré (à l’intérieur) :&lt;/em&gt;  non, je ne crois pas que ce soit fini…&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;A bout de nerfs (mais ça ne se voit pas)&lt;/em&gt; : allez, on change de sujet !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Soupçonneux&lt;/em&gt; : vous avez fait ça d’après photo, non ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Puis assassin&lt;/em&gt; : c’est bien ce que je pensais.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;de l’ élève :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;De mauvaise foi&lt;/em&gt; : la lumière a changé, non ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Insistant&lt;/em&gt; : ça se gomme ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Non coupable&lt;/em&gt;: mais c’est le papier, il absorbe mal !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;(Variante&lt;/em&gt; : mais c’est le papier, il absorbe trop ! )&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Question/réponses :&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;le peintre&lt;/em&gt; : mais pourquoi voulez-vous effacer toutes les lignes de construction ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;L’élève &lt;/em&gt;: il y en a trop, je vais me perdre, dans toutes ces lignes ! &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le peintre&lt;/em&gt; : pourquoi effaces-tu le crayon sous ton aquarelle ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;L’élève&lt;/em&gt; : ben sinon, ça va pas être joli !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le peintre&lt;/em&gt; : quelle est la couleur de cette ombre ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;em&gt;l’élève&lt;/em&gt; : hmm… foncée&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;- Non, la couleur ! &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;- Ah! Grise &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;- Non, non !  La couleur, la teinte, quoi, le coloris !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;- Ah ! Oui, gris foncé.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-847579240806394357?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/847579240806394357'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/847579240806394357'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/06/en-apprenant-en-enseignant.html' title='En apprenant, en enseignant'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-9212049457703857864</id><published>2010-06-12T10:28:00.002+02:00</published><updated>2010-06-14T13:14:08.028+02:00</updated><title type='text'>Lucian Freud pour adultes</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Entendu lors de l’exposition de Lucian Freud à Beaubourg des visiteurs bien mis remarquer et regretter la présence d’enfants de six ou sept ans : “les parents devraient faire attention, on ne devrait pas montrer à des enfants si jeunes une vision de la vie aussi…. aussi…” Et là, panne de vocabulaire, car il fallait alors qualifier la peinture de Freud pour justifier la censure. Alors ? Obscène?  Monstrueuse ? Immorale ? Indécente ?&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;D’autres bien mis (par dessus) affirmaient que “ces gens-là” (sous-entendu méprisant : les modèles de Freud) existaient bien, mais que dans la vie, ils étaient habillés… Une révélation : certaines personnes n’ont pas de corps sous leurs vêtements. Ils n’ont pas de corps, ou un corps invisible, un corps interdit. Un corps à oublier. J’ai alors imaginé les corps nus des gens qui proféraient ces drôles d’idées. Et de tous les autres. Et me disais que d’une manière générale le pourcentage d’éventuels modèles de Freud était très élevé dans la population. Au moins d’un point de vue anatomique (en ce qui concerne &lt;em&gt;l’être&lt;/em&gt;, c’est bien autre chose).&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Quant à nos enfants, je crois vraiment qu’il vaut mieux les laisser regarder tous les matches de foot à la télé au lieu de les emmener dans de telles expositions, dans lesquelles on s’intéresse de bien trop près à l’individu : au moins le foot ça n’est pas vulgaire, ni obscène, ni immoral, ça donne une belle vision de la vie et on aura ainsi de bonnes chances d’en faire de parfaits crétins grégaires.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-9212049457703857864?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/9212049457703857864'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/9212049457703857864'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/06/lucian-freud-pour-adultes.html' title='Lucian Freud pour adultes'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-1034253611959075103</id><published>2010-06-02T09:06:00.003+02:00</published><updated>2010-06-04T16:31:54.661+02:00</updated><title type='text'>Le temps de l’art, c’est de l’argent</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Quand des économistes s’intéressent à la culture, j’arrête de rire, et je me crispe. J’ai lu dernièrement cet article (voir &lt;a href="http://eco.rue89.com/2010/05/28/visites-payees-a-la-minute-le-bon-plan-des-musees-et-du-public-152716"&gt;&lt;u&gt;&lt;strong&gt;ici&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;) évoquant  une étude de deux suisses qui proposent de nouvelles formules de tarifications d’entrées aux musées, basées sur le temps passé à l’intérieur : en résumé, moins on resterait, plus le prix baisserait, comme au parking. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Tout pour la rentabilité. Nous sommes bien dans une logique de fast-culture, de malculture : il faut décidément apprendre au public à ne pas s’attarder, à ne plus contempler, à ne pas se laisser faire par ses émotions, à ne pas se détendre. Il faut au contraire lui apprendre  à se goinfrer d’images, qu’il en consomme, qu’il en surconsomme, qu’il s’en étouffe en un temps record, et qu’il paye, qu’il dépense, et puis qu’il délaisse. Il aura très vite oublié les œuvres, mais il se rappellera longtemps de la bonne affaire qu’il aura réalisée.  Apprenons-lui à se mettre au rythme des bataillons de touristes qui traversent le Louvre en courant et qui ne regardent attentivement que le fanion de leur chef de meute. Apprenons-lui à regarder une œuvre en la frôlant, évitons qu’il la fixe droit dans les yeux. Soyons assez habiles pour qu’il ne soupçonne pas, surtout, que l’artiste, par son œuvre (travail), lui demande un effort en retour, et que la rencontre se fera au prix du temps de ces efforts partagés. Faisons en sorte qu’il consomme plus de produits, et plus vite, laissons-le croire qu’il aura vu de l’art, et surtout, surtout, qu’il réfléchisse  toujours moins. Nous aurons ainsi vulgarisé l’art, et l’aurons de plus rendu rentable. Nous pourrons être fiers, alors,  d’en avoir fini avec les&lt;em&gt; visiteurs&lt;/em&gt; et d’avoir ouvert la voie aux &lt;em&gt;clients. &lt;/em&gt;Nous pourrons nous réjouir d’avoir créé des regards vulgaires, indisponibles à l’émotion artistique, car encombrés d’arrière-pensées vénales. Nous pourrons nous vanter d’avoir totalement détourné la fonction des musées, qui n’étaient jusqu’alors que des lieux de conservation,  de préservation et de présentation du patrimoine artistique, à disposition du public. Il seront devenus des lieux de profits, avec une clientèle ciblée.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Récemment, le président de certains Français a magnifiquement donné l’exemple lors de l’inauguration du Centre Pompidou de Metz : d’une part son discours ne parlait pas d’art (à y réfléchir, cela vaut peut-être mieux…), mais d’économie, de politique ou d’infrastructures, et d’autre part sa visite de l’exposition “Chefs d’œuvre ?” a duré tout au plus une vingtaine de minutes. Pay as you go… Cela ne lui aura pas coûté trop cher.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-1034253611959075103?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1034253611959075103'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1034253611959075103'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/06/le-temps-de-lart-cest-de-largent.html' title='Le temps de l’art, c’est de l’argent'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-5805513421217973938</id><published>2010-05-28T14:14:00.005+02:00</published><updated>2010-05-28T14:20:52.809+02:00</updated><title type='text'>Des carnets de voyage, en veux-tu, en voilà</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Tenu de garder la chambre quelques jours, j’ai pensé que les programmes  télévisuels de l’après midi pourraient me changer les idées. Le hasard de la télécommande me propose (ne me demandez ni son titre ni la chaîne) une de  ces émissions  quotidiennes d’art de vivre (mode, beauté, loisir…) ou entre deux recettes de cuisine,  des chroniqueurs décérébrés font des exposés artificiels sur la dernière crème de jour, sur des livres en papier, ou sur le régime anti-cancer du moment. Ce jour-là, je prends au vol une conversation (le mot est très mal choisi) sur l’engouement actuel pour les carnets de voyage, et sur la facilité avec laquelle chacun peut en réaliser. On y donnait donc des recettes pour faire des très jolis carnets, en se référant de temps en temps à Delacroix ou Titouan Lamazou… Rien que ça. On y comprenait très vite (à condition d’avoir oublié son cerveau quelque part) que réaliser ce genre de carnet était somme toute à la portée de tous et qu’il suffisait seulement d’un peu de matériel pour y parvenir : des petits pinceaux, une petite boîte d’aquarelle ('”c’est très facile l’aquarelle, c’est ce qu’il y a de plus facile pour faire des carnets”), un peu d’eau, et en route.&lt;br /&gt;S’ensuivait un reportage dans un atelier qui proposait des stages où l’on apprend les &lt;em&gt;rudiments&lt;/em&gt; du carnet (il existe une expression d'initiés : “faire du carnet”). Il y aurait donc une technique propre au carnet de voyage, un savoir-faire du carnet. Le but est évidemment que cela &lt;em&gt;fasse&lt;/em&gt; carnet plutôt que cela soit un authentique recueil d’impressions personnelles. Il est de bon ton, pour cela,  d’y réaliser des dessins aquarellés accompagnés de quelques écritures griffonnées au crayon, censées évoquer un site, un souvenir, ou une anecdote. Et l’on entend de la part des intervenants des belles phrases comme : “l’aquarelle, c’est beaucoup plus simple que ça n’y paraît, c’est plus facile qu’on ne croit, voilà !” (&lt;em&gt;voilà&lt;/em&gt; est un mot qui revient en force dans le discours des gens qui manquent de vocabulaire, ou qui ont du mal à aller jusqu’au bout de leur pensée, il bouche les trous, il termine les phrases que l’on ne sait pas conclure, il fait même ponctuation) ou encore : “le dessin, c’est comme le vélo, on n’a pas un talent au départ, voilà, quoi”, et celle–ci : “en aquarelle, voilà, on peut mélanger à l’infini les couleurs, c’est extraordinaire”. Et comme pour  racheter  la vacuité de ses collègues,  un animateur avance : “mais il faut peut-être quand même prendre quelques p’tits cours”…&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Une autre suggère que l’on peut incorporer à son carnet tout ce qu’on veut, tickets de métro ou de musées, photos, herbes ou fleurs séchées, etc., on peut même écrire ses impressions, paraît-il! &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Il suffit juste de savoir ce que l’on &lt;em&gt;peut&lt;/em&gt;. L’école a appris à écrire ou à coller à chacun d’entre nous, mais pas nécessairement à dessiner ou à utiliser l’aquarelle. Un carnet est un lieu d’expression intime, qui nécessite de posséder profondément les moyens de cette expression, afin de prolonger naturellement et immédiatement  sa pensée ou  son observation.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Mais les responsables, en amont, de ces inepties ou idées reçues sur les carnets de voyage, ne seraient-ils pas certains auteurs de ces fameux carnets d’aujourd’hui ? Ceux qui, sans vergogne, ont copié les uns sur les autres, à tel point qu’il est difficile (impossible) d’y reconnaître leur personnalité propre, qu’ils soient de Loire, de Normandie, de Bretagne ou de Provence. Nous en sommes arrivés à des carnets identiques, formatés, innombrables, couverts des mêmes  dessins remplis de la même lavasse colorée, le tout agrémenté d’un texte artificiel qui fait semblant d’impression prise au vol. Sans compter que bon nombre de ces dessins, loin de la main levée,  ont été faits à la maison, d’après des photos prises sur place, parfois reproduites par procédé de rétroprojection. Certains angles de perspective ne trompent pas. Ce qui laisse croire à quelques naïfs que tout cela est bien facile.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Enfin, le tout est encouragé par les journaux dits techniques, qui titrent allègrement “l’art du carnet de voyage à la portée de tous”, ou “devenez carnettiste sans peine”. Oui, il s’agit bien d’une nouvelle catégorie d’artistes, un nouveau tiroir étiqueté (voir &lt;a href="http://laurent-noel.blogspot.com/2009/12/tiroirs-cases-et-etiquettes.html"&gt;article&lt;/a&gt;) dans lequel on peut fourrer n’importe quel colleur de ticket de musée qui trempe son pinceau dans l’aquarelle. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Voilà quoi.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-5805513421217973938?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5805513421217973938'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5805513421217973938'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/05/des-carnets-de-voyage-en-veux-tu-en.html' title='Des carnets de voyage, en veux-tu, en voilà'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-3746433744586033574</id><published>2010-04-24T11:11:00.001+02:00</published><updated>2010-04-24T11:11:40.435+02:00</updated><title type='text'>Subventions pour enjeux contemporains</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Aujourd’hui, le peintre travaille en sécurité et à son aise dans l’espace agrandi de son atelier.&amp;#160; Mais il est loin d’avoir oublié l’époque où mener plusieurs toiles de front l’obligeait à un exercice de rangement permanent qui dévorait son temps de peinture. L’époque où&amp;#160; la dangereuse exigüité&amp;#160; de son atelier, lorsqu'il souhaitait se consacrer à la gravure, lui imposait de prendre d’infinies précautions pour éviter des accidents avec les acides, au milieu d’un fatras qu’il tentait pourtant d’organiser à chaque instant. L’époque où engagé dans des nouvelles peintures aux formats importants, il ne disposait plus du recul nécessaire, sauf dans le jardin.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Un jour d’hiver, au bord de l’étouffement et du découragement, ayant eu une frayeur en allumant son vieux poêle au milieu des vapeurs de solvants, il décida qu’il agrandirait son atelier. Quelques temps plus tôt, il avait appris de la bouche d’un responsable de la Maison des artistes qu’il existait dans ce domaine une possibilité d’allocation, délivrée par la DRAC de chaque région. Fort de ces informations, le peintre dénicha les conditions et les formulaires. Entrant parfaitement dans les critères d’attributions de ces aides, il se lança dans la constitution d’un dossier : plans d’agrandissement, devis détaillés, projet de financement, raisons motivées de la demande, dossier artistique. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Pourquoi a-t-il eu dès le commencement cette sensation de doute quant au bien fondé de cette démarche ? Peut-être au vu des noms et surtout des travaux des artistes aidés les années précédentes… Peut-être sans illusion, connaissant bien la maigre considération pour la peinture qu’affichent la plupart des organismes officiels…&amp;#160; Après l’envoi, pensant que sa requête se devait d’être soutenue de vive voix, le peintre sollicita un entretien avec le fonctionnaire responsable de la DRAC, conseiller pour les arts plastiques. Il obtint laborieusement un rendez-vous,&amp;#160; au prix d’une grande insistance. Il fit une centaine de kilomètres pour s’y rendre, prenant le temps du voyage pour repasser sur les nombreux arguments complémentaires qui démontreraient la nécessité, afin que son travail puisse continuer,&amp;#160; d’agrandir et de sécuriser l’atelier. C’est lors de cet entretien qu’on lui fit comprendre, à mots à peine couverts, que sa demande ne passerait pas :&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;“Votre dossier est très complet, très bien monté. Les plans mettant en avant l’ergonomie et la sécurité sont très bons, mais je ne peux pas vous promettre que le jury retiendra votre demande. C’est sur le volet artistique qu’il risque de buter. En général, il attribue de préférence les aides à des artistes travaillant dans des disciplines &lt;em&gt;émergentes&lt;/em&gt;, la photographie, la vidéo, les installations, les arts utilisant les nouvelles technologies”.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;- Mais vous ne pensez pas que de temps en temps, un peintre pourrait aussi être aidé, si ses besoins sont réels ? Et puis rien de cela n’est dit clairement : ni dans les textes d’information, ni dans les critères décrits dans les formulaires on ne parle de préférences… On y parle des artistes en général…&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;- Je ne sais pas, vous savez, moi, je ne fais que vous informer sur ce qui risque de se passer, mais je ne peux préjuger de rien. De toute façon, votre dossier ira bien en commission, et nous vous tiendrons au courant.” &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="justify"&gt;La date de réunion de la commission était passée depuis plus de quinze jours, et le peintre n’avait reçu aucune nouvelle. Il prit son téléphone, eut enfin en ligne le fonctionnaire, non sans avoir buté plusieurs fois contre la barrière très efficace de son secrétariat-filtre, et obtint cette réponse :&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;“Oui, non, euh, non, votre dossier n’a finalement pas été retenu. C’est bien ce que j’avais pressenti. Votre peinture n’est pas sans valeur, mais la peinture en général fait partie des disciplines &lt;em&gt;historiques&lt;/em&gt;, non&amp;#160; pas des &lt;em&gt;émergentes&lt;/em&gt;, et votre travail&amp;#160; n’est de fait pas assez ancré dans les enjeux contemporains… Je regrette.”&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Le peintre eut ce jour-là&amp;#160; la confirmation officielle de ce dont il se doutait : dans le domaine des arts plastiques, les subventions, alimentées bien sûr par les contribuables, ne servent pas, comme on veut le faire croire, de soutien aux artistes dans leur diversité (individus, personnalités indépendantes aussi singulières que plurielles, travaillant dans des disciplines simplement adaptées à leur sensibilité et non aux courants dominants). Non, ces subventions sont utilisées pour financer la promotion d’une idéologie dont certains artistes, triés sur un volet tendancieux, ne sont que les vecteurs. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Le peintre, habitué à ne pas compter sur les autres, se remit à son dossier et recalcula son financement, en sachant qu’il lui faudrait&amp;#160; faire beaucoup de travaux par lui-même, et qu’il ne pourrait par conséquent pas peindre pendant presque une année. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Tout en se demandant en quoi, au fond, les enjeux de l’art contemporain se distinguent autant des enjeux de l’art tout court, il prit son courage à deux mains,&amp;#160; fit un emprunt à la banque, et alla déposer à la mairie sa demande de permis de construire.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-3746433744586033574?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3746433744586033574'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3746433744586033574'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/04/subventions-pour-enjeux-contemporains.html' title='Subventions pour enjeux contemporains'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-2290923956688243092</id><published>2010-04-10T10:17:00.003+02:00</published><updated>2010-04-10T10:20:21.269+02:00</updated><title type='text'>Idées courtes</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Mon dernier livre se terminait par quelques paroles brèves, glanées de-ci, ou bien de-là, dans mes carnets d’atelier. En voici d’autres, récoltées récemment :&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt;* &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;A trop se chercher, on risque de se trouver mal. &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Au dessus de la porte de l’atelier, écrit à l’encre, côté jardin, "Travailler, pas produire".&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;Le juste milieu n’est surtout pas au beau milieu.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Le comble, pour un dessinateur, serait d’être effacé.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;La peinture ne mourra jamais : on aura toujours besoin de parler à ceux qui sont partis.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Le fleuve recommence autrement. J’apprends cela de lui.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;   &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;Résister aux lieux communs :&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Bon nombre de peintres ont affirmé d’un air profond  “entrer en peinture comme on entre en religion”. &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Non, on ne peint pas par lâcheté.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;« Tiens-toi à carreaux ! », ai-je lancé l’autre jour à un faux-peintre.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p&gt;« Tu as pris des couleurs ! », me dit-elle.    &lt;br /&gt;Je venais de l’atelier. &lt;/p&gt;    &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p align="center"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;Ce gars s’écoute parler. Aujourd’hui, je ne vaux pas mieux, je me regarde peindre.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt; *&lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;Une toute petite table, une toute petite lampe, un tout petit pinceau, un tout petit papier, cela m’est égal, si j’ai une grande solitude.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;Ni produire, ni reproduire. Peindre.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;Début d’une lettre à un galeriste : « Monsieur, j’ai ici quelques toiles qui ne demandent qu’à sortir de l’atelier ».&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Depuis quelques temps, la Loire coule des jours heureux. Décidément, j ’ai tout à apprendre du fleuve.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Enseigner ce que l’on pratique et pratiquer ce que l’on enseigne ? Ni l’autre.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Je vais au jardin récolter quelques idées.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Le tableau, c’est le souvenir de la peinture.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;A l’atelier : lorsque je ne comprends plus ce que je fais, alors je comprends qu’il y a peinture.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Chaque matin, l’encre de Chine, de but en blanc.&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;La couleur est grisante.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="center"&gt;*&lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Qui a dit que les peintres n’avaient pas les pieds sur terre ? &lt;/p&gt;    &lt;p align="justify"&gt;Je travaille au sol des grandes peintures chargées d’ocres.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;blockquote style="margin-right: 0px;" dir="ltr"&gt;   &lt;p align="justify"&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-2290923956688243092?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/2290923956688243092'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/2290923956688243092'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/04/idees-courtes.html' title='Idées courtes'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-3590178791288164386</id><published>2010-04-02T12:51:00.002+02:00</published><updated>2011-05-21T21:33:08.857+02:00</updated><title type='text'>Harouel, ou la (très) grande falsification</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Peut-on souhaiter la mort d’un livre ? &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Le pilon, et le plus vite possible, c’est tout ce que je souhaite à “la grande falsification” de Jean-Louis Harouel. Un tel tissu de contre-vérités historiques (de l’art) et de positions autant primaires qu’extrémistes  ne mérite pas mieux, à mes yeux. &lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Pourtant, j’apprécie en général les essais, analyses, pamphlets, charges, traitant de l’art contemporain, non pas pour entretenir une méfiance  et une prudence vis à vis de ce qui se crée aujourd’hui, mais pour garder recul et discernement devant les courants, modes, idéologies, et impostures qui se mêlent à la foisonnante et passionnante création d’aujourd'hui. En découvrant un nouveau livre sur le sujet sur la table d’un libraire, je me suis pris à le feuilleter. Et fus frappé d’étonnement, puis de colère, puis de rage  en y découvrant un acharnement délirant contre tout ce qui dans l’art d’aujourd’hui n’est pas non seulement de la peinture, mais aussi de la peinture réalisée (je cite) “à l’ancienne”, dans “le respect des traditions”. En résumé, la thèse de ce triste sire consiste à affirmer que l’invention de la photographie a été un désastre pour les peintres qui, ne pouvant plus réaliser de portraits ou des paysages de la même qualité descriptive que les photographes, ont dû, pour la plupart, renoncer à leur art. Ceux qui ne l’ont pas fait se sont mis, pour rebondir, à peindre, selon JLH, n’importe comment et n’importe quoi. Le premier peintre dégommé par cet incohérent est Manet, qui a (pauvre homme) perdu la troisième dimension tellement indispensable à la figuration.  Suivent les impressionnistes, puis Cézanne, Gauguin, et tous les autres. Picasso évidemment est  épinglé (“désastre artistique de son œuvre surabondante”, rien que ça…) ainsi que Kandinsky, Ernst, et j’en passe. Ceux qui trouvent grâce à ses yeux sont ceux qui poursuivent l’œuvre de peinture réaliste, fidèle à la tradition, en respectant “l’exactitude des lieux, des êtres et des choses” (même lorsqu’il s’agit de scènes ou de paysages imaginés). A condition tout de même que cette exactitude reflète la beauté de la réalité. Sinon, à l’index ! Lucian Freud avec son “entreprise négative” par exemple, est abject, hideux, monstrueux, etc. Le plus tordu est l’amalgame que l’indélicat crée sournoisement en insérant régulièrement dans son petit tour de l’histoire de l’art récent une énumération des pires dérives artistiques de l’art contemporain, “Merda d’Artista” de Manzoni ou les fumisteries dispendieuses de Koons par exemple.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je n’ai pas acheté ce livre, je me serais reproché d’avoir donné le moindre centime à ce personnage. J’ai attendu de le trouver dans une bibliothèque pour le lire attentivement. Cela n’a pas été bon pour ma santé : énervement, coups de colère, accès de violence rentrée… Je me suis demandé s’il fallait en parler ici, sans risquer de lui faire une publicité qu’il ne mérite pas. Mon seuil de tolérance est atteint. Mais j’ai considéré que de telles positions montrent bien le manichéisme des positions générales sur l’art contemporain,  que les amalgames simplistes qui en découlent sont dangereux et qu’il serait bon de clarifier quelques points : par exemple, le sinistre auteur dénonce quelque part dans ses éructations malsaines la main-mise de l’art officiel institutionnalisé sur les lieux d’art, et sur certains artistes, cela au détriment de bien d’autres qui n’arrivent pas à se montrer. Il a raison, &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt;, mais pour lui, ces pauvres artistes délaissés et méprisés par les institutions sont uniquement et &lt;em&gt;exclusivement&lt;/em&gt; ceux qu’il aimerait voir glorifiés, ceux-là mêmes qui font  un art passéiste, traditionnaliste, quasi intégriste, nourri de   lieux communs, de clichés, de bons sentiments régionalistes ou nationalistes, une peinture dégoulinante de niaiserie religieuse ou historique, de supposées grandes valeurs que je ne partage pas.   Dans la forme, j’exprime souvent ce fait avéré : les institutions font des choix artistiques tendancieux, discutables, discriminatoires, sous prétexte d’avant-gardisme et d’”émergence”.  Mais dire cela ne me rapproche pas pour autant de ce personnage infréquentable et ne fait pas de moi un réactionnaire extrémiste.   Notre fâcheux est resté coincé, (c’en est atterrant) à David et aux “pompiers” qui ont suivi, il encourage ceux qui continuent à sévir, et il est finalement  aussi tendancieux que ceux qu’il dénonce. Je pensais qu’un agrégé de droit (mais apparemment désagrégé en histoire de l’art) et diplômé de Sciences Po (c’est sur la 4è de couverture) était suffisamment intelligent pour comprendre et admettre que la naissance de la photographie a été au contraire un formidable tremplin à la liberté de la peinture et des artistes, qui pouvaient enfin se débarrasser des codes traditionnels de représentation, pour faire parler leur propre raison, et leur véritable sensibilité. Qu’ils pouvaient désormais  ne  plus mettre leur art au service d’une cause, ou d’une pensée collective, mais bien à celui de leur humanité individuelle. C’est sans doute cela que le malsain appelle la &lt;em&gt;décadence&lt;/em&gt; de l’art. Il ne supporte pas l’importance prise pas la personnalité des artistes. Leur indépendance d’esprit, finalement. Monsieur ne se prive pas aujourd’hui de faire conférence sur conférence à propos de cette décadence, dans des milieux aussi peu recommandables que le Club de l’horloge ou Radio-Courtoisie… Son livre a même reçu le prix Renaissance, qui est bien autre chose qu’un gage de qualité littéraire, me semble-t-il…&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Discuter de tout, mais pas avec tout le monde : resté sans voix en lisant le chapitre sur les régimes totalitaires qui seraient “responsables” de l’expansion de l’art moderne aux Etats-Unis, le raccourci illégitime qui fait de la peinture le seul art digne de ce nom, ou la conclusion abrupte et obtuse, je ne veux pas entrer dans une contre-argumentation de toutes les stupidités énoncées. Inutile, et vain. Me vient plutôt, pour revenir au postulat introduisant le livre, une phrase de Brassaï :&lt;/p&gt;  &lt;blockquote&gt;   &lt;p align="justify"&gt;“La photographie, c'est la conscience  même de la peinture. Elle lui rappelle sans cesse ce qu'elle ne doit pas faire. Que la peinture prenne donc ses responsabilités.”&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Je vais de ce pas rendre (vomir) ce livre  à la bibliothèque, en espérant qu’il se perdra à jamais dans les rayonnages.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-3590178791288164386?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3590178791288164386'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/3590178791288164386'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/04/harouel-ou-la-tres-grande-falsification.html' title='Harouel, ou la (très) grande falsification'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-8193542906856914918</id><published>2010-03-22T18:19:00.001+01:00</published><updated>2010-03-22T18:19:14.163+01:00</updated><title type='text'>Beaux-arts et beaux discours</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;On le sait, les propos sur l’art peuvent prendre des formes diverses, dérangeantes, énervantes, enrichissantes, ridicules, difficiles, stupides, profondes, spirituelles, décalées, hermétiques, drôles, etc. J’ai retrouvé l’autre jour dans mes paperasses un “code universel du discours sur l’art” que je livre ici (je ne connais malheureusement pas l’origine de ce délectable amusement) accompagné de son mode d'emploi :&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;Commencez par la première case de la première colonne, puis choisissez n'importe quelle case de la colonne 2, puis 3, puis 4. Revenez ensuite à n'importe quelle case de la colonne 1 et continuez ainsi de colonne en colonne. Si vous êtes particulièrement résistant, vous pourrez ainsi tenir une conférence pendant quarante heures.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" width="406"&gt;&lt;tbody&gt;     &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p align="center"&gt;&lt;font size="1"&gt;1&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p align="center"&gt;&lt;font size="1"&gt;2&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p align="center"&gt;&lt;font size="1"&gt;3&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p align="center"&gt;&lt;font size="1"&gt;4&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;Notre pratique du monde de l'art nous a enseigné que&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;la réalisation des limites du procédé&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;nous oblige a l'analyse&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;des conditions financières et institutionnelles existantes&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;ainsi&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;le nouveau modèle opératoire des professionnels de la critique&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;garantit non seulement la réification mais encore la stagnation&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;de la crise d'audience de l'art actuel&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;d'autre part&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;la complexité et les lieux des études des acteurs de l'art&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;accomplit un rôle essentiel dans la formation&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;d'une uniformisation des pratiques et des modes de perception&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;il n'est pas indispensable d'épiloguer sur l'état du marché, car&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;l'augmentation constante de quantité et d'étendue de la production artistique&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;précipite la définition et la résolution&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;des lignes esthétiques de l'avenir&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;cependant n'oublions pas que&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;la structure actuelle du marché de l'art&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;aide à l'élaboration et à la reconnaissance&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;des attitudes spéculatives des collectionneurs&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;l'expérimentation quotidienne de l'étroitesse du milieu prouve que&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;l'inflation constante des propositions plastiques&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;comble des manques significatifs dans renonciation&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;des enjeux socio-politiques de l'art&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;de même&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;la mise en abîme du motif, le poids des radicalités tardives&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;permet davantage la création&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;d'un contexte de compromis adapté aux besoins&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;les expériences hasardeuses et diverses,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;la multiplication des espaces d'exposition&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;présente un essai intéressant de vérification&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;des conditions de lisibilité de l'œuvre&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;le souci de l'apparition médiatique mais surtout&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;la consultation incessante des nombreux intervenants&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;entrave l'appréciation de la pertinence&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;des motivations affectives, reconnues ou supposées&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;      &lt;tr&gt;       &lt;td valign="top" width="99"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;la réaction à un conceptualisme dans l'impasse, mais aussi&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="96"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;la nature même des rapports entre artistes et galeristes&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="105"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;entraîne le procès d'invalidation et de désappropriation&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;        &lt;td valign="top" width="104"&gt;         &lt;p&gt;&lt;font size="1"&gt;de toute forme d'humour&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;       &lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;   &lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;  &lt;p align="justify"&gt;L'idée m'est alors venue d'aller vérifier si nous étions dans la caricature. Je n'ai pas cherché bien longtemps pour trouver ces quelques phrases très sérieuses dans des sites d'artistes ou d'institutions. Elles ont été évidemment sorties d'un contexte, mais celui-ci est finalement bien souvent du même tonneau :&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;&amp;quot; ...Par une autonomisation du cadrage, [l'artiste] exploite le caractère artificiel de ces lieux génériques reconstitués, en surjouant l’élément fictif et en prolongeant ses ressorts fantasmatiques. A travers une esthétique du streaming et de l’ersatz, [son travail] participe d’une immersion généralisée dans un « ailleurs » reformulé par l’artiste. En explorant la notion de représentation et de ses différentes dimensions réflexives, en provoquant le trouble, [l'artiste] questionne le medium photographique en tant qu’instance de vérité.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;...Le ton non-conformiste de son travail s’ancre dans une démarche critique contre-culturelle. La dimension utopique qu’il recouvre, l’attrait de l’artiste pour les technologies et le DIY (Do It Yourself) révèle un refus de normalisation et un désir de sonder les idéologies sous-jacentes. Les pièces elles-mêmes jouent sur un répertoire éloigné des standards esthétiques de la post-modernité.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;...Ses interjections organisent une forme d'activisme pragmatique nouant des liens fragiles entre la sensibilité individuelle et les stéréotypes de réalité générés par les structures sociales et politiques dominantes.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;...[l'artiste] puise notamment dans un vocabulaire scénique pour la mise en œuvre de dispositifs et d’artefacts, et à l’inverse, dans des représentations plastiques, qu’il fait réinjecter dans un contexte théâtral. A la croisée entre plusieurs champs artistiques, la pratique de [l'artiste] se situe dans une lisière qui lui permet d’interroger les processus de fabrication de ce spectaculaire.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Mon travail porte sur la représentation sculpturale d’un souvenir ou d’une perception mentale d’un espace ou d’un objet. Je souhaite établir une sorte de concurrence entre l’objet réel et une tentative de matérialisation d’une perception personnelle associée à celui-ci.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Ces textes, censés apporter un éclairage et des clés à l'œuvre, ne mériteraient-ils pas eux-mêmes un éclairage et des clés?...&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;Mais sans doute ce magma discursif cherche-t-il à provoquer un questionnement spéculatif du regardeur sur sa propre perception de l'œuvre, en ménageant pour cela un espace verbalisé et descriptif indispensable à une approche cognitive du dispositif.&lt;/p&gt;  &lt;p align="justify"&gt;C'est évident.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-8193542906856914918?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8193542906856914918'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8193542906856914918'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/03/beaux-arts-et-beaux-discours.html' title='Beaux-arts et beaux discours'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-7824378473520026939</id><published>2010-03-08T19:26:00.006+01:00</published><updated>2010-03-08T21:13:50.303+01:00</updated><title type='text'>Dis, Monsieur, c'est quoi un portrait ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En promenade dans l'Internet, je découvre un peintre (?) du Maine et Loire qui nous offre cette réponse improbable dans une «interview» figurant sur son site, datée de 2008 :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;   « En Moldavie, vous avez réalisé le portrait du président Vladimir Voronine et en France, celui de Cécilia S. &lt;/span&gt;(1)&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. Pourquoi ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;         —J’ai fait aussi le portrait de plusieurs personnalités de la télé, actuellement je peins Patrick Balkany, puis viendront ceux de Jean Reno, Laura Flessel et aussi José Luis Duran, président du groupe Promodès.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;J’aime peindre ceux qui font le monde. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai pensé d’abord à une blague, ou à un deuxième ou même troisième degré. En parcourant le site, il faut se rendre à l’évidence… C’est très sérieux, la plupart des autres textes qui y figurent en sont la preuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les gens dont parle notre ami font vraiment le monde, il va me falloir en trouver un autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et s'il pense parler de portrait, je crois qu'il se trompe lourdement sur sa définition. Ses manifestes copies de photographies figées et empesées de vagues collages froissés et faussement usés, sans doute là pour "faire" contemporain, ne trompent pas un instant sur la marchandise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que l'on confond ici &lt;span style="font-style: italic;"&gt;représentation d'une tête&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;portrait&lt;/span&gt;. Notre grand peintre, qui affirme sans rire renouveler l'art du portrait (il y a vraiment des artistes (?) qui ne doutent de rien, et lui dans son genre est assez savoureux) aligne une galerie de bobines piquées dans le monde de la parade, de la télévision-esbroufe, de la politique-cirque, monde dans lequel il semble se complaire. On le voit photographié en présence de "célébrités" (par exemple une chanteuse oubliée ayant en son temps commis la pire des soupes musicommerciales).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je finirai par croire que les officiels de l'art contemporain ont raison. Si ce genre d'artiste (?) représente la peinture, alors celle-ci est bien morte...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons au portrait. Félibien disait à son époque que le peintre doit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"joindre ensemble plusieurs évènements arrivés en divers temps"&lt;/span&gt;. Il n'y a pas eu de progrès dans ce domaine, c'est toujours le cas, et c'est bien, en ce qui concerne le portrait, ce qui en fait la profondeur et la richesse. Il ne s'agit pas de représenter une image ou une expression ponctuelle et instantanée de son modèle, ce qui est plutôt le rôle (et l'art) de la photographie, mais bien de réunir &lt;span style="font-style: italic;"&gt;plusieurs moments&lt;/span&gt; de son modèle, au sein de la même œuvre. Le temps de la photographie n'est pas le même que le temps de la peinture, chacun de ces temps, par ailleurs, étant fort respectable. Mais quand un peintre (?) recopie&lt;span style="font-style: italic;"&gt; servilement&lt;/span&gt; une photographie avec de la peinture, il fait un mélange des deux temps parfaitement incompatible. Il ne parvient finalement qu'à desservir les deux médiums. Il assassine la photographie et massacre la peinture. D'ailleurs, imaginerait-on l'inverse  ? Un artiste photographe prendre un cliché d'une peinture, et présenter celui-ci comme une œuvre d'art...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'attends donc avec impatience l'exposition consacrée  à Lucian Freud, qui s'ouvre ces jours-ci à Beaubourg, et que mon cher ami (faux) peintre devrait aller goûter. Nous y verrons là, sans aucun doute, des véritables portraits, et surtout, surtout, de la véritable peinture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Il y a des noms que j’ai du mal à prononcer ou écrire… L’interviewer, lui, n’hésite pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-7824378473520026939?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7824378473520026939'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7824378473520026939'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/03/dis-monsieur-cest-quoi-un-portrait.html' title='Dis, Monsieur, c&apos;est quoi un portrait ?'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-5949100370109438433</id><published>2010-02-16T19:10:00.009+01:00</published><updated>2011-11-06T09:37:04.156+01:00</updated><title type='text'>L'amateur (2) : celui qui aime</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;(suite de l'article du 15/02/2010)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...si l'on parle des ventes...&lt;br /&gt;La question pour l'amateur-pratiquant  est de savoir s'il souhaite à plus ou moins long terme, ou à un moment précis de son parcours personnel, faire de son art sa vie, ou non. Oui ?  Alors il devrait, je crois, se conformer aux quelques règles simples attachées à cette profession. Car on fait bien &lt;span style="font-style: italic;"&gt;profession&lt;/span&gt; d'artiste. Règles imposées par l'administration — car foin des règles de l'art, elles n'existent heureusement pas...— comme n'importe quel citoyen : par exemple s'acquitter des cotisations sociales obligatoires en cas de dépassement d'un certain seuil de bénéfices, ou simplement se faire identifier auprès des organismes habilités dès le premier euro perçu. Car enfin il faudrait savoir ! On voudrait faire l'artiste, exposer au milieu des autres, avoir son nom d'artiste parmi les autres, organiser des vernissages parce que l'on produit et vend ses créations personnelles, et on éviterait la partie cachée, non avouable, de l'activité, ses tracas administratifs, comptables, prosaïques... Mais à quel titre, s'il vous plaît ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si un amateur a des visées professionnelles (et pourquoi n'en aurait-il pas ? Les salons sont d'excellents tremplins),  cela  devrait être signalé au public, pourquoi pas par le prix de vente affiché ou disponible, et l'on serait ainsi au courant de son projet, on saurait qu'il est en train de faire le pas, de prendre une décision personnelle importante, et on irait sans doute creuser un peu plus son travail, on se demanderait ce qui le pousse, on chercherait à déceler dans ses œuvres l'implication, l'investissement personnels.&lt;br /&gt;Si au contraire il est un amateur d'agrément, et entend le rester, pourquoi afficher un prix de vente ? Me fera-t-on croire qu'il prendra la peine d'aller remplir des paperasses pour être à jour de ses éventuelles obligations ou cotisations, s'il vend deux ou trois toiles dans l'année ? Là est le dysfonctionnement entretenu par bon nombre d'organisateurs de salons, qui en tant que diffuseurs ont, je crois, certaines responsabilités. Ne serait-ce que celle d'informer les exposants... ignorants. Mais cette attitude d'évitement (volontaire?) atteint malheureusement aussi les organisateurs d'expositions occasionnels (associations, municipalités, etc.) qui devraient, s'ils sont à l'origine de ventes, remplir également quelques paperasses, et régler quelques cotisations...&lt;br /&gt;Connaître les textes et les fonctionnements de la vie administrative de l'artiste ? L'ennui est bien que bon nombre d'exposants amateurs qui font de l'art un passe-temps (ou pire,  certains plus reconnus) continuent de les ignorer délibérément. Font les étonnés quand on leur parle de cotisation, de sécurité sociale, ou de caisse de retraite. Mais sait-on que les artistes tombent malades, s'accidentent, se soignent, rechutent, vieillissent ? Comment croit-on que cela fonctionne ? Sait-on le mal que fait la pratique amateur commerciale sauvage auprès des artistes dont la vie quotidienne est assez incertaine ? Les dégâts que provoque cette confusion générale ? La concurrence est déloyale parce que certains s'exonèrent (de leur propre chef !) de nombreuses charges qu'ils seraient en situation de supporter.&lt;br /&gt;Mais on va me prendre là pour un donneur de leçons, et me soupçonner de mépriser l'amateur. Alors que c'est exactement le contraire : il est une pratique d'amateur foncièrement authentique et estimable qui consiste à prendre plaisir à découvrir ce monde illimité de l'art en tentant de le pratiquer pour soi. De le comprendre par l'intérieur. De s'ouvrir à l'art en mettant les mains dedans. Cet amateur qui de temps en temps montre timidement une toile ou une gravure ou une de ses sculptures dans une exposition locale, parce que, comme n'importe quel artiste, il a besoin du recul offert par le regard des autres. Cet amateur qui n'attend rien d'autre de cette exposition que des avis extérieurs ou des rencontres et confrontations avec autrui,  et pourquoi pas avec des artistes, qui l'aideront dans ses recherches personnelles. Celui qui ne mettra pas sa toile en vente, parce qu'il a compris que son enrichissement ne sera pas là. C'est cette pratique-là que j'encourage (je ne fais rien d'autre dans mon atelier de la ville), que je défends, tout en déplorant absolument la pratique commerciale des amateurs (à la fois cupide et méprisante pour tous ces artistes professionnels ou en devenir qui misent leur vie entière sur leur art).&lt;br /&gt;Pour l'amateur, c'est cette pratique à la fois désintéressée, curieuse et attentive à la condition de l'artiste qui ouvrira l'esprit, c'est elle qui permet de partir à la découverte de soi et des autres, qui permet de faire naître une certaine empathie envers les artistes, qui aide enfin à comprendre un peu mieux d'où viennent les œuvres finies, à imaginer tout ce qui a pu se passer avant que le peintre n'arrive à la surface de sa toile. C'est bien la pratique amateur vraie, exigeante, non pas basée sur la méprisable culture du résultat et de l'immédiateté, mais bien sur l'effort, les difficultés, les satisfactions et les joies naissant des moment vécus &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pendant&lt;/span&gt; le voyage créatif (et non pas de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;destination&lt;/span&gt;) qui, en formant  l'esprit critique, sera un moyen de résister à l'abrutissement pseudo-culturel ambiant. Celui qui laisse penser que cette pléthore d'amateurs très sûrs d'eux, aux ambitions déplacées, qui paradent dans ces innombrables expositions est signe d'enrichissement de la vie artistique. C'est tout le contraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-5949100370109438433?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5949100370109438433'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5949100370109438433'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/02/lamateur-2-celui-qui-aime.html' title='L&apos;amateur (2) : celui qui aime'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-161834744639111782</id><published>2010-02-15T22:23:00.005+01:00</published><updated>2011-11-05T11:14:18.714+01:00</updated><title type='text'>L'amateur (1) : purement et simplement</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt; L'artiste amateur pratique son art à ses &lt;span style="font-style: italic;"&gt;moments perdus&lt;/span&gt;. Pour l'artiste (tout court), les moments perdus sont au contraire ceux pendant lesquels il ne travaille pas son art.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Entre "l'amateur-spectateur-éclairé" (celui qui visite les expositions, lit journaux, catalogues  et écrits sur l'art, se tient au courant de l'évolution de l'art, qui acquiert parfois une œuvre  sur un coup de cœur), "l'amateur-collectionneur" (comme son nom l'indique, celui qui achète des œuvres en quantité non négligeable, et qui se présente sous deux formes principales : le &lt;span style="display: block;" id="formatbar_Buttons"&gt;&lt;/span&gt;collectionneur amoureux de l'art, ou le collectionneur amoureux de l'argent),  et "l'amateur-pratiquant" (celui qui peint, dessine, sculpte, ou grave, etc. pendant ses loisirs, à ses moments perdus, donc), il est bien évident que l'identité individuelle de l'amateur peut être (est souvent) issue d'un mélange de diverses parts de ces catégories ou comportements, qui par ailleurs peuvent évoluer : un amateur-spectateur peut devenir collectionneur, ou pratiquant...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;C'est cette dernière catégorie qui retient ici mon attention. Les fonctionnements, les manières de vivre avec son art, pour un amateur, sont sujets à grandes confusions : pour le public, entre la pratique amateur, semi-amateur (semi-professionnelle ?), ou professionnelle. Comment un visiteur des expositions de groupe (individuelles, aussi) peut-il s'y retrouver dans ce mélange incroyable de lieux communs et d'inventions, de plagiats éhontés et de filiations naturelles, et dans des niveaux de prix difficilement compréhensibles ? Confusion aussi pour certains amateurs qui ne savent pas où se situer ni comment mener leurs éventuels projets de professionnalisation, confusion enfin, et surtout irritation pour les artistes professionnels qui acceptent mal ce qui leur semble être une concurrence déloyale, quand ils constatent les disparités, les inégalités de charges et d'obligations pesant sur eux et sur les amateurs...&lt;br /&gt;Ces réflexions me sont venues au fil de nombreuses conversations et échanges animés autour des salons, des pratiques amateurs, des revendications des artistes professionnels, et il m'a paru nécessaire de clarifier ma position à ce propos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour essayer de s'y retrouver je propose de séparer la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pratique&lt;/span&gt; de l'art de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;monstration&lt;/span&gt; de son art. Ce sont deux temps aussi distincts qu'indissociables, et ceci n'a rien à voir avec l'amateurisme. C'est un fait pour tous les créateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parlons pratique : un sportif amateur ne transpire-t-il pas ? Pourquoi l'artiste amateur éviterait-il les efforts et les difficultés nécessaires à la création ? Sous prétexte de loisir, faudrait-il passer sur les inévitables découragements, souffrances parfois, et ne pratiquer son art que "pour le plaisir", en appliquant quelques recettes toutes prêtes à donner des images faciles et superficielles ?  (Je ne le crois pas, et pour ma part, je tente, en enseignant, de transmettre autant les joies et les satisfactions de la création que ses énormes difficultés, tâtonnements, impasses, obstacles, piétinements, etc.).  Il n'y a aucune raison pour que l'amateur ignore ce qu'est véritablement le travail artistique, il ne faut pas lui mentir. C'est finalement une question d'honnêteté. Et le véritable amateur sera celui qui aura compris cela, accepté cela. Pourquoi n'aurait-on pas dans ses loisirs la même exigence que dans le reste de sa vie ? Alors, assez de ces faux artistes qui ont pour seule ambition de fabriquer sans effort une œuvre qu'on aura déjà certainement vue quelques milliers de fois, et d'aussitôt vouloir l'exposer parce que, quand on a fait une peinture sur toile, qu'une gravure est sortie de la presse, ou qu'une terre est cuite, ça y est, on est artiste et il est temps d'aller se faire mousser. Tant de (faux) peintres font plus d'efforts pour exposer que pour peindre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'amateur, et c'est bien normal, cherche quelquefois à exposer. Souvent, même, si l'on en juge par le nombre de salons leur  permettant un accrochage. Il y a une réelle demande. Rien de répréhensible, aucune raison de le blâmer, cet acte est indispensable dans le travail : comment savoir, sinon, si l'image passe la barrière d'un autre regard ? Il faut confier l'œuvre aux autres, pour en savoir plus, pour en savoir autrement.  Mais il faudrait aussi avoir l'esprit d'autocritique assez affuté pour estimer que montrer est envisageable...&lt;br /&gt;Il est en tous cas très important que des lieux d'exposition accueillant les amateurs existent.&lt;br /&gt;Je n'ai donc rien &lt;span style="font-style: italic;"&gt;a priori&lt;/span&gt; contre les salons, au contraire. Ils ont une fonction d'utilité publique et reconnue :  ils permettent à des amateurs, purs, et simples, de montrer leur travail, ils proposent à des amateurs plus chevronnés de tenter une présentation un peu plus ambitieuse, et de se confronter à des artistes plus professionnels, enfin, pourquoi pas, à des professionnels d'exposer sans grands risques. Mais ils permettent aussi malheureusement à des amateurs moins purs et moins simples de flatter un ego construit sur bien peu, des amateurs moins "aimants", qui trouvent là essentiellement un moyen de profit.&lt;br /&gt;Les salons ont aussi l'avantage, en mélangeant tout et tout le monde, de montrer que, en termes de qualité des œuvres, certains amateurs n'ont rien à envier à des professionnels, ou qu'au contraire certains professionnels devraient s'inquiéter de la petite forme de leur talent. Mais n'y aurait-il pas un retour de bâton à ce mélange étrange ? A part l'amateur (pur, et simple) qui s'y retrouvera à coup sûr, puisqu'il bénéficiera de la vitrine de l'exposition et du voisinage d'artistes plus connus, la confusion ne sera-t-elle pas préjudiciable pour les autres ? Et le problème se complique si l'on parle des ventes...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(publication de la 2ème partie demain)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-161834744639111782?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/161834744639111782'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/161834744639111782'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/02/lamateur-1-purement-et-simplement.html' title='L&apos;amateur (1) : purement et simplement'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-1947290232574781380</id><published>2010-02-05T23:25:00.005+01:00</published><updated>2010-02-26T16:38:32.085+01:00</updated><title type='text'>Promotion monumentale</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Pas vu l'exposition de Boltanski au Grand Palais. Pas besoin, on m'a tout raconté : tout a été dit et montré dans les médias, on a eu tous les détails, Boltanski prépare son l'installation, Boltanski installe son installation, Boltanski dirige les opérations  (les anciens étudiants des Beaux-Arts, aux ordres, disposent les centaines de vêtements au sol, le maître vient en personne en arranger deux ou trois, création &lt;span style="font-style: italic;"&gt;in situ&lt;/span&gt;). On sait tout sur le poids des fripes (en tonnes), sur la hauteur de la pyramide et de la grue (en mètres), sur la surface des allées et des carrés d'habits étalés, sur le nombre de dents de la pince de la grue, sur la couleur des dents de la pince de la grue...  On sait  l'intensité de la lumière ambiante, le nombre des néons, la hauteur à laquelle ils sont disposés. On connaît la température qu'il  y fera.  On nous a expliqué le dispositif, le mécanisme, et on nous a bien indiqué la marche à suivre au cas où on irait visiter l'exposition. On sait par avance ce que l'on verra, ce que l'on devra comprendre, on nous prévient de ce que l'on ressentira. On sait enfin ce que l'on entendra (une bande son aidera les plus  insensibles d'entre nous à verser une larme). A l'appui : photos, reportages, documentaires, entretiens avec l'artiste... Nous sommes dans la promotion telle que je la vomis. Tous les médias se sont prêtés (vendus ?) à  ce racolage.&lt;br /&gt;Pas eu envie de participer à cette démesure, d'être comptabilisé dans le flot des visiteurs, d'être mêlé à tous ces chiffres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ai-je eu l'impression, en recevant toutes ces informations, d'une disproportion entre les moyens (au fait, il nous manque un chiffre : le coût de l'évènement) impressionnants (pour impressionner ?) et le propos annoncé ? Pourquoi, en lisant dans  les entretiens de Boltanski  ce qu'il évoque de son enfance "bizarre", qui serait en partie responsable, à la source, de son travail actuel, pourquoi ai-je aussitôt pensé à Fred Deux ? Il y a des associations d'idées qui mènent à des oppositions... Pourquoi n'ai-je pu m'empêcher de faire le rapprochement entre la présentation outrancièrement spectaculaire du Grand Palais, à l'appréciation pré-imposée par tant de médiatisation, et le travail solitaire, en creux, en douce, en profondeur, discret et entêté, riche et renouvelé, de Deux, qui parvient, avec (seulement, simplement) quelques crayons, quelques papiers, et tellement de sincères déchirements  personnels (mais comment peut-on chiffrer cela ?), à évoquer, sans aucune complaisance,  un monde inquiet, angoissé, rongé. Un monde qui  nous renvoie aux plus enfouies de nos inquiétudes. Un monde poétique et silencieusement violent qui, à le lire (c'est aussi un bel écrivain, cf. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Continuum"&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Terre mère"&lt;/span&gt;), est né, lui aussi, d'une enfance "bizarre"...&lt;br /&gt;La monumentalité chez lui est bien dans le fourmillement , le grouillement de son dessin, dans l'honnêteté et dans l'intégrité. On est bien loin des lieux communs ("l'homme est éphémère, menacé, etc.") lus et vus un peu partout dans le tapage fait autour de Boltanski, où l'on confond monumentalité et démesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien décidé, donc, à continuer de me méfier des manifestations artistiques surmédiatisées, mais en me gardant de les éviter par principe. On se souvient de la très importante couverture médiatique de la récente (actuelle) rétrospective de Soulages : on n'y a pourtant jamais lu ou vu une description aussi clinique du contenu de l'exposition telle que celle assénée avec Boltanski aujourd'hui. De plus, la plupart des articles étaient critiques, pas complaisants, et nous laissaient à notre propre découverte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien décidé surtout à continuer de lire les entrefilets des journaux. C'est là que j'y avais déniché, il y a quelques mois, l'annonce d'une exposition de Fred Deux et de Cécile Reims, à la Halle Saint Pierre.  M'y étais précipité. En suis revenu retourné. Aurais voulu y retourner. N'en suis pas revenu.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-1947290232574781380?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1947290232574781380'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1947290232574781380'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/02/promotion-monumentale.html' title='Promotion monumentale'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-4036220797745684487</id><published>2010-01-27T10:50:00.002+01:00</published><updated>2010-01-27T11:13:18.229+01:00</updated><title type='text'>Situation critique</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le rôle de la critique consisterait moins à donner un avis subjectif sur les œuvres qu’à fournir un prétexte à réagir, à stimuler chacun pour qu’il émettre son propre avis :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Je crois sincèrement que la meilleure critique est celle qui est amusante et poétique ; non pas celle-ci, froide et algébrique, qui, sous prétexte de tout expliquer, n'a ni haine ni amour, et se dépouille volontairement de toute espèce de tempérament [...] Pour être juste, c'est-à-dire pour avoir sa raison d'être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c'est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d'horizons. "&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;Baudelaire, Ecrits sur l’art&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;On se plaint qu’en art (personnellement, en tous cas, je m’en plains), il n’existe quasiment plus de possibilité d’émettre une critique (négative, s’entend) sans être pris pour un déséquilibré ou un prétentieux. Il faudrait sagement s’en tenir à une description, appliquer un principe d’objectivité contre nature, ne pas dire ce que l’on pense, au fond. Au mieux, on se risque à avancer, timidement, précautionneusement, que l’on n’aime pas trop, mais on se reproche aussitôt d’avoir osé le dire tout haut, avouant précipitamment "mais je n’y connais rien" pour se dédouaner,  et exprimer finalement que cet avis n’est pas assez avisé pour être pris en compte.&lt;br /&gt;Mais d’où vient cette culpabilité larvée qui amène doucement, mais sûrement, à une dangereuse autocensure ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’artiste ou l’institution qui craint la (mauvaise) critique préfère, pour la prévenir, imposer d’emblée en amont ses propres commentaires descriptifs, et fait ainsi bien comprendre que ceux qui n’aimeront pas, ou qui se permettront un jugement négatif ou simplement réservé sont des ignorants, des béotiens, qui n’auraient par conséquent pas dû dire leur mot. N'ayant pas la compétence, ils n’ont pas l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;autorisation&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;(Commentaires par ailleurs bien souvent ronflants, artificiels, convenus, creux, alambiqués ou abscons, mais habiles, il faut le reconnaître.)&lt;br /&gt;Tout cela glisse dangereusement sur la pente de l’abêtissement, du gommage de l’esprit, de l’empêchement de l’analyse personnelle, qui pourtant s’alimente du savoir et/ou du sensible que chacun d’entre nous  possède au moment où il reçoit l’œuvre (et ceci quels que soient les acquis culturels ou sociaux).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après les premiers mois de son existence, j’en arrive à établir un premier bilan de ce blog, qui me fait réfléchir un peu plus à cette notion de critique. Il ne s’agit pas seulement de la critique installée, professionnelle. Il s’agit également de l’avis critique, de l’esprit critique individuel. Ce qui passe aujourd’hui trop souvent pour du mauvais esprit.&lt;br /&gt;Ce blog avance des idées personnelles, des vues que personne ne m’a imposées, ce qui suscite, c’est tout naturel, des réactions de lecteurs. J’y prends des positions qui sont celles-ci aujourd’hui, mais qui pourront être autres demain, puisqu’elles sont faites de ma culture ou de mon inculture, de mes savoirs ou de ma méconnaissance, et surtout, surtout, de ma sensibilité et de mon individualité, autant de matériaux en constante évolution, à condition bien sûr qu’il soient nourris et entretenus.&lt;br /&gt;Tout cela mélangé fait que nous avons tous, la plupart du temps, un avis sur les choses qui nous traversent. D’autant que les choses de l’art font très souvent appel au sentiment. Pourquoi, alors, ne pourrait-on pas porter un jugement, non pas dans le sens de décision, de condamnation, bien sûr, mais bien d’opinion ? Et pourquoi certains, non contents d’avoir une opinion sur une œuvre, ne l’exprimeraient-ils pas ? Pourquoi faudrait-il laisser cela enfoui ? L’artiste qui se montre, qui s’expose (quel lieu commun !) ne cherche-t-il pas, ce faisant, au fond, à recueillir des avis sur son travail ? Il faut du recul à l’artiste, il lui est indispensable de lever le doute sur la manière dont ses œuvres seront perçues. L’exposition, par les réactions qu’elle suscite, est en soi une manière de recul. Finalement, ce blog est comme un recueil de ce que j’aimerais quelquefois écrire dans les livres d’or à la sortie des expositions. Mais je possède un tel esprit d’escalier… Il me faut un peu de temps pour digérer, puis formuler. Je suis incapable de l’immédiateté dont font preuve beaucoup de gens qui se répandent dans ce genre de cahiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, j’écris &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tout bien pesé&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et à la question "mais pour qui se prend-il ?", je répondrais : un citoyen comme tous les autres, qui n’a pas envie de tout gober, et qui prend la parole de temps en temps pour partager cette simple tentative de « résistance » à l’abrutissement galopant.&lt;br /&gt;Un citoyen qui espère en retour apprendre à recevoir, accepter et utiliser la critique pour avancer dans son propre travail.&lt;br /&gt;Vivre et évoluer dans l’art pendant des années (trente…), au delà de la  légitimité, explique sans doute en partie une sensibilité viscérale et épidermique envers tout ce qui touche, ce qui frôle ce domaine.&lt;br /&gt;Les premiers articles ont  très vite provoqué toutes sortes de réactions : rejet, énervement, affinités, encouragements, défense, contre-arguments, et les lecteurs, d’après ce que j’ai  pu recueillir, ont bien un avis sur les choses. Pour être très honnête, j’ai adoré recevoir des remarques agacées mais argumentées d’artistes que j’ai pu égratigner. Certaines m’ont permis de creuser mes réflexions. La critique de la critique (etc.) est bonne à prendre. J’ai eu droit à quelques messages plus violents, aussi : on m’a qualifié de malade et conseillé d’aller me faire soigner. Ce genre de réaction imbécile et fort compréhensible m’a conforté dans mon choix de ne pas permettre les commentaires immédiats. Je ne cherche pas nécessairement à discuter, mais plutôt à faire discuter. C’est toute ma prétention.&lt;br /&gt;Par ailleurs, aurais-je été sujet à une forme de censure ? J’ai adressé (par deux fois), en tant que commentaire, au blog de la Bibliothèque universitaire d’Angers, l’article d’octobre intitulé &lt;a href="http://laurent-noel.blogspot.com/2009/10/les-envahisseurs.html"&gt;"les envahisseurs".&lt;/a&gt; Ce billet n’a jamais été publié, alors que ce site propose lui, de réagir en ligne…&lt;br /&gt;Dois-je en parler sans faire l’autosatisfait ?  J’ai reçu des encouragements, on a relevé l’"l’humanité" (quel magnifique compliment) de ce modeste travail d’écriture, même en n’étant pas forcément d’accord avec ce que j’y exprime. On m’a dit aussi que c’était courageux. Mais non, c’est simplement normal, ça n’est vraiment pas grand-chose. Ce qui n’est pas normal, c’est de se taire quand on aimerait dire… Et j’aimerais tant que davantage de gens osent exprimer, tant bien que mal, ce qu’ils ressentent lorsqu’ils sont aux prises avec l’art. Spectateurs, acteurs, amateurs…&lt;br /&gt;Si mes bavardages, perdus dans l’océan des bavardages, permettaient quelques réflexions, quelques interrogations, quelques prises de positions, prises de becs, envie d'en savoir plus, ouvertures, débats, discussions, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;conversations&lt;/span&gt;, alors ils seraient comme un îlot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin si un(e) lecteur (trice), un jour, sent que j’entre inconsidérément dans le moule de la pensée plate et sans saveur, qu’il (elle) m’apostrophe aussitôt et me remette dans le droit chemin de la réflexion personnelle, individuelle, critique, que chacun d’entre nous, me semble-t-il, doit (devrait) cultiver. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-4036220797745684487?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4036220797745684487'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4036220797745684487'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/01/situation-critique.html' title='Situation critique'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-2470283797615149445</id><published>2010-01-15T10:21:00.011+01:00</published><updated>2010-01-15T13:47:37.578+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rodin Lévénez  Angers Musée Beaux-Arts Laurent Noël'/><title type='text'>Rodin et Lévénez, mal mariés</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans notre ville d’Angers, le Musée des Beaux-Arts propose une exposition intitulée " Rodin, la fabrique du portrait" présentée au printemps dernier au Musée Rodin de Paris. Le lecteur  de Francis Ponge que je suis n’a pu, évidemment, s’empêcher de rapprocher ce titre de la "Fabrique du pré" — texte décrivant la "méthode créative" de l’écriture —  et n’a pas résisté à l'envie de découvrir cet ensemble.  Sujet riche : découvrir les dessous du travail, les études, l’ébauche, les supports, les procédés, les tentatives, les recommencements. On y apprend par exemple que certains portraits, Baudelaire, par exemple, ont été exécutés à l’aide (entre autres documents) de photographies, ou, étonnamment, de sosies (je me suis dit que j’aurais très mal vécu cet emploi de modèle-sosie, cette annulation d’une personne et son transfert sur une autre — une sorte d’assassinat, avec une manière assez particulière de se débarrasser du corps). Un bien bel ensemble de pièces est montré là. Je regrette pourtant de n’avoir pas vu davantage de dessins d’étude, quand on sait l’importance qu’ils prennent chez Rodin dans cette fameuse &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fabrique&lt;/span&gt; de l’œuvre. On y découvre quelques curiosités, des peintures sur toiles, en particulier, (dont un autoportrait), à l’évidence peintures d’un sculpteur préoccupé par la lumière et l’ombre, et moins par la couleur. Et je suis tombé en arrêt devant une œuvre intitulée "Convalescence ", un portrait de Camille Claudel, dont l’expression est aussi impressionnante qu’indéfinissable : une sorte de retour craintif au monde, avec les deux mains en avant du visage (fragile protection ou manière de revenir prudemment vers les autres ?), mains féminines marquées des peines du travail de la sculptrice. Cette tête émerge  partiellement d’un bloc de marbre par ailleurs laissé brut, ce qui crée un suspens magnifique, une interruption, une ouverture permettant toutes les suppositions.  Tout est juste dans cette pièce. J’ai gagné mon chef d’œuvre de la journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j’ai eu aussi mon coup de colère : la politique du musée (comme tellement de lieux d’art aujourd’hui) est de glisser dans des expositions des artistes contemporains. L’air de rien, comme ça, en sifflotant d’un air détaché, en inventant un rapport artificiel pour justifier cette intrusion. Ici, Isabelle Lévénez, dont les œuvres sont littéralement imposées au visiteur qui venait voir Rodin (vous me direz, ceux qui venaient voir Isabelle Lévénez ont été obligés de voir Rodin). Car il y a eu dès la campagne promotionnelle de cette exposition une entourloupe : deux affiches ont été éditées, pour une seule exposition. Une pour Rodin, une pour Lévénez.&lt;br /&gt;Ces affiches occupaient donc deux emplacements dans les vitrines, lieux publics, etc. (au passage, cela a du rendre encore plus difficile à cette période l’affichage indépendant, l’affichage officiel monopolisant tous les espaces) On aurait donc pu croire à des expositions distinctes. Et bien non. Les vidéos passées en boucle se sont infiltrées, incrustées dans l'univers de Rodin. Un critique et des commissaires inspirés ont pondu quelques textes, à l’entrée et dans le catalogue, pour expliquer les rapports étroits entre les deux artistes.&lt;br /&gt;Dans ces textes, les clichés et le vocabulaire habituels : son travail « interroge le corps » ou bien "interroge notre rapport à l’autre", le "questionne", aussi,  l’artiste aime à manier "contraires et ambiguïtés" (vous connaissez un autre manière de faire de l’art ?),  "chaque partie du corps peut signifier l’individu", voilà une belle porte ouverte enfoncée. On y parle encore de "dialectique", etc. Tout cela est évidemment tiré par les cheveux, cherche désespérément  un rapport improbable qui relierait le sculpteur et la plasticienne, et ne sert finalement qu’à imposer un fois de plus l’art contemporain au public qui ne vient pas nécessairement le chercher là. Et comme il se doit, l’artiste invitée au musée des Beaux-arts est une enseignante … aux Beaux-Arts.&lt;br /&gt;Outre la vacuité des vidéos présentées, dont la bande son répétitive (une suite de six notes…) pollue le calme de la salle, on ne nous épargne pas : suite de l’exposition au Cabinet d’arts graphiques où je m’attendais à quelques études supplémentaires de Rodin, qui me manquaient dans la grande salle. On y trouve uniquement des dessins de notre artiste invitée. Ils sont effectivement accommodés à la sauce contemporaine, et je ne m’étendrai pas dessus. J’avancerai tout de même qu’ils me semblent finalement totalement hors sujet (le portrait) puisqu’ils expriment le contraire de la recherche de l’individualité, de la singularité d’un être. De là, j’ai du mal à admettre que l’artiste "poursuive la leçon de Rodin" comme on veut nous le faire croire dans le journal d’exposition.&lt;br /&gt;Même si Olivier Céna, dans la dernière livraison de Télérama, tente laborieusement de trouver des références dans l’histoire (très contemporaine..) de l’art pour essayer de justifier cette exposition, je reste sur l’idée que cette "association" est quelque peu malhonnête. Le critique (chroniqueur, pardon) a l’aplomb d’avancer que les vidéos ne "pâtissent pas" de la présence des sculptures de Rodin !!!  Curieux de ne s’être pas posé la question dans l’autre sens.&lt;br /&gt;Mais qu’on ne se méprenne pas : je ne reproche pas à Isabelle Lévénez son travail, même si je ne parviens pas à l’apprécier. Je reproche aux commissaires de l’avoir associée à Rodin, et surtout de l’imposer au public de cette manière autoritaire. Pourquoi ne pas lui avoir consacré une exposition particulière dans une autre salle du musée et de là, proposer  aux visiteurs la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;possibilité&lt;/span&gt; d'une comparaison ? Craignait-on un flop ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien qu’il soit un peu tard, je propose un autre titre à cette exposition, pour une affiche unique : "Isabelle Lévénez et Auguste Rodin : le vide et le plein."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-2470283797615149445?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/2470283797615149445'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/2470283797615149445'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/01/rodin-et-levenez-mal-maries.html' title='Rodin et Lévénez, mal mariés'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-5058265557379626758</id><published>2010-01-10T16:07:00.006+01:00</published><updated>2010-01-15T13:58:42.922+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écrits d&apos;artistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='essais sur l&apos;art'/><title type='text'>Notes de lecture</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les artistes sont-ils les mieux placés pour parler de l’art ?&lt;br /&gt;J’aimerais partager ici quelques livres qui ont été et me restent importants, qui apportent (peut-être) quelques éléments de réponse, à cette question et à bien d’autres, tout en ouvrant de nouvelles interrogations. Certains m’accompagnent depuis bien longtemps, de ces livres qui rejoignent rarement la bibliothèque, se déplacent de la maison à l’atelier, d’une pièce à l’autre. Des livres à propos de peinture, pour la plupart écrits d'artistes, qui savent de quoi ils parlent. Des textes qui pour moi illustrent l’intemporalité de certaines conceptions artistiques, ni vieillottes, ni d’avant-garde, simplement quotidiennement contemporaines, depuis toujours, et désormais. Les mots d’artistes qui semblent démontrer que l’idée de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;progrès&lt;/span&gt; en art est une imposture, que la question n’est pas là. Que la rivalité (ou l’opposition) entre abstraction et figuration est inutile, déplacée, sans fondement, que la question n’est sans doute pas là non plus. Des écrits qui s’adressent à tous, artistes ou non, ce qui s’y dit pouvant si souvent s’étendre et concerner d’autres domaines...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi eux, ouvrages fondateurs, livres qu'on ne termine jamais parce qu'on y revient toujours, "Le traité de la peinture" de Léonard de Vinci (Berger-Levrault), et  "La peinture" d’Alberti (Seuil), dont la plupart des idées ne sont aujourd’hui absolument pas datées.  Le "Journal" de Delacroix (Plon), qui est à mon sens une somme des questions (toujours très actuelles) relatives à la condition de l’artiste au travail, en recherche, qui doute, à la fois totalement indépendant et si attentif à son époque, témoin conscient des changements qui s’opèrent ou se préparent. "Le temps de la peinture" de Jean Bazaine (Champs, Flammarion), simple, modeste, et tellement profond, les "Ecrits sur l’art" de Matisse (Ed. Hermann), un des plus marqués et soulignés de ma bibliothèque, les "Propos sur la peinture du Moine Citrouille-Amère" de Shi Tao (Hermann), les "Propos sur l’art" de Picasso (Gallimard), une sorte de compilation de réflexions,  les "Lettres à Théo" de Vincent Van Gogh (Imaginaire Gallimard), qu’on ne présente plus, mais les a-t-on lues ?  Tous ces livres dépassent le particulier — pas toujours intentionnellement, d’ailleurs — pour s’intéresser à des questions tellement plus larges…&lt;br /&gt;D’autre livres, moins universels peut-être, mais pas moins passionnants dans les évocations de la condition et du travail de l’artiste :&lt;br /&gt;"La réalité de l’artiste" de Rothko (Champs, Flammarion)&lt;br /&gt;"Le monologue du peintre" de Charbonnier (Ed. de la Villette), série d’entretiens radiophoniques avec plusieurs artistes du 20è siècle,&lt;br /&gt;"L’atelier contemporain" de Francis Ponge (Gallimard), un cas particulier, puisque le poète évoque ses amis artistes,&lt;br /&gt;"Le jour et la nuit" de Braque (Gallimard),&lt;br /&gt;"Contre-courant" (Stock) et "la quête de la réalité" (Gonthier),  d’Edouard Pignon&lt;br /&gt;"Vie des formes" de Henry Faucillon (PUF), texte suivi d’un magnifique "Eloge de la main",&lt;br /&gt;"Vide et plein" de François Cheng (Points essais)&lt;br /&gt;"L’œuvre picturale et les fonctions de l’apparence" de René Passeron, texte d’analyse très fouillé,&lt;br /&gt;"Entretien avec Pierre Soulages" de Charles Juliet (l’Echoppe)&lt;br /&gt;"Le traité du paysage et de la figure" de André Lhote (Grasset &amp;amp; Fasquelle), au titre un peu daté mais au contenu toujours actuel si l’on parle de la composition. Un peintre enseignant qui à son époque ne mâchait pas ses mots…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ajoute à ma sélection des essais ou recueils de réflexions personnelles de certains artistes, autant écrivains que peintres. Ces textes sont pour moi des gourmandises littéraires : "Lettre suit" d’Alechinsky chez Gallimard (et tellement d’autres de ce grand discret, "Remarques marginales", par exemple), "La leçon du miroir" de Titus Carmel (l’Echoppe), "Connivences secrètes" ou "L’objet, le dessin et le reste"  de Louis Pons  (chez Fata Morgana, l’éditeur des grands discrets). J’y ajouterai les livres de Cueco, "Dialogue avec mon jardinier" (Seuil), bien sûr, mais surtout "Le journal d’une pomme de terre" (Stock), et "La petite peinture" (Cercle d’art).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus resserrés encore sur leurs personnalités, mais aidant sans conteste à comprendre l’œuvre et l’artiste, les entretiens de Bacon avec Michel Archambault (Gallimard, Folio), le "Journal d’un génie" de Dali (l’Imaginaire, Gallimard)  "la pratique de la peinture" de Tapiès (Folio).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ces livres de paroles d’artistes, au bout du compte, rapprochent les créateurs, posent les authentiques questionnements de l’art, et les offrent à notre réflexion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains auteurs — critiques, philosophes, chercheurs, historiens— ont écrit sans être artistes (à la connaissance du lecteur, en tous cas) des livres importants sur l’art : Claude Roy ("L’amour de la peinture", Gallimard, Folio essai), Claude Levi-Strauss ("Regarder, écouter, lire" chez Plon), Daniel Arasse ("On n’y voit rien" chez Gallimard Folio, et d’autres), Pierre Cabanne ("le siècle de Picasso", une palpitante histoire de l’art du 20è siècle au travers de la vie de Picasso).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi pas quelques essais sur l’art qui eux n’ont pas vocation à réconcilier les artistes, mais plutôt à porter des points de vue critiques, qui bousculent la pensée unique ambiante, essais dont j’avoue me délecter assez souvent.&lt;br /&gt;"Misère de l’art" de Jean-Philippe Domecq (Calmann Levy, ou Pocket)&lt;br /&gt;" Les mirages de l’art contemporain" de Christine Sourgins (Table Ronde)&lt;br /&gt;Pour apporter une réflexion croisée, je citerais aussi quelques ouvrages contradictoires ou complémentaires, "La querelle de l’art contemporain" de Marc Jimenez (Folio essais), "L'art à l’état gazeux" d’Yves Michaux, chez Hachette (dont au final je n’ai pas réussi à savoir ce qu’il pensait vraiment). Pour y comprendre quelque chose dans la jungle contemporaine, les ouvrages de Jean-Luc Chalumeau sont également d’utiles références.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un ouvrage technique que les artistes d’avant-garde me reprocheront de lire et de conseiller, puisqu’il aborde une discipline réputée « historique », morte (comme il y a des langues mortes), et par conséquent sans intérêt aujourd’hui : "La technique de la peinture à l’huile" de Xavier de Langlais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il y en a tant d’autres qu’il faudra sans doute un nouvel article.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’attends maintenant que l’on me conseille d’autres ouvrages, textes, paroles d’artistes ou à propos d’artistes, pour m’aider à rassasier ma faim de découvrir, d’apprendre, de comprendre, et de transmettre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-5058265557379626758?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5058265557379626758'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5058265557379626758'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2010/01/notes-de-lecture.html' title='Notes de lecture'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-5869391512184049294</id><published>2009-12-21T21:23:00.002+01:00</published><updated>2009-12-21T21:27:23.175+01:00</updated><title type='text'>Peintre de cour</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Il n’était plus un artiste dans la région qui n’avait rencontré ou visité le vieil homme et son atelier, qui n’avait pas supposément travaillé avec lui, ou collaboré à une de ses expositions ou un de ses projets, ou qui ne l’avait pas accueilli à son vernissage. Par voie de conséquence, il n’était plus un artiste dans la région qui ne tenait pas à faire savoir à un large entourage qu’un peintre de renom international s’intéressait à lui. Le vieil homme, pour sa part, distribuait habilement les recommandations ou les attentions aux jeunes artistes, se faisait une place de maître, de patriarche et de référence, sachant parfaitement entretenir et développer sa réputation.&lt;br /&gt;Il goûtait apparemment cette situation. Il gardait en permanence, sous son propos affable et séducteur, une sorte d’arrière-pensée à la fois entendue et détachée sur tous ces flagorneurs. Mais il les laissait venir, faire et dire : il aimait finalement les courbettes et les gesticulations de ces courtisans empressés. Chaque visiteur repartait satisfait de chez le vieux  peintre, avec une anecdote ou un bon mot à répandre. Ainsi, il s’agissait d’un troc mondain dont l’enjeu était la notoriété : l’un nourrissait une renommée déjà établie en facilitant les abords de son personnage, l’autre pensait établir la sienne en se flattant ouvertement d’avoir été aussi intime avec ce grand artiste, ne fut-ce qu’un quart d’heure.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-5869391512184049294?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5869391512184049294'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5869391512184049294'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/12/peintre-de-cour.html' title='Peintre de cour'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-5672598721268980223</id><published>2009-12-13T11:01:00.006+01:00</published><updated>2009-12-13T11:21:59.264+01:00</updated><title type='text'>Tiroirs, cases et étiquettes</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;En quête perpétuelle de repères, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;regardeur&lt;/span&gt; des œuvres d’art a besoin non seulement d’y reconnaître des formes familières, mais aussi d’effectuer un classement par lequel chaque artiste devra trouver une place confortable, dûment répertorié dans les tiroirs de la pensée.&lt;br /&gt;Sans étiquetage possible, pas de reconnaissance, et sans étiquette, pas de reconnaissance possible.&lt;br /&gt;D’où le lieu commun déjà évoqué dans un précédent &lt;a href="http://laurent-noel.blogspot.com/2009/11/lart-du-lieu-commun.html"&gt;article&lt;/a&gt; : « ah, vous êtes peintre ? Et vous faites quoi comme peinture ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien entendu, à chacun ses cases personnelles, organisées à sa convenance par disciplines (les graveurs, les peintres, les sculpteurs, les plasticiens, etc.), puis à l’intérieur de chaque discipline, par techniques, et/ou par styles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Côté technique, on a vu naître dans la peinture, il n’y a pas si longtemps, des tiroirs très spécifiques : les aquarellistes et les pastellistes. Voilà qui ne manque pas de m’interroger. Sauf allergie particulière constatée par son médecin traitant, cette spécialisation technique me paraît suspecte. Les peintres ne sont–ils pas seulement peintres, en utilisant indifféremment toutes les techniques ? Ils devraient, tels que je les imagine, savoir faire flèche de tout bois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apartés :&lt;br /&gt;  S’il y a des aquarellistes, alors que suis-je ? Un encreur ? Doublé d’un huileux émulsionné ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;      S’ils ne sont qu’aquarellistes, alors ils ne se mouillent pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;          Les pastellistes, à force de fixatif, ne bougent plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne confondrait-on pas métier d’art et art tout court ? Le regardeur, plutôt que d’admirer la magnifique technique de tel(le) ou tel(le), ne devrait-il pas se demander si l’œuvre qu’il a sous les yeux est une véritable œuvre d’art, profonde, personnelle, sensée ? Il existe aujourd’hui des groupes, quasiment communautaires, avec leurs expositions, mises à l’honneurs, cooptations et récompenses distribuées en vase clos, relayées dans leurs propres publications (ça y est, il existe depuis peu un magazine de l’aquarelle…).&lt;br /&gt;Je m’attends à une prochaine exposition du « club-des-aquarellistes-qui-travaillent-l’abstrait-dans-le-mouillé » Je crois que j’irai la visiter, cela me permettra un énervement supplémentaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus sérieusement, je me demande si ces spécialisations ne cachent pas un important défaut d’idées. On noie le non-sujet dans une sauce technique. On cache le non-sens derrière une apparente virtuosité. On masque enfin les lacunes graphiques (le dessin est aussi mal en point que l’orthographe) dans une lourde poussière colorée ou dans des effets de matières vendus prêts à l’emploi dans tous les rayons consacrés aux loisirs créatifs (tous ces médiums d’effet !), ou encore dans des inondations de jus d’aquarelle fusant n’importe comment dans la fibre des papiers absorbants détrempés (il suffit alors d’annoncer que le résultat n’est pas aléatoire, mais « sensible »). Et pourquoi tout ça ? Pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;faire&lt;/span&gt; l’artiste, sans doute.&lt;br /&gt;Je préfère mille fois une œuvre maladroite et chargée d’émotion, de mise en danger, d’équilibre instable et de sincérité, à un travail techniquement irréprochable, mais sans véritable sujet ou implication, dans laquelle la seule expression serait celle du papier ou du médium employé.&lt;br /&gt;La société des pastellistes (de France, s’il vous plaît) quant à elle,  commet des expositions un peu partout, transportant son académie poussiéreuse (colorée, mais poussiéreuse) de région en région. On y a la curieuse impression que presque tous les artistes y font la même chose… un peu comme se ressemblent beaucoup d’aquarellistes de « l’école du mouillé »…&lt;br /&gt;À force de technique, on empêche le style.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Style qui, lui aussi, permet bien des classements (par ailleurs souvent utilisés à contresens ou inopportunément):&lt;br /&gt;Figuratif ou abstrait ?&lt;br /&gt;Académique, classique ou moderne ?&lt;br /&gt;Plus spécialisé : brut, naïf, expressionniste ou néo-réaliste ?&lt;br /&gt;Autrement spécialisé : symboliste, surréaliste, fractal ou cinétique ? Etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce sujet, un critique d’art a mis au point une édifiante «approche de classification pour une taxinomie visuelle générale de la création artistique (sic)». Mise à part la discutable commercialisation de ce travail — destiné selon l’auteur à ce que les artistes, moyennant finances, soient présents et visibles sur l'Internet, mais aux retombées annoncées parfaitement invérifiables — il faut reconnaître la valeur de cette entreprise, qui a le mérite d’énumérer un certain nombre de critères et de références importants dans la lecture et dans l’appréciation d’une œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernièrement, un nouveau tiroir a été remis en service, en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tendance&lt;/span&gt;, pourrait-on dire : les «artistes singuliers». Dubuffet lui-même avait conscience du pléonasme. L’artiste digne de ce nom n’est-il pas par nature singulier ? Or, cette classification désigne aujourd’hui un genre assez bien défini, descendant plus ou moins directement de l’art brut.&lt;br /&gt;Les singuliers ne le sont donc plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En matière de classification, le fin du fin serait bien d’être répertorié, et cela est un joli paradoxe, parmi les inclassables. Non pas à cause de l’hétérogénéité d’un travail, qui  au contraire multiplierait les références, mais bien par son unité originale, profonde, qui ne correspondrait pas aux étiquettes existantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-5672598721268980223?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5672598721268980223'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5672598721268980223'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/12/tiroirs-cases-et-etiquettes.html' title='Tiroirs, cases et étiquettes'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-2248202540590691313</id><published>2009-12-04T09:22:00.005+01:00</published><updated>2009-12-05T10:33:35.801+01:00</updated><title type='text'>Idées cadeaux</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le monde de l’art n’est pas épargné par la folie consumériste et le terrorisme marchand de chaque fin d’année. On m’a rapporté récemment que dans les supermarchés des loisirs créatifs, on trouve des tas de promotions pour devenir un artiste à pas cher… On propose par exemple, pour un plus joyeux noël (pas de majuscule, c’est normal) de beaux coffrets vernis remplis de couleurs, pinceaux, médiums, que le chaland novice ou perméable trouvera avantageux, puisqu’on y trouve des tubes gratuits, et du matériel « prêt à peindre ». Il suffit pourtant de faire un petit état des teintes proposées pour s’apercevoir de la beauté du geste… commercial !&lt;br /&gt;On est en effet bien loin d’y trouver ce qu’un amateur en la matière serait en droit d’attendre : une palette fondamentale. Les fabricants profiteraient-ils d'un moment de faiblesse du consommateur pour écouler des couleurs inutiles qu'ils n'arrivent pas à vendre ? Il y a bien  dans ces boîtes quelques rouges, bleus et jaunes, mais pas primaires pour un sou. En revanche, des roses-peau-de-bébé, des rouges joli-coquelicot-mesdames, et peut-être bien un bleu-enfant-de-Marie, ce qui semble (ma foi) être de saison. Des couleurs qui ne dépassent jamais le seuil de la 2ème série, donc pas de noble cadmium ou de respectable cobalt véritable. Il deviendra donc vite indispensable, à qui souhaitera se perdre dans le monde mystérieux de la couleur, de compléter la belle boîte (nous voilà vernis…) de façon plus cohérente, ce qui au bout du compte, reviendra sans doute plus cher que d’élaborer soi-même sa propre palette.&lt;br /&gt;En cette période de fêtes imposées, auxquelles on ne  coupera pas (même si tout le monde meure, ou s’écroule, ou tombe malade autour de soi), les réunions familiales seront inévitables (même si l’on n’a pas faim, ou si l’on aimerait un peu de calme, ou si on préfèrerait voir la famille une autre fois) et c’est le moment de faire des cadeaux. Obligatoire. Plein de cadeaux. C’est donc bien la saison des coffrets vernis (les coffrets du dimanche et des jours de fêtes, qu’il faut cirer dans les grandes occasions), mais aussi la saison des « salons du petit format ».&lt;br /&gt;Œuvres pas chères, faciles à caser, et peuvent faire plaisir. On en trouve dans presque chaque département entre fin novembre et mi-décembre. On a bien sûr le nôtre dans la région, qui n’est pas le pire, loin de là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais si vous voulez faire un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vrai&lt;/span&gt; cadeau de&lt;span style="font-size:85%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Laurent)&lt;/span&gt; Noël,  vous pouvez passer quand vous voulez à l’atelier, je fais aussi des petits formats ; je peux, si c'est pour une fête ou un dimanche, les vernir à la demande, et on peut même envisager un geste commercial. Avantage, cette promotion dure toute l'année.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-2248202540590691313?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/2248202540590691313'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/2248202540590691313'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/12/idees-cadeaux.html' title='Idées cadeaux'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-7309556819549052795</id><published>2009-11-25T20:31:00.012+01:00</published><updated>2009-11-25T21:10:37.140+01:00</updated><title type='text'>l'art du lieu commun</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une liste non exhaustive de lieux communs qui, à chaque fois qu'ils sont proférés,  même s'ils ne me concernent pas directement, m’irritent, ou pire : m’énervent.&lt;br /&gt;Ou bien ils me désolent, ou pire : me désespèrent…&lt;br /&gt;Dans les cas extrêmes,  les bras m’en tombent, ce qui, évidemment, m’empêche de peindre durant quelque temps.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  J’aime beaucoup ce que vous faites. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;(Celui-là est tout de même particulièrement commun, et daté.&lt;br /&gt;Mais d'avoir la vie dure, c'est bien le propre des lieux communs.)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  C’est intéressant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Tu vas au vernissage, ce soir ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  C’est moderne !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  On aime ou on n’aime pas &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  C’est contemporain !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Tu aimes ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;    — Je ne sais pas, je n’y connais rien…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Ah ? Vous êtes peintre ?  Moi, mon neveu fait de la peinture aussi, ça ressemble à ce que vous faites, d’ailleurs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;(neveu peut être remplacé par fille, fils, oncle, mari, amie,  nièce, fils d’une amie, caniche, etc.)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Variante :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Ah ? Vous êtes peintre ? Vous avez fait les Beaux-Arts ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Variante&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Ah ? Vous êtes peintre !  Et ça marche ? Vous vendez bien ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Variante&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Ah ? Vous êtes peintre ! Qu’est-ce que vous faites comme peinture ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Variante&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;     &lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Ah ? Vous êtes peintre...(Rêveuse). J’ai connu un peintre, autrefois, je ne sais pas ce qu’il est devenu…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Variante&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Ah ! Vous êtes peintre !  Vous avez de la chance... Il faut un don, vous ne trouvez pas ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Et vos enfants, ils font de la peinture ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Variante :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Et votre femme, elle peint,  elle aussi ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Vous faites de la peinture... Ah ! moi, j’aime bien la peinture.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Regardez, c’est joli, on dirait une photo.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Je suis assez attiré(e) par l’abstrait.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Cette exposition m’a beaucoup plu. Il y avait de très beaux cadres.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Je n'aime pas, ça ne ressemble à rien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Tiens, regarde cette toile, on dirait... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Si je faisais de la peinture, je crois que je ferais de l’abstrait.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Cette œuvre est ré-so-lu-ment contemporaine. (Bien détacher les syllabes de résolument)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— C’est très intéressant. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Elle t'a plu, cette exposition ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;—  Ah, oui ! Quelle belle salle !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Je ne mettrais pas ça chez moi. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;— Je peux avoir un autre verre ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Au fond, chaque banalité endommage un peu plus le silence précieux de la peinture.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-7309556819549052795?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7309556819549052795'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/7309556819549052795'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/11/lart-du-lieu-commun.html' title='l&apos;art du lieu commun'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-4635163244418204969</id><published>2009-11-18T21:13:00.009+01:00</published><updated>2009-11-18T21:23:31.277+01:00</updated><title type='text'>on mélange (décidément ) tout</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On (le Conseil Général) expose en ce moment le peintre Lawand à la collégiale Saint-Martin, à Angers : gros moyens, grosse promotion, affichage copieux, presse… empressée,  évènements autour de l’exposition. On en  attend beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pourquoi donc exposer dans ce lieu encombré de toutes ces figures pieuses qui vous regardent de haut ?!&lt;br /&gt;Toutes ces saints, ces évêques, ces vierges, ces christs (pas de majuscules, c’est normal), envahissent en permanence le champ de vision, et empêchent de ressentir, de regarder même, la peinture. Impossible d’y échapper, quelle que soit la direction du regard.  J’ai fait un effort, j’ai tenté de me concentrer sur la peinture, et d’éviter le religieux… j’ai cru reconnaître une vraie touche, une expression véritable, une palette, un souffle, et aussi parfois, peut-être, un certain opportunisme dans les quelques signes (de croix) qui parsèment ostensiblement certaines toiles, à la manière d’un Tapiès. Mon mauvais esprit y a vu aussitôt comme une justification de la présence du peintre dans ce lieu, ou peut-être sa manière de remercier l’organisateur d’avoir mis de tels moyens (scénographie, éclairage, suspensions, publications) à son service, puisqu’il est annoncé clairement que l’artiste a travaillé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pour&lt;/span&gt; ce lieu.&lt;br /&gt;Tel qu’il est, l’endroit  n’est pas un lieu d’exposition pour un peintre, sauf si l’on met au placard tout ce fatras patrimonial pesant, et qu’on offre véritablement l’espace (magnifique) à la peinture. Si l’artiste est bien servi par la promotion, sa peinture est desservie, elle, par cette statuaire dévote encombrante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’irai revoir et apprécier la peinture de Lawand quand il exposera dans un lieu dédié… à la peinture, pas aux bondieuseries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-4635163244418204969?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4635163244418204969'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4635163244418204969'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/11/on-melange-decidement-tout.html' title='on mélange (décidément ) tout'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-1129273957496670893</id><published>2009-11-09T09:32:00.011+01:00</published><updated>2009-11-11T11:28:30.526+01:00</updated><title type='text'>Atelier théâtre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ne rêvons pas, on ne surprendra jamais un artiste et son lieu dans la vérité du moment de travail, dans son désordre, son chaos personnel et quotidien, à moins d'une visite parfaitement inopinée.  Lorsque les visites d’atelier sont programmées, annoncées, planifiées, promotionnées, on sait alors (mais se l’avoue-t-on ?) que les ateliers ont été arrangés pour cela. On verra bien le lieu et l’artiste, mais l’un et l’autre, pour recevoir,  se seront toilettés, apprêtés, maquillés, habillés, endimanchés. Il manquera alors ce qui fait le véritable travail autour de l’œuvre.&lt;br /&gt;Il faudrait, pour comprendre l’atelier, arriver par surprise, entrer sans frapper, être un visiteur sans-gêne, rompre brutalement la solitude du travail, déranger. Mais quel artiste accepterait cela ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai reçu dans mon atelier bien des fois, lors de journées organisées, ou pour des « rendez-vous d’affaires ».  C’est un exercice bien  particulier, très intéressant pour l’artiste, et je n’en doute pas, pour le visiteur, un véritable moment d’échange, le lieu favorisant les questionnements, aiguisant les curiosités. C’est un exercice que je pratique et pratiquerai encore à l’occasion, dans un mélange de plaisir et d'embarras.&lt;br /&gt;On prépare le lieu, on se prépare, pour donner l’illusion au visiteur qu’il saisira un moment privilégié. On laisse traîner quelques œuvres en cours, quelques outils de travail, mais on prend bien soin de cacher les brouillons innommables, les échecs douloureux. On laisse à voir seulement ce qui peut se voir, on ne manque pas au passage de montrer quelques œuvres finies. L’atelier change alors de destination. Il est bel et bien devenu un lieu d’exposition. On se comporte d’ailleurs exactement comme lorsque l’on installe une exposition, on pense à l’autre, à son futur regard, on essaie de flatter ce regard. On tente aussi de créer la rumeur, la légende, de laisser des souvenirs frappants par quelques savantes installations, par quelques astuces spectaculaires qui illustreraient l’acte de création, et qui marqueraient la différence, l’originalité.&lt;br /&gt;C’est bien comme du théâtre, la réalisation d’un décor, un arrangement, un artifice. Et quand le visiteur est là, l’artiste joue son rôle d'artiste, du mieux qu'il peut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Visiter les ateliers d’artistes, comme cela se pratique de plus en plus souvent, ne manque pas d’intérêt. On peut, à cette occasion, faire de vraies rencontres avec des œuvres et, en plus de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;croire&lt;/span&gt; pénétrer dans les secrets des créateurs, on peut aussi en profiter pour apprécier et comparer les aptitudes de chacun en sa qualité de metteur en scène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand la journée de visite s’achève, que tous les «intrus invités» sont partis, et qu’on revient sans son atelier, comme on le fait chaque jour, plusieurs fois, on retrouve le lieu comme violé, forcé, dérangé, on découvre partout et des jours durant les traces du passage des autres, et on le vit mal. Mais on l’a bien cherché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-1129273957496670893?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1129273957496670893'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1129273957496670893'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/11/atelier-theatre.html' title='Atelier théâtre'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-6841229285593461989</id><published>2009-11-01T15:10:00.009+01:00</published><updated>2009-11-06T08:58:59.548+01:00</updated><title type='text'>Cena, Dagen et le Vélosolex</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me souviens qu’au lycée, lors des devoirs de dissertation, je me livrais avec quelques amis cancres à un jeu d’écriture qui consistait à introduire le plus souvent possible un mot n’ayant strictement rien à voir avec le sujet imposé. Par exemple : "Vélosolex", dans une analyse d’un texte de Ronsard… Nos exercices de style étaient évidemment sanctionnés sévèrement par nos professeurs, mais que de fous rires à relire nos devoirs !&lt;br /&gt;Je crois qu’Olivier Cena, critique (chroniqueur) à Télérama, joue aussi à ce jeu, même si c’est sans doute plus sérieux et si lui ne risque rien : manifestement, il essaie de placer les noms de «Rebeyrolle» et de «Leroy» aussi souvent que possible, quel que soit le thème de son article. Cela dure depuis plusieurs années, et bien des lecteurs doivent s’amuser à compter les points.&lt;br /&gt;La semaine dernière, dans sa chronique sur l’actuelle rétrospective Soulages, à Beaubourg, il a réussi à placer les deux. Cette semaine, petite forme, c’est seulement Leroy qui apparaît. Ce sont au demeurant d’excellents peintres, des artistes très importants, que beaucoup, dont je fais partie, regrettent de ne pas voir mieux considérés par le monde de l’art officiel. Cena ne s’en remet pas, c’est sûr, mais cette injustice ne concerne pas que ces deux peintres, loin de là, alors pourquoi ne prend-il pas une position plus marquée en faveur de bon nombre d’artistes dissidents, qui manquent singulièrement de tribunes ? Je reconnais ses tentatives d’objectivité, au milieu des propositions artistiques actuelles, mais à mes yeux de lecteur, elles sont souvent équivoques, voire contradictoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de Soulages, Cena a réussi à m’énerver (comme presque toutes les semaines, finalement) : il a trouvé l’exposition trop pédagogique ! Un comble. Cet évènement est un moment rare où un artiste peut superviser lui-même son accrochage, qui devient ainsi une œuvre à part entière. Une sorte de mise en abîme de la composition et de la recherche. Un artiste qui, simplement parce qu’il est encore là, anticipe le regard de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;autre&lt;/span&gt;, de celui qui regardera, pour l’aider, mais sans forcer. Il fallait juste s’arrêter pour observer les visiteurs qui entraient, allaient d’une toile à l’autre, revenaient, comparaient dates, formats, séries, et pénétraient lentement dans une peinture plutôt difficile d’accès. Comment peut-on, alors que tout le monde se plaint de la perte des repères (en art aussi), regretter qu’une exposition soit pédagogique ?&lt;br /&gt;Cena a aussi un problème avec le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;décoratif&lt;/span&gt;. Ce mot fait partie de ceux qu’il insère (péjorativement) régulièrement dans ses papiers. Il y a du subliminal dans tout ça. C’est peut-être ce qui fait la nuance entre critique et chronique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai pour ma part tendance à mettre souvent dans le même sac Olivier Cena et Philippe Dagen (le Monde), tous deux ayant apparemment (c’est en tous cas mon impression de lecteur de leurs articles) la même difficulté à prendre une position claire dans les débats autour de l’art. Pour Dagen, je comprends mieux quand je découvre qu’il fait partie des membres qualifiés à qui l’Etat a confié panier et porte monnaie (400 000 €, tout de même !) pour aller faire le marché à la dernière FIAC, et rapporter sur leurs Vélosolex des œuvres de créateurs émergents qui alimenteront les collections publiques. (Pour Cena, je comprends moins, me demandant ce qui le retient encore).&lt;br /&gt;Un petit tour sur le site du CNAP(1), qui détaille la liste des artistes choisis à la FIAC, donne une excellente idée de l’esprit des décideurs. On dirait qu'eux aussi jouent à une variante de notre petit jeu : réussir à placer coûte que coûte une ou deux peintures dans les achats, sans doute pour faire taire les chagrins qui se plaignent de la mauvaise place (quand il y en a une) attribuée à ce genre dans l’art contemporain. Mais surtout, ils semblent veiller (serait-ce dans les règles du jeu ?) à ce que cette peinture ne paraisse pas moins superficielle et vide que la plupart des œuvres choisies dans les autres disciplines. Et qui compte les points ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1 Centre National des Arts Plastiques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-6841229285593461989?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6841229285593461989'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6841229285593461989'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/11/cena-dagen-et-le-velosolex.html' title='Cena, Dagen et le Vélosolex'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-5117754533022649593</id><published>2009-10-23T09:45:00.008+02:00</published><updated>2010-12-25T10:04:19.941+01:00</updated><title type='text'>les envahisseurs</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voici ce qu’on trouve ces jours-ci sur le blog de la Bibliothèque Universitaire d’Angers (c’est décidément une vraie mine d’énervements !) à l’adresse des étudiants :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Pour que l’art contemporain reste vivant, il faut bien sûr qu’il envahisse notre quotidien (et donc votre ville et votre BU) et qu’il s’installe dans les nouveaux médias  »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moins, cela a le mérite d’être clair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui me réjouit, c’est que notre amie bloggeuse et responsable des expo de la BU, indiscutablement très en forme en ce moment, semble un peu inquiète de l’avenir de l’AC(1). Sentirait-elle le vent tourner ? Que tout cela n’est plus très crédible ?&lt;br /&gt;Ce qui me désespère, c’est cet aplomb, cette candeur avec lesquels elle affirme que l’AC doit occuper tous les terrains, ce qu’il est bel et bien en train de faire, avançant comme une gangrène. Chaque musée local ou national ouvre ses espaces à des interventions ou installations d’artistes labellisés contemporains. Je fais un tour l’an dernier au British Museum de Londres, on m’y impose les impostures de Damien Hirst et d’autres du même tonneau. Je vais un jour au musée des Beaux Arts d’Angers pour visiter les collections permanentes, on m’y impose la revisite des œuvres par une artiste fraîchement sortie des Beaux-Arts (tiens ?...). Et tout à l’avenant. La manifestation Estuaire (Disneyland sur Loire…) imposait cet été (et ça continue) des énormes bidules aux promeneurs des bords de Loire, qui pour certains, n’en demandaient pas tant.&lt;br /&gt;Etonnant comment tout cela ne va que dans un sens : a-t-on vu des œuvres « historiques » invitées au milieu des foires, salons, fonds et collections d’art contemporain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’art contemporain cherche à envahir le quotidien, finalement, comme le fait la publicité, comme le font le foot et tous ces sports qui occupent les dimanches et les autres jours, comme la soupe musicale déversée au kilomètre dans tous les lieux publics (même les zoos !), comme le font les fabricants des sonneries de tous les appareils de ce monde de sonnés. Finalement, l’AC cadre parfaitement avec cet univers superficiel et consumériste.&lt;br /&gt;Il y a là une volonté affichée de bourrer les crânes, d’imposer un art unique. A tous ces gens de l’AC, il leur faut des lapins et des homards géants, des installations démesurées, incroyablement coûteuses (voir les articles concernant Koons ou Veilhan à Versailles, qui parlent plus de chiffres que d’art…), des trucs en plastique aux couleurs acidulées, qui bougent, qui font du bruit, qui agressent et qui provoquent (qui sont en réalité tellement communs et déjà vus qu’ils ne provoquent même plus) et qu’on oublie aussitôt. Il leur faut du m’as-tu vu, du bling,  du bling et  du rebling. On installe toutes ces choses dans les villes, dans les campagnes, dans les écoles, les lycées (les professeurs d’arts plastiques vont souvent se servir dans les FRAC(2) pour monter des expositions dans les établissements), et maintenant dans les universités. Est-ce ainsi qu’on affûtera la curiosité, l’ouverture et l’esprit critique de nos enfants ? On veut les formater et les abrutir dès le plus jeune âge, et c’est bien cela qui m’inquiète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, on ne force pas l’art, on ne l’impose pas. Il doit être vivant, c’est entendu, mais discret, simplement à disposition. Et pour le rencontrer, il faut faire quelques efforts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Art contemporain&lt;br /&gt;(2) Fonds régionaux d’art contemporain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-5117754533022649593?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5117754533022649593'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/5117754533022649593'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/10/les-envahisseurs.html' title='les envahisseurs'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-1189673614985928955</id><published>2009-10-22T10:48:00.000+02:00</published><updated>2009-10-26T10:53:04.705+01:00</updated><title type='text'>Cimaises et socles, le retour</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ne surtout pas se fier à l’affiche de « Triptyque », ensemble de 3 expositions sous titré « art contemporain Angers ». Affiche qui cadre parfaitement avec les codes du genre annoncé, couleurs acidulées pour une sorte d’installation sans aspérités, qui ressemble à un pot de peinture (ou de dentifrice ?) gonflable, renversé et perdant son contenu, peut-être gonflable aussi.. (Y voir un symbole ?) On s’attend à une exposition convenue, de ce qui se fait maintenant si communément dans ce domaine. Non, ne pas se fier à l’affiche, au moins en ce qui concerne la présentation de l’Hôtel de Ville.&lt;br /&gt;J’ai eu l’heureuse surprise d’y trouver une présentation équilibrée de ce qui se crée &lt;span style="font-style: italic;"&gt;réellement&lt;/span&gt; aujourd’hui, c’est à dire touchant à toutes les disciplines. Ainsi, on y trouve de la peinture, peinte sur des toiles, et pire encore, accrochée au mur ! C’est le retour des cimaises ! Des sculptures aussi, (avec des socles !) des œuvres en volumes, des installations, des photographies, des techniques murales, des vidéos. Donc, de quoi satisfaire chacun d’entre nous, mais aussi de quoi éveiller notre curiosité devant des propositions vers lesquelles nous n’irions pas d’emblée, que nous aurions, par ce que nous sommes individuellement, plus de mal à accepter et explorer. Ainsi, les fondus d’installations verront qu’il existe encore des peintres, et les amateurs de disciplines aussi archaïques que la peinture ou la sculpture verront que la photographie ou la vidéo ne sont pas moins créatives.&lt;br /&gt;Et pour revenir à la peinture, y sont montrés plusieurs approches, qui vont de la peinture cinétique (Carlos Cruz Diez) à la celle teintée d’urbanité (Cherif et Geza) en passant par une peinture profondément contemplative (Abdallah Benanteur). On y rencontre autant de variétés d’approches pour les autres disciplines,  photographie ou sculpture par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà donc une exposition qui s’affiche art contemporain, et qui n’est pas tendancieuse. (A voir jusqu’au 22  novembre). Il me semblait important de le souligner. Je préfère passer en revanche sur les deux autres volets du triptyque, (Levêque et les collections publiques, et la déclinaison thématique douteuse autour de Che Guevara) pour le coup marqués AC jusqu’à la caricature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, en ce moment, à Angers, le conseil général met en avant un peintre, Lawand. Les cimaises sont bien de retour, n’en déplaise aux fossoyeurs de la peinture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-1189673614985928955?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1189673614985928955'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1189673614985928955'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/10/cimaises-et-socles-le-retour.html' title='Cimaises et socles, le retour'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-8684821338477184124</id><published>2009-10-18T17:26:00.007+02:00</published><updated>2009-11-11T16:53:55.068+01:00</updated><title type='text'>On mélange tout</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On propose souvent aux artistes de s’associer à certaines  manifestations ou évènements. Le mélange est tantôt surprenant, enrichissant, énervant, improbable ou décevant…&lt;br /&gt;Après quelques expériences, voici mes prochains choix ou non choix d’expositions  (liste non exhaustive, à compléter au fur et à mesure)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Livre &amp;amp; peinture : oui&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; livre : oui&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; vin : non, ça me saoûle&lt;br /&gt;Peinture et restauration : non, trop indigeste&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; médecine : ne sais pas, plutôt oui, avec une préférence pour l'hôpital.&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; fleurs : non&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; fruits : pas plus&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; fête populaire&lt;br /&gt;                                                           Des moules : non&lt;br /&gt;             Des châtaignes : non&lt;br /&gt;                                               Des escargots : trois fois non&lt;br /&gt;                                                          (liste non exhaustive, on complètera selon les régions)&lt;br /&gt;Foire à la peinture : non&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; artisanat : non&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; fausse peinture : non&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; association humanitaire : j'hésite toujours, on demande tellement aux artistes...&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; banque : ne sais pas, comme la médecine, je crois que ça me coûterait&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; automobile : en suspens, ne crois pas. Repensé en recopiant, et décidé : c’est non&lt;br /&gt;Peinture et église : surtout pas, encore moins si curés, évêques et compagnie donnent leur avis. Si désacralisée, et appartenant définitivement au domaine public, pourquoi pas.&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; meubles : à voir, faut voir… si oui, les accusations de «décoratif» vont pleuvoir !&lt;br /&gt;Peinture dehors : non, papiers marouflés pas heureux&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; peinture : quelquefois, ça dépend de la peinture&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; sculpture : voir ci-dessus&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; installations, performances, vidéo, nouvelles expressions : bien sûr, si pied d'égalité. Voir aussi ci-dessus.&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; dessin : très important&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; tourisme : pas exclu&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; plantes vertes : jamais de la vie&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; maison particulière : je ne dis pas non.&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; musique : oui&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; danse : ça se peut&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; cirque : non&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; musique de cirque : non plus&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; armée : comment peut-on ?&lt;br /&gt;Peinture &amp;amp; sport : no sport&lt;br /&gt;Peinture seule : le plus souvent possible&lt;br /&gt;Peinture seul : dès que possible.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-8684821338477184124?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8684821338477184124'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/8684821338477184124'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/10/on-melange-tout.html' title='On mélange tout'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-6770109833027306842</id><published>2009-10-18T16:59:00.012+02:00</published><updated>2009-11-13T14:30:52.137+01:00</updated><title type='text'>Saint Mathurin/Loire : une artothèque associative</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi 17 octobre : de retour de l’inauguration de l’exposition collective présentant la nouvelle collection de l’artothèque de la galerie A Vous de Voir, à Saint Mathurin, j’ai envie d’en toucher quelques mots ici. Je le fais d’autant plus librement que je n’ai plus de responsabilités dans cette association.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Visiter cette exposition en sachant qu’il s’agit d’une artothèque renouvelle peut-être l’approche que l’on a habituellement sur les expositions collectives («salons», dit-on souvent). Car on se dit alors que chacune des œuvres présentées est susceptible (à condition d’adhérer, évidemment) d’entrer dans le foyer familial. Le regard est enrichi — ou modifié, plus exactement — par l’idée d’une éventuelle acquisition provisoire.&lt;br /&gt;On sait aussi que de son côté, chaque artiste a choisi de confier des œuvres à l’association en sachant qu’elles peuvent entrer chez quelqu’un. On imagine alors les questions qu’il a pu se poser, au moment du choix, sur l’accessibilité de l’œuvre (format, sujet, etc.)&lt;br /&gt;Étrangement, tout cela donne une cohérence à un accrochage pourtant extrêmement diversifié, où se côtoient des techniques très différentes (sculpture, céramique, peinture, gravure, photographie, images numériques), des formats et des supports variés, des personnalités très singulières. Et là où on pourrait craindre une accumulation gratuite, comme dans tellement de «salons», on entre plutôt dans un lieu où règne une véritable unité. J’imagine que cela tient à cette réflexion commune (mais chacun isolément, sans concertation) qu’ont eu les artistes, qui ont pensé à l’autre, mais &lt;span style="font-style: italic;"&gt;après&lt;/span&gt; avoir réalisé l’œuvre. Ceci est très différent que de penser au spectateur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;au moment&lt;/span&gt; du travail, ce qui fausse tout).&lt;br /&gt;Cela tient aussi à de judicieuses associations manifestement voulues, ou senties, par les responsables de l’accrochage. Ce sont des réflexions que j’ai entendues fréquemment lors du vernissage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Riche idée qu'une artothèque. Pour les artistes, qui imaginent leurs œuvres se promener de maison en maison, d’école en mairie, de cabinet médical en accueil d’entreprise, et qui espèrent qu’elles rencontreront des amis… Pour l’emprunteur, qui va vivre quelques temps avec une œuvre originale. Ce qui, dans ces temps étranges et inquiétants où des responsables, parachutés par le pouvoir, pensent qu'on améliorera l’enseignement artistique en facilitant l’accès virtuel aux œuvres (voir les calamiteuses propositions de Karmitz), me semble être un acte fort. Les artothèques se répandent un peu partout, à la ville et à la campagne, et c’est encourageant. Les fonctionnements diffèrent, mais peu importe. Ce qui compte, c’est que l’art circule, que son accès soit facilité, mais pas forcé. Celle de Saint Mathurin est modeste par les moyens (elle repose sur les prêts des artistes, alors que les artothèques municipales, par exemple, enrichissent progressivement leurs collections à l’aide de financements publics, sur le modèle des bibliothèques), mais ambitieuse par les implications des bénévoles et des artistes. C’est je crois par des initiatives locales de qualité, exigeantes mais accessibles, concrètes, et surtout pas élitistes, pas méprisantes, que la sensibilisation aux arts peut se développer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On relèvera pourtant une différence notable entre ces initiatives indépendantes (des associations, des regroupements d’artistes) et de nombreuses artothèques municipales, différence résidant dans la ligne conduisant au choix des œuvres à porter aux catalogues.&lt;br /&gt;On peut regretter en effet que bon nombre d’artothèques «officielles» ne fonctionnent pas assez, dans leurs politiques d’acquisitions, sur le modèle des bibliothèques, qui je crois, ne choisissent pas les livres en fonction de courants artistiques «tendance» mais plutôt en cherchant à satisfaire un large éventail de demandes. On serait en droit d’espérer que tous les courants et disciplines artistiques d’aujourd’hui soient représentés dans de tels lieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au niveau de cette petite commune, c’est seulement l’envie authentique de faire partager l’art &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tout court&lt;/span&gt; qui fait courir bénévoles et artistes. Et si l’initiative de cette artothèque locale, en milieu rural, fonctionnant maintenant depuis 4 ans, est suivie aujourd’hui d’autres initiatives dans le même esprit (la commune de Rablay sur Layon vient d’en créer une), c’est tant  mieux !&lt;br /&gt;Cette exposition est visible très peu de temps. Jusqu’au début novembre, et seulement les week-ends.&lt;br /&gt;A bon lecteur, salut !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-6770109833027306842?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6770109833027306842'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/6770109833027306842'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/10/saint-mathurin-sur-loire-une-artotheque.html' title='Saint Mathurin/Loire : une artothèque associative'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-4997002909865928209</id><published>2009-10-12T13:45:00.007+02:00</published><updated>2009-11-13T14:34:15.031+01:00</updated><title type='text'>A l’intention de mes invités au vernissage du 19  septembre 2009</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;exposition personnelle de la Grange Dîmière, à Angers-Beaucouzé : «par correspondance(s) peinture en compagnie de Ponge »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;"Bonjour à tous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d’abord, je tiens à vous remercier de m’avoir fait l’amitié de venir ce soir, de suivre mon parcours, d’exposition en exposition, et pour certains d’entre vous, depuis fort longtemps !&lt;br /&gt;Je vis toujours le vernissage comme un exercice difficile, un moment contradictoire, où je me sens tiraillé entre la crainte de dévoiler mes toiles à de nouveaux regards et celle de ne pouvoir recevoir correctement chacun de vous, par manque de disponibilité. La crainte aussi de proposer un vernissage superficiel, qui dériverait loin de l’exposition présentée, comme c’est souvent le cas.  Et c’est le moment où l’on est envahi par le doute, on se dit que tous ces gens (vous tous) se sont dérangés pour soi, et que ce qui est là n’est peut-être pas à la hauteur… Je demande donc toute votre indulgence envers mon état émotionnel de ce soir !...&lt;br /&gt;J’aimerais profiter de votre présence, et de votre écoute, pour vous parler de choses et d’autres à propos de cet ensemble, de Francis Ponge, et de la peinture en général. Ensuite je vous inviterai à prendre un apéritif, et nous pourrons bien sûr continuer à bavarder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, donc, et ce pendant une vingtaine de jours, j’expose avec un ami.&lt;br /&gt;Il ne m’a jamais connu, il n’a jamais su qui j’étais, mais il peut toujours compter sur moi. J’ai découvert les textes de Francis Ponge il y a 4 ou 5 ans, tout à fait par hasard, parce que j’ai aperçu un jour chez un libraire un livre intitulé « l’atelier contemporain». Le titre m’a frappé : le mot atelier a toujours été très important pour moi, c’est un des lieux dans lesquels je me sens le plus faire partie du monde, du temps. Le mot contemporain est lui aussi très sensible, parce qu’il est pour moi un sujet de grande méfiance, et de réflexion également. On peine à le définir clairement, c’est un fourre-tout, une étiquette qui ne désigne finalement rien de précis quand il est attaché à l’art. Alors que tout le monde l’emploie, à tort et à travers, il peut s’appliquer très bien s’appliquer à d’immenses artistes, à des artistes inspirés, créatifs, libres, tout autant qu’à des moutons, des suiveurs, des copieurs, des fumistes, des créateurs de vide ou d’esbroufe. Donc, finalement, rien de bien différent de l’art tout court…&lt;br /&gt;Bref, les deux mots réunis dans le même titre m’ont fait acheter ce livre sans savoir ni qui l’avait écrit, ni quand. Et là, dès les premières lignes, je me suis attaché à lui. J’ai eu aussitôt cette impression de coïncidence, d’«atomes crochus», sur d’innombrables points. J’ai d’abord aimé sa façon de parler de la peinture et des peintres, Francis Ponge se reconnaissait dans le travail de certains artistes, ses contemporains. Braque, Fautrier, Picasso, Giacometti, Dubuffet, pour les plus connus. Nous avions donc des amis en communs. (Presque tous, sauf Hélion, trop prétentieux pour être mon ami).&lt;br /&gt;J’ai par exemple immédiatement aimé sa façon de modeler comme un sculpteur la matière des mots, et de retoucher comme un peintre. Pour écrire, il allait à l’atelier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, après ce livre, que je relis toujours, et souvent, j’en ai cherché d’autres. Et j’ai continué de me reconnaître dans ses textes, dans lesquels il n’hésite pas à retoucher ses lignes encore et encore, jusqu’à faire de la recherche, des tentatives, sa matière même. En lisant par exemple les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;notes après coup sur un ciel de Provence&lt;/span&gt; dans «la rage de l’expression», le voyant sans cesse changer les mots de place, essayer des arrangements, utiliser  l’insatisfaction permanente, les recommencements, et laisser tout cela dans le texte, parce c’est cela qui fait le texte, je me suis reconnu en train de déposer mes touches de couleurs en émulsion, les changer de place, en essayer d’autres mais en laissant visibles celles d’avant, en train de coller des pages de carnets dans les toiles, ce qui les faisait passer de l’état  de brouillon à celui d’élément plus noble et montrable, pour en faire la matière même de ma peinture. Et il y avait coïncidence, parce que travaillais déjà ainsi depuis longtemps. Je voudrais vous dire une phrase de Ponge qui exprime parfaitement ceci :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« (...) il y a une espèce de consensus (...) qui fait qu’il se trouve que chaque homme, exprimant son plus particulier, ce qu’il peut considérer comme sa différence, comme quelque chose qui est absolument unique, particulier, subjectif, s’il l’exprime à la fois sans vergogne et rigoureusement, il y a à l’intérieur de lecteurs, de spectateurs, enfin des autres hommes, et souvent à des siècles de distance, quelque chose qui fait qu’ils s’y reconnaissent."&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette phrase est placée à l’entrée de l’exposition, peut-être justifie-t-elle à elle seule mon parti pris pour Ponge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais certains parmi vous ne connaissent peut-être pas Francis Ponge. Vous aurez déjà remarqué, si vous avez  visité l’exposition, que cela n’a aucune importance vis-à-vis de la perception des toiles. Autrement dit, je n’aurais pas cité Ponge, ni développé ouvertement mes idées et la présentation de cette exposition autour de Ponge, les toiles auraient tout de même eu leur vie propre, autonome. Enfin, je l’espère. Elles ne tiennent pas sur Ponge, ni grâce à lui, elle ne l’illustrent pas (il n’aurait pas du tout apprécié !).  Les textes calligraphiés ne sont pas ceux de Ponge. Je n’ai pas voulu qu’elles existent prioritairement par le discours que l’on pourrait faire sur l’écrivain. J’ai travaillé pour que ces toiles existent par elles-mêmes ; que leur présence, leur matière, l’image qu’elles donnent suffisent. J’ai seulement pensé que le poète pouvait être un des facteurs d’unité de l’ensemble de ce travail, qu’il était en tout cas une solution thématique possible que j’ai souhaité mettre en avant. Peut-être pour montrer de quoi peut se nourrir et s’enrichir la peinture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela dit, si vous n’avez jamais lu Ponge, et si cette exposition vous en donne l’envie (j’en serais très heureux), je vous recommande «l’atelier contemporain», et «la rage de l’expression». Je recommande tout, mais ces deux ouvrages, ainsi que « le parti–pris des choses », plus connu, sont des excellentes entrées en matière.&lt;br /&gt;Si en revanche, vous avez lu des textes de Ponge, vous découvrirez sans doute de-ci de-là un certain nombre de références.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai aimé aussi la simplicité de Ponge, ses thèmes «objectifs», prétextes à mettre la main et l’esprit ensemble dans la matière des mots. Qu’il insiste sur le côté ouvrier, artisan de l’artiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai aimé l’indépendance de Ponge. Encore aujourd’hui, on ne peut pas le classer vraiment. Il se refusait lui même à le faire. Ne se disait pas poète. S’interrogeait sur ce qui fait l’artiste, sur sa pratique, sa méthode.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai aimé son entêtement au travail, son exigence envers lui-même et la construction de son œuvre&lt;br /&gt;Sa faculté de revenir sur des textes plus anciens, et de ne pas hésiter à les remanier, mettant en évidence l’inachèvement perpétuel de l’œuvre. Il dit : «une rectification continuelle de mon expression»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai vraiment beaucoup aimé l’idée qu’il n’écrivait pas pour, mais bien qu’il écrivait contre.  J’ai trouvé dans ses propos, et c’est peut-être ce qui m’a attiré dans ses écrits, une formulation claire de ce que je ressentais confusément dans mon travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« Il faut d’abord se décider en faveur de son propre esprit, et de son propre goût ».&lt;/blockquote&gt; C’est sa définition de la véritable originalité. Et ceci me semble valable autant pour le spectateur que pour l’artiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« L’écrivain doit écrire contre tout ce qui a été écrit jusqu’à lui, contre toutes les règles existantes notamment. Je parle des gens à tempérament » &lt;/blockquote&gt;Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas pu m’empêcher en lisant cela de remplacer écrivain par peintre, et écrire par peindre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’espère que ces quelques mots vous aideront à comprendre notre amitié, et ces fameuses correspondances entre nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai maintenant quelques remerciements à formuler:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est heureux qu’il y ait encore, pour les artistes (j’allais ajouter : à «tempérament» !), des lieux comme celui-ci qui permettent, dans de très bonnes conditions, de montrer des initiatives indépendantes. Car (l’avez-vous remarqué ?) dès que l’on affiche un peu trop cette indépendance (qui est peut-être aussi comme une forme de résistance à une pensée artistique unique), beaucoup de portes de lieux d’expositions se ferment.&lt;br /&gt;Je dois ouvrir une parenthèse, à ce propos : je vous conseille de lire le texte de présentation de la programmation de la galerie de la bibliothèque universitaire d’Angers : passons sur le copinage, même s’il est parfaitement éhonté, entre les responsables et quelques artistes, c’est devenu tellement commun. Non, c’est une petite phrase qui a retenu mon attention à propos du travail d’un artiste, dont seront exposées des peintures. Je cite : «ce thème (je précise qu’il s’agit du paysage urbain) si contemporain, est paradoxalement traité par un médium qui tombe en désuétude : la peinture à l’huile» (Fin de citation…).&lt;br /&gt;Ce serait donc ce paradoxe le plus intéressant dans l’exposition annoncée, beaucoup plus que la peinture elle-même, qui elle est désuète, dépassée, historique, enterrée…&lt;br /&gt;Donc, amis peintres, peu importe comment vous peignez, si vous voulez exposer dans des lieux consacrés à l’art contemporain (les lieux « autoproclamés » d’art contemporain), pensez bien surtout à proposer un thème contemporain. Vous devriez trouver une liste quelque part sur internet. Je peux vous proposer quelques mots clés : enjeux contemporains, questionnements contemporains, problématique, dispositifs contemporains, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour tout dire, cela m’interroge sur la légitimité des responsables dans ce domaine de l’art officiel. Que ces idées et ces formes d’art existent ne me gêne pas, elles sont sans doute une part de la richesse et de la diversité de la création d’aujourd’hui. Mais que des (ir)responsables décident (au nom de quoi ?) de ce qui est tombé en désuétude, ce qui est d’avant-garde, ou innovant, ou émergent, et qu’à partir de leurs choix sectaires, refusent de montrer la multiplicité des pratiques artistiques, en faisant barrage aux initiatives personnelles des artistes qui n’entrent pas dans ces formats, c’est cela qui me gêne réellement. Si on prend le mot contemporain dans son sens premier, i.e. de son temps, cela signifie que ces gens seraient donc les gardiens du temps, les garants du temps que l’on se doit de suivre, pour être avec eux et faire un art vivant. Et tout ce qui n’entre pas dans ce temps-là ne serait donc pas contemporain. Mais avons-nous tous la même notion du temps, et donc la même notion de ce qui est contemporain ?&lt;br /&gt;Être innovant ou émergent n’est pas mon but. Mon but est de progresser, d’apprendre en creusant dans mon domaine, et de préserver mon indépendance, ma nature. Vous m’excuserez, j’espère, pour cela d’utiliser quelquefois de la peinture… à l’huile !&lt;br /&gt;Le véritable rôle des institutions ne serait-il pas d’aider l’artiste à préserver son originalité, son tempérament, comme dit Ponge, plutôt que de le pousser, le forcer à rentrer dans le rang de l’académisme, sous peine d’exclusion ? Il y a peut-être là une définition de l’art contemporain : c’est l’académisme d’aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est une des forces  du titre de Ponge. L’atelier contemporain. L’atelier de son temps. Je vous disais que dans mon atelier, je me sentais faire vraiment partie du monde, du temps. Je m’y sens effectivement totalement contemporain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre réflexion de Ponge, à ce propos  et qui fait suite à la citation du début :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«  il n’y a d’une part aucun progrès, il n’y a d’autre part aucune différence, aucune supériorité d’une époque sur une autre. Tout cela d’ailleurs est sûrement un lieu commun.»&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Pour vraiment tout dire, mais vous l’avez sans doute compris, cette exposition n’a pas été acceptée par la Bibliothèque Universitaire. Je pense que maintenant, aucun de mes projets ne le sera jamais !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, après cette digression, et pour revenir aux remerciements, je tiens à en adresser un particulier à la commune de Beaucouzé pour avoir ouvert un lieu comme celui-ci. Ce genre d’initiative est salutaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois aussi remercier Madame Armande Ponge, qui m’a très aimablement autorisé à utiliser des textes de son père, dans l’exposition et dans les documents d’information. Je la remercie aussi pour les encouragements qu’elle m’a adressés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je remercie également une galerie rennaise qui croit en mon travail depuis plusieurs années, qui respecte absolument mon indépendance, et qui a exposé récemment, en mars dernier, une partie de ce que vous voyez aujourd’hui, comme une sorte d’avant-première. Il s’agit de la galerie Un autre regard. Je vous recommande une visite si vous passez par Rennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimerais revenir par un mot sur l’angoisse de l’artiste au moment du vernissage : j’ai toujours pensé que l’exposition était un moment très important dans le travail artistique, pour trois raisons majeures : La première, la plus essentielle, c’est qu’on le confronte, ce travail, à des yeux nouveaux, à des points de vues inconnus, et que tout cela donne à l’artiste un recul incroyablement dérangeant et stimulant. Dont il doit en partie tenir compte par la suite. La deuxième, c’est que c’est aussi un moment (quand on n’est pas un artiste officiel subventionné, évidemment) où l’on doit souvent se séparer de quelques œuvres. Une vente d’œuvre met en évidence une rencontre entre deux sensibilités, une coïncidence. C’est aussi un acte professionnel qui permet à l’artiste indépendant de préserver sa liberté de travailler, son statut, sa place dans la société.&lt;br /&gt;Cela démontre également  la souplesse de  l’artiste, qui peut avoir à la fois les pieds sur terre, en même temps que les mains dans la peinture, et encore en même temps la tête ailleurs… Ouvrier, penseur, marchand, quel métier !&lt;br /&gt;La dernière raison, c’est l’obligation, sous peine d’une dépression post partum, d’être déjà sur un autre projet, et donc d’avancer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les derniers remerciements seront à nouveau pour vous, je vous les renouvelle, c’est votre présence fidèle et attentive qui me semble être le meilleur encouragement.&lt;br /&gt;Vous êtes, après ma famille, les premiers yeux portés sur mes nouvelles toiles. Je suis curieux de les voir regarder. Et avant d’aller vers l’apéritif, je vous propose de répondre à des éventuelles questions, pourquoi pas avec le micro, si certains échanges peuvent intéresser tous les gens présent ici. Sinon, j’essaierai d’être le mieux possible à votre disposition. Merci de m’avoir écouté."&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-4997002909865928209?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4997002909865928209'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4997002909865928209'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/10/lintention-de-mes-invites-au-vernissage.html' title='A l’intention de mes invités au vernissage du 19  septembre 2009'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-4325267890908616971</id><published>2009-10-12T13:00:00.006+02:00</published><updated>2009-10-18T20:37:53.640+02:00</updated><title type='text'>La Cuisine, exposition à la Bibliothèque Universitaire d’Angers,</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;à la Galerie 5, jusqu’au 31 octobre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon la presse, un «collectif» (groupe en langage AC(1)) s’est réuni dans une cuisine (laquelle ?) pour élaborer cette exposition. Un thème a été lancé (par qui ?) pour réunir tout ce beau monde de l’art contemporain, afin de justifier le regroupement : le langage. Je reste sans voix devant l’originalité, l’avant-gardisme de ce thème.  Je me demande en effet  si un seul artiste de l’histoire  n’a pas, consciemment ou non, rattaché ses œuvres  à la notion de langage.&lt;br /&gt;Je lis dans la presse (2) : «leur point commun : avoir fait les Beaux-Arts à Angers entre 1970 et 2003». Donc, si on avait  déniché un artiste génial, ayant su traiter ce thème passe-partout de manière inédite, on ne l’aurait pas accepté ou invité dans ce groupe, pardon, collectif, pour défaut d’études aux Beaux-Arts ? Terrible aveu de l’évolution en vase clos de ce milieu… On fabrique des artistes en les formatant Beaux-Arts, et ils sont ensuite « exposables » dans tous les lieux estampillés AC. Autrement, point de salut. Mais il est possible que je me trompe, ce passage aux Beaux-Arts n’est peut-être qu’une coïncidence…&lt;br /&gt;(Il y a plusieurs années, j’ai sollicité et obtenu non sans mal un entretien avec l’adjoint au Maire chargé des affaires culturelles, à Angers, pour présenter un travail que j’aurais souhaité exposer au grand Théâtre. Refus (à peine) poli, et aveu décomplexé : pour prétendre à un tel honneur (on ne parle jamais du contenu du travail) il fallait soit être passé par les Beaux-Arts en tant qu’étudiant ou professeur, soit être présenté par une galerie qui travaillait déjà avec la ville. Dans mon cas, les trois malheureux mois passé aux Beaux-Arts d’Angers en 1979, avant de prendre la fuite devant l’idéologie enseignée, ne comptaient évidemment pas.)&lt;br /&gt;Mais revenons à notre collectif. Dans quelle cuisine s’est-il retrouvé ? Je suppose que c’est dans celle de la nouvelle responsable de la programmation de la Galerie 5 (le lieu d’AC(1)de la bibliothèque universitaire), qui fut il y a quelques années propriétaire de la galerie Courant d’art, installée dans la belle campagne vallonnée de Saint Remy la Varenne. (Galerie fermée en 2007, sauf erreur). Si c’est le cas, Anne Auguste et Guy Camut n’auront pas eu de mal à trouver le chemin de la cuisine en question, puisqu’il font partie de la liste des artistes de l’ex-galerie (il reste une trace de cette initiative sur un site Internet inerte). Tony Baker souvent impliqué dans la vie musicale locale de Saint Remy la Varenne et des environs, a du, pour sa part, venir en voisin. Quoi de plus normal, d’ailleurs, que de prendre son carnet d’adresses pour inviter ses amis dans sa cuisine ?   Il y a vraiment des gens qui voient le mal partout !&lt;br /&gt;Je ne serais pas surpris de trouver dans la programmation de l’an prochain quelques autres noms figurant dans cette liste «privée». Mais je ne demande qu’à être étonné, ce serait bon signe !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez, j’avoue : l’exposition que je viens de présenter à la Grange Dîmière de Beaucouzé a été écarté par les hauts responsables culturels de la BU. Oui, j’avoue, je suis animé par le ressentiment, la colère, la déception. Oui, je suis un artiste raté qui ne parvient pas à montrer ses œuvres dans les lieux d’art publics officiels. Pardonnez-moi, Grands Dieux des Beaux Arts, la jalousie m’anime, c’est ma faute, ma très grande faute, je ne fais que de la pauvre peinture. A l’huile, en plus. Je n’ai que ce que je mérite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j’avoue aussi : je savais en envoyant un dossier à la BU(3) qu’il serait refusé. Pour preuve : je me suis engagé au même moment auprès de la municipalité de Beaucouzé pour occuper la grange Dîmière.&lt;br /&gt;Ma demande était un acte expérimental, quasi-performance, geste artistique, sans aucun doute très contemporain, comme celui qui a consisté à adresser une demande de subvention (sur les conseils de la Maison des Artistes) pour agrandir mon atelier (cela fera peut-être l’objet d’un autre article). Par ces actions, j’espérais entendre de la bouche même des responsables , ou lire de leur plume, le pourquoi des refus et de là me conforter dans l’idée que la peinture n’est pas … ne peut plus… que c’est mal, quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enervé par le style autosatisfait et creux de la programmation et des articles du blog de la BU :&lt;br /&gt;On y comprend vite que la galerie 5 fait  maintenant partie intégrante de ce réseau officiel. A part Nini Geslin, qui mène depuis longtemps un travail de fond et de sens, tout le reste, pour ce que j’en sais aujourd’hui (mais attendons de voir, je ne connais pas les 2 photographes Suédois), me semble être une caricature de ce que l’on se doit de faire pour « investir » un lieu d’AC. Tout est une question de discours accompagnant l’œuvre, affaire de critique descriptive, la seule acceptée par le milieu.&lt;br /&gt;Décryptage rapide de la présentation de la saison :&lt;br /&gt;Expo de novembre (Engström et Petersen) : sans préjuger du contenu de l’exposition, on discerne nettement dans le dossier de presse les liens étroits entre région (commande et édition d’un ouvrage) et ville (expo montée en partenariat avec l’artothèque d’Angers, liée aux Beaux-Arts).&lt;br /&gt;Expo de janvier : Nini Geslin. J’irai voir cette exposition avec curiosité et intérêt. Une question à laquelle je n’ai pas de réponse : cette artiste est-elle passée par les Beaux-Arts ?&lt;br /&gt;Expo de mars (Jeremy Liron): se reporter à ce que j’en dis dans l’article  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;discours du vernissage&lt;/span&gt;, à propos de le peinture à l’huile, médium «tombé en désuétude»… A noter dans texte de la plaquette : «la force des toiles ne peut pas laisser indifférent». C’est absolument interdit, vous n’avez pas le choix. A noter aussi que l’artiste est sorti des Beaux-Arts de Paris.&lt;br /&gt;Expo d’avril : (Sammy Stein). L’artiste est forcément digne d’intérêt, puisqu’il est sur Facebook, qu’il se montre sur un blog, il est donc parfaitement de son époque. Et devinez quoi ? Il vient aussi des Beaux Arts de Paris !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, allons voir l’exposition actuelle, la fameuse "cuisine" exposée jusqu’à fin octobre : plaquette en main, sens critique en éveil, affûté par tant d’énervement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alex Guillet, dont les gravats plâtreux  nous accueillent dès l’entrée : «Plus qu’une sculpture», me disait le dossier de presse… Je me surprends à penser : «moins qu’une sculpture» … Fait partie de la mouvance sans socle, c’est sans doute beaucoup plus fort, tendance et contemporain de déposer sa pièce au sol, sur un tas de sable, de cailloux ou de déchets divers. De cette masse blanche émergent quelques membres humains, symbole plutôt facile, me semble-t-il.  Plus loin dans le dossier de presse : le travail présenté «participe  de cette interrogation». On ne voit pas bien laquelle (le corps ?)  Il interroge aussi et surtout sur les limites artistiques de l’auteur…&lt;br /&gt;Trois des artistes me semblent  employer des moyens disproportionnés par rapport à leur propos  : Agnès Hardy, avec ses livres percés qu’elle nous propose de placer sur notre visage à la manière d’un masque, miroir à l’appui, Guy Camut et sa grande surface noire en écriture braille géante, interrompue par une empreinte digitale blanche (géante aussi, bien sûr), et Michel Gourichon, avec des blocs de pierre d’où émergent des téléphones portables fossilisés, ou une suite numérique gravée. Tout cela aurait pu être traité aussi bien (mieux, sans doute) par un petit dessin humoristique ou poétique, avec la même portée (plutôt anecdotique ou d'une symbolique assez primaire). Mais non, il faut du spectaculaire, du tape à l’œil, comme si cela allait donner du poids aux idées. Là, je pense qu’elles n’en valent vraiment pas la peine.  Une des difficultés de l’artiste est de servir son propos avec des moyens et des formats &lt;span style="font-style: italic;"&gt;adaptés&lt;/span&gt;. Zao Wou-Ki a dit : «une bonne peinture doit être accordée à sa dimension».  Cela ne vaut-il pas  pour toutes les disciplines de l'art ? N’apprend-on donc pas cela aux Beaux-Arts d’Angers ? Il est vrai qu’on y oublie un peu les peintres, à ce qu’on m’a dit.&lt;br /&gt;Il y a encore Agnès Guidon, et ses installations déprimantes, non pas par le thème, mais par l’impression de «déjà-vu-partout-dans-tous-les-lieux-d’art-contemporain».&lt;br /&gt;Anne Auguste, qui s’épuise dans une idée initialement assez intéressante d’assemblage de surfaces suspendues, mais aux accords de couleurs douteux (tape-à-l'œil, aussi ?), et aux matières picturales pauvres, tellement pauvres, larges coups de brosse sans respiration, et vagues graffitis au stylet qui tentent vainement d’animer les aplats.&lt;br /&gt;Katerina Kudelova, totalement en panne d’inspiration, est au bord du vide. Ce que j’avais vu à Saint Mathurin, l’an passé, à la galerie à vous de voir, m’inquiétait déjà un peu, travail tellement influencé par Christian Jaccard et l’utilisation du feu, que c’en était gênant (et je ne parle pas de l’installation..) Rien n’a changé. Jaccard enflammait ses œuvres dans les années 70. Ici, on parle d’avant-garde et d’artistes émergents…&lt;br /&gt;Gwenael le Berre est la preuve du mauvais goût assumé de l’AC.&lt;br /&gt;Il reste Pierre Cyprien, dont les grands dessins de fils électriques terminés par des ampoules allumées sont vraiment très plaisants, chargés de poésie, sans aucun doute, même si on a l’impression d’un croisement entre les dessins de Cocteau  (ou plus récemment de Daniel Tremblay) et de La Linea, vieux dessin d’animation de la télévision des années 70 également.&lt;br /&gt;Quant aux sons de Tony Baker, j’avoue ne pas avoir eu envie de me balader dans l’exposition avec un casque sur la tête. Je ne les ai donc pas entendus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me reste une impression de gaspillage, de déjà vu, d’encore vu, de toujours vu, d’une terrible banalité.&lt;br /&gt;Comment tous ces gens ne se rendent-ils pas compte de ce qui leur arrive ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Art contemporain&lt;br /&gt;(2) Vivre à Angers, septembre 2009&lt;br /&gt;(3) Bibliothèque Universitaire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-4325267890908616971?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4325267890908616971'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/4325267890908616971'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/10/la-cuisine-exposition-la-bibliotheque.html' title='La Cuisine, exposition à la Bibliothèque Universitaire d’Angers,'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8547805637978754353.post-1324208403099188801</id><published>2009-10-11T20:00:00.000+02:00</published><updated>2009-10-23T09:54:45.562+02:00</updated><title type='text'>ARTICLE PREMIER</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tout m’énerve&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Le titre de Georges Picard (Ed. Corti), était bien prometteur. J’achète souvent des livres sur un coup de titre. Là, aussitôt commencé, aussitôt déçu. Ce livre m’a énervé, précisément parce qu’il ne l’était peut-être pas assez, et que l’excellent titre me semblait gâché. Je me suis alors promis d’écrire mon propre « tout m’énerve », sans savoir précisément sous quelle forme.  Depuis, j’accumule les notes, tellement l’air ambiant est irritant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma dernière expérience d’exposition, avec sa fabrique, son histoire, ses rebondissements, a fait déborder le vase de mes énervements, et m’a décidé à exprimer mes humeurs, en resserrant mes sujets sur le monde de l’art.&lt;br /&gt;La légitimité : mot important, notion importante. Cela m’énerve que l’on ne s’interroge pas davantage sur la légitimité de certains à intervenir ou décider ou agir, ou occuper certains postes dans tel ou tel domaine.&lt;br /&gt;Sans doute en m’attribuant une certaine légitimité (mais chacun jugera de son bien-fondé) à parler de ce domaine, familiarisé (expérimenté?) par trente ans de fréquentation et de pratique, je ne parlerai donc que du monde dans lequel j’évolue. Plus exactement : auquel j’ai affaire. Car en vérité,  je ne me sens pas faire véritablement partie de ce milieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Je ne fais d’ailleurs partie d’aucun milieu, solitaire sur les bords.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’arrête immédiatement ceux qui voudraient réagir à certains de mes articles futurs édités dans ce blog en me qualifiant d’aigri, ou de peintre raté, de jaloux, de frustré ou de prétentieux, en me diagnostiquant un complexe de persécution, ou je ne sais quoi d’autre.&lt;br /&gt;(Les critiques sont-ils des artistes ratés ? A ce compte-là, un artiste ne peut plus formuler une quelconque critique sans risquer de mettre en péril sa fonction même, et c’est d’ailleurs bien ce sur quoi comptent les militants de l’ « art contemporain » : instiller chez les auteurs la peur d’être trop critique et de se voir aussitôt exclu du réseau. Mais j’y reviendrai plus tard)&lt;br /&gt;Tous ceux qui me connaissent savent que la ligne de mon parcours est tracée entre travail et tentative de rester sincère et intègre. Donc, ça n’est pas à moi de m’autoproclamer artiste. C’est un fait, je peins, grave, écris, enseigne, expose, publie, mais tout cela fait-il un artiste ? A d’autres de répondre. A chacun de répondre, à sa manière, avec ce qu’il est. Il se trouve que je vis de mon travail (de mon art ?), fort correctement, dans un bel atelier, et que tout ce que j’ai construit, je le dois exclusivement à la peinture et à mon travail. Pas aux subventions. J’en tire d’ailleurs une certaine fierté. Il se trouve que la peinture et ses dérivés occupent mon esprit totalement, l’encombrent souvent, et que je ne peux pas lutter contre ça. Suis-je un artiste ?&lt;br /&gt;Il se trouve aussi que ma dernière exposition, qui a déclenché l’expression de mes humeurs, a fort bien marché. Pourquoi s’en cacher ? Elle n’est pas, par conséquent, la cause d’une amertume, d’une animosité, d’un ressentiment que l’on pourrait déceler en me lisant. Elle a simplement cristallisé un certain nombre de questions que j’ai déjà soulevées, dans mes livres et dans quelques articles de presse.&lt;br /&gt;Alors, vous trouvez ce blog discutable ? Tant mieux, il est destiné à faire discuter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La périodicité de parution de ces articles sera très aléatoire. On n’a pas de coup de gueule ou de cœur sur commande. Les premiers articles seront très rapprochés. Ensuite, une quinzaine de jours entre chaque serait un bon rythme, mais je préfère ne rien fixer. Installez ce blog soit dans vos favoris, soit dans vos détestés, et revenez pourquoi pas de temps en temps, histoire de vous énerver un peu…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne sera pas participatif. Non pas pour me protéger ou pour ne pas assumer ce que j’y dis. Je ne me cache pas, on peut toujours m’écrire. Il s’agit plutôt d’éviter des réactions à chaud dans lesquelles la liberté affichée des espaces de commentaires n’amène bien souvent que des dérives, inutiles à mes yeux.  Mes articles seront, je le souhaite, plus interrogatifs que polémiques. Dérangeants, j’espère ; on pourra les qualifier de provocateurs, parfois, d’offensifs. Je me propose ainsi de parler des « dessous » de l’art, au niveau local, souvent, plus largement quelquefois, de formuler quelques comptes-rendus critiques d’expositions, celles que j’aurais eu ou pris le temps de voir, sans que cela gêne mon travail, de parler de mes confrères, consœurs, fonctionnement des lieux d’exposition, des responsabilités, etc. Bref, naviguer à l’humeur, au coup de cœur, et ne pas me priver de louer ou de tirer à vue. Pourquoi les artistes se taisent-ils autant ?&lt;br /&gt;Certains penseront peut-être : « il se tire une balle dans le pied ». Non, ça, c’est fait depuis longtemps. Je veux juste marquer mon territoire, qui doit rester indépendant, mais surtout pas neutre. La neutralité me semble terriblement dangereuse.&lt;br /&gt;La provocation est un des sujets favoris des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sectateurs &lt;/span&gt;de l’art contemporain (locution que je raccourcirai dorénavant par l’acronyme AC, car elle reviendra souvent). Si certains de ses acteurs locaux se sentaient touchés par mes provocations, ce retour d’ascenseur m’amuserait assez.&lt;br /&gt;D’autres diront peut-être que je suis dans la plainte, que je me pose comme victime, ou comme justicier. On pensera ce qu’on veut. Le lecteur avisé comprendra vite que je cherche simplement à mettre au jour quelques inégalités de traitement, des absurdités, des dysfonctionnements d’un système bureaucratique, fonctionnarisé, mais mené par une idéologie, qui pénètre profondément le tissu local et que le public de l’art ne connait pas nécessairement. En résumé, il s’agit de montrer que le (supposé) monde de l’art est tenu et géré par un réseau serré, qui verrouille les lieux d’expositions, mais aussi, plus en amont qui s’infiltre pernicieusement dans le système éducatif. A l’opposé, un monde plus associatif, un monde d’amateurs, de travailleurs au noir, de « salons de peinture », comme on dit encore, de lieux communs, où le meilleur côtoie le pire, dont les acteurs n’arrangent pas l’image de la peinture et de l’art en général. Pour cela, il suffit de prendre des exemples de proximité, vérifiables facilement. Que faire au milieu de tout ça ? RESISTER. Comment ? En continuant à creuser son travail, bien sûr, sans dévier, sans concession. Mais aussi avec les moyens du bord, les mots par exemple, et leur diffusion, facilitée peut-être aujourd’hui par internet et les blogs (quoique l’on puisse facilement se perdre dans cette confusion indescriptible).  J’aimerais dire ce qui ne se dit pas toujours clairement, poser des questions que j'espère pertinentes aux quelques lecteurs qui suivraient ce blog, évoquer la condition de l’artiste (mais en suis-je un ?), sa position. C’est vrai, je trouve la plupart des artistes trop silencieux. Est-ce par peur de voir des portes se fermer, ou de ne pas les voir s’ouvrir ? Les artistes ne se mouillent pas (les aquarellistes encore moins !) Mais je sais pour avoir conversé souvent, que beaucoup ressentent des formes d’injustice en ce qui concerne la reconnaissance de leur travail. Je n’ai pas dit APPRÉCIATION de leur travail, notion trop subjective, chargée d’affects, je dis bien RECONNAISSANCE. Les responsables de la culture devraient bien apprendre à (ou accepter de) définir la légitimité artistique de tel ou tel travail, et jeter aux ordures la grille imposée par les théoriciens officiels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Interroger&lt;/span&gt; est le verbe favori des acteurs de l’AC. Lisez bien tous les commentaires consacrés aux artistes contemporains, tous &lt;span style="font-style: italic;"&gt;interrogent&lt;/span&gt; quelque chose (le monde, la société, la place de ceci ou de cela, la cité, l’urbanité, l’argent, la mort, la violence, le corps, l’image, etc.).&lt;br /&gt;A mon tour d’interroger. Quand je vous dis que je suis un contemporain refoulé ! Je provoque, et interroge. Ce blog ne serait-il pas tous comptes faits un acte artistique qui me hisserait vraiment à la hauteur des enjeux contemporains ? Je reconnais que mon médium, toutefois, est peut-être un peu désuet, historique : ce sont des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mots,&lt;/span&gt; sortes d’éléments sonores ou graphiques chargés de sens que l’homme  utilise depuis des millénaires pour exprimer des idées. Un peu dépassé, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous souhaite bonne lecture, et bon énervement.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8547805637978754353-1324208403099188801?l=laurent-noel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1324208403099188801'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8547805637978754353/posts/default/1324208403099188801'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laurent-noel.blogspot.com/2009/10/article-premier.html' title='ARTICLE PREMIER'/><author><name>Laurent Noël</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15997332133943036789</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_qmmM0fjRRtw/S1dnE6YyjSI/AAAAAAAAADI/lUPFHjp5wdE/S220/vue+de+l%27esprit.jpg'/></author></entry></feed>
